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Tome XIV. FERM - FORL.
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■En général, plus la lune est près de laterre , plus l'on action pour élever leseaux doit être grande, & il en est de mê-me du soleil. C’est une suite des loix del’attractio.n, qui est plus forte à unemoindre distance.

■ Faisant abstraction pourun moment deFaction du soleil , la haute marée devroit-se faire au moment du passage de la lunepar le méridien, si les eaux n’avoient pas(ainsi que tous les corps en monvemens)-une force d’înertie( V. Force d’Iner-tie ) par laquelle elles conservent l’im-preilìon qu’eHes ont reque : mais cetteforce doit avoir deux effets; elle doit re-tarder I’heure de la haute marée , & di-minuer aussi en général ['élévation des«anx. Pour le prouver , supposons unmoment la terre en repos &la lune au-dessus d’im endroit quelconque de la ter-re ; en faisant abstraction du soleil, dontla force pour élever les eaux est beau-coup moindre que celle de la lune , l’eaus’éleveracertainerr.ent au-dessus de l’en-droit où est la lune. Supposons mainte-nant que ia terre vienne à tourner ; d’imcôté elle tourne fort vîte par rapport aumouvement de la lune ; & d’uti autre cô-té l’eau qui a été élevée par la lune , &qui tourne avec la terre , tend à conser-ver autant qu’íl fe peut , par fa forced’inertie, ['élévation qn’elle a acquise ,quoiqu’en s’éloignant de la lune , elletende en même temps à perdre une par-tie de cette élévation ; ainsi ces deux ef-fets contraires fe combattant,Veau trans-portée par le mouvement de la terre , fetrouvera plus élevée à l’orient de la lunequ'elle devroit être fans ce mouve-ment ; mais cependant moins élevéeqn’elle ne l’atiroit été fous la lune , fi laterre étoit immobile. Donc le mouve-ment de la terre doit en général retarderles marées & en diminuer l’élévation.

Après \eflux &ie reflux , la mer estun peu de temps fans descendre ni mon-ter , parce que les eaux tendent à conser-ver l’état de repos & d’équilibre où ellesfont dans le moment de fa haute marée,& dans celui de la marée basse , & qu’enmême temps le mouvement de la terredéplaçant ces eaux par rapport à la lune,change faction de cet astre fur ces eaux,& tend à leur faire perdre ['équilibre:ces deux efforts fe contrebalancent mu-te'llïaieflc pendant quelques moaens,.

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il faut 7 joindre la ténacité des eaux , &les obstacles de différentes especes quidoivent en général retarder leur mouve-ment , & empêcher qn’clles ne le pren-nenttont d’uu coup , & par conséquentqu’eHes ne passent brusquement de l’état((élévation à celui d’abaiffement.

La lune passe au-dessus des rades orien-tales , avant que de passer au-dessus desrades occidentales : \eflux doit donc ar-river plutôt aux premieres.

Le mouvement général de la mer en-tre les tropiques de l’est à l’ouest , estplus difficile à expliquer ; ce mouve-ment fe prouve par la direction constan-te des corps qui nagent à la merci desflots. On observe de plus que , touteschoses d’ailleurs égales , la navigationvers l’occident est Fort prompte, L le re-tour difficile. J’ai démontré dans mesrecherches sur la cnusc des 'vents , qu’eneffet cela doit être ainsi ; que faction dusoleil & celui de la lune doit mouvoir leseaux de l'Océan fous ['équateur d’orienten occident. Cette même action doitproduire dans l’air un effet semblable ;& c’est-là, selon moi, une des principa-les causes des vents alises. Voyez Alise.Mais c’est-là un de ces phénomènes donton ne peut rendre la raison fans avoirrecours au calcul. Voyez donc Vottvragecité ; voyez aujjt les articles Vent céfCourant.

Si la lune restoit toujours dans l’équa-'teur , il est évident qu'elle feroit tou-jours à 90 degrés du pôle , & que parconséquent il n’y auroit au pôle ni fluxni reflux : donc dans les endroits voisinsdes pôles, le flux & le reflux feroit fortpetit, & même tout - à - fait insensible ,sur-tout fi l’on considéré que ces en-droits opposent beaucoup d’obstacles aumouvement des eaux, tant par les glacesénormes qui y nagent, que par la dispo-sition des terres. Or quoique la lune nesoit pas toujours dans ['equateur, ellene 6’en éloigne que de î8 degrés : il nefaut donc point s'étonner que près despôles & à la latitude de 65 degrés, leflux & reflux w font pas sensible.

Supposons maintenant que la lune dé-crive pendant un jour un parallèle à l’é-quateur, on volt i°. que seau fera en re-pos au pôle pendant ce jour , puisque la.inné demeurera toujours à la mésiie disi.tance du pôle ; s®, que si le lendemain la.