7f3 F O E
causer la mort du fœtus. En lin mot, leconduit veineux fait passer ce sang jus-qu’â l’entrée du cœur sans traverser lefoie, & le trou ovale le fait passer dansle ventricule droit, & par le poumon.II ne servit rentré dans l'aortc iju’aprèsavoir traversé ce viscère , où il seroit dé-pouillé de ses parties les plus vives & lesplus nourricières. Examinons mainte-nant quel est fustige du conduit artériel.
La veiiie - cave supérieurs se déchargeentièrement dans le ventricule droit ,qui reçoit aussi une portion du sang quicoule par la veine-cave inférieure, savoircelle qui n’a pu passer par le trou ovale;mais afin que ce sang évite le chemin inu-tile & difficile des poumons, il arriveque quand il est poussé par la contractiondn ventricule droit du cœur dans le troncde l’artere du poumon , tout ce sang nepeut pas passer dans ce viscère par la ré-listance que lui font l’aífaisscment descellules, & fous les plis & les replis deleurs vaisseaux contre lesquels ce lang vaheurter; c’est donc ce qui le .détermineà passer par le canal de communicationpour se rendre dans l’aorte descendante :& si l'on fait attention à la grande résis-tance que îe sang trouve à passer par lepoumon, & que le canal de communica-tion a plus de diamètre qu’une des bran-ches qui vontau poumon ; il fera aisé deprouver que la portion la plus considéra-ble qui fort du ventricule droit, est for-cée d’entrer dans le conduit artériel, &d’y passer avec le degré de vitesse conve-nable à fa quantité.
On va expliqnerpourquoi cette circu-lation est différente dans l’homme avant& après la naissance.
Le fœtus ne pouvant respirer tant.qu’ilest renfermé dans le ventre de fa mere ,fes poumons font affaissés, leurs vais-seaux sont repliés les uns fur les antres;de forte que fi l'artère du poumon y por-toit une aussi grande quantité de sangqu'après la naissance, le sang s’y amaffe-roit & gonfletoit tellement les vaisseaux,qn’il ne manqueroit pas d’interrompre lacirculation du ventricule droit a» gau-che, d’y causer quelque inflammation,L d'v former des abcès qui causeroientbientôt la mort du fœtus : ce qui ne peutplus arriver après la naissance, parce quel'air que reniant respire gonflant toute la
substance celluleuse des poumons, lents
F O E
vaisseaux font redressés : ainsi non-ssB-lement cet air prépare au sang une voietrès-iibre pour passer du ventricule riroieau gauche , mais il le force même par sonressort de couler incessamment dans leventricule gauche.
On voít à présent, tant parle moyeudu trou ovale que par celui du conduitartériel, que le poumon n’est pas chargéd’une si grande quantité de sang, puif-qu’une portion.de la veine-cave inférieu-re passe par le trou ovale dans le tronc dela veine du poumon qui se décharge dansle ventricule gauche, & de-là dans l'aor-tc , & qu’ainíi ce sang n’est pas obligé decirculer par le ventricule droit L par lespoumons ; & quant au sang qui est entrédans le ventricule droit, & qui a palisdans l’artere du poumon , la plus grandepartie est forcée par le refoulement quesouffre le sang dans la substance dn pou-mon , de couler par le conduit artérieldans l’aortc descendante, sans passer parles poumons & le ventricule gauche ditcœur : par ce moyen le trot! ovale ne dé-charge pas feulement le ventricule droitdu cœur, mais encore le poumon ; demême le conduit artériel ne déchafge passeulement le ventricule gauche, mais en-core le poumon.
En un mot le poumon est par ce moyendéchargé, comme on dit, d’une circula-tion inutile & dangereuse ; inutile, puis-que ce sang n'y peut recevoir aucune pré-paration propre à maintenir la vie àfœtus, dangereuse, puifqu’on vient deprouver qu’il seroit par-là en danger deperdre la vie : il ne laisse pas néanmoinsd’y passer du sang considérablement pourtenir fes vaisseaux dilatés, afin qu’ilssoienteuétat d'en recevoir une plus gran-de quantité , immédiatement après 1enaissance de l'enfant.
On peut dire que la nature observe íeíla même chose qu’elle fait à l’égard degtortues, des grenouilles, des poissons,& des insectes ; ear dans les tortues, dansdes animaux du même genre, & dans lespoissons, tout le sang qui est destitué dela partie spiritueuse , ne repasse dansl’aortc qu’après s’être mêlé avec celui quirevient des poumons , qui ('anime & quile vivifie.
Dans les infectes qui ont plusieurschœurs , chaque cœur qui a son aorte aauffi ï$s trachées particulières qui lui ser-vent