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îe est établie sur i’autorité tic îa t'évéia-tion, & cela indépendamment de l’auto-rité de séglise. Or nous avons déjà prou-vé ces deux principes, cn traitant desmotifs de la persuasion raisonnée que ren-ferme la foi-, & en voici une nouvellepreuve quant à l’autorité dc régisse.
C’est la doctrine de presque tous lesthéologiens catholiques , qu’elie est unobjet d s foi divine, en ce sens que nousla croyons par le motif de la révélation.Or à-moins qu'on n’embraffe notre mé-thode d'analyíer la fei, cm ne peut pasdire que cette vérité soit crue par le mo-tif de la révélation ; pareeque lorsqu’ona une fois établi l’authentieìté de la révé-lation fur l’antorité de i’églife, on ne peutplus recourir à la révélation pour établirí’autorité de l’église, sans tomber dansun cercle vicieux : on est donc obligé defe retranchera prouver l’infaillibilité del’Eglil'e, par des motifs de crédibilité dis-tingués de la révélation : mais ces motifsde crédibilité font bien foibles , pour nerien dire de plus : ils ne peuvent être anfficlairs que ces paroles, je fuis avec vousjusqu'à la consommation des Jiecles ; quivous écoute m'écoute , &c. textes qui four-nissent les seules preuves démonstrativesde l’infaillibilité de i’Eglise.
J* ne m’arrête pas à réfuter eeux quivoudroient établir l’autorité de l’églifeimmédiatement fur l’autorité de l’église :le sophisme est manifeste dans cette ma-niéré de raisonner.
Nous allons à présent résoudre quel-ques difficultés qu’on peut proposer con-tre la méthode d’analyíer la/à/ que nousadoptons : les voici.
i°. Notre principe, que ce n’est pas parfautante de l’e'giilé que nous sommessûrs de cette proposition, les écritures fontvraies Qf font la-parole de Dieu, sembledonner quelque atteinte à ce que lesthéologiens catholiques ont démontréContre les protestai!s, que l’église est jugedes écritures, àl’tifage qu’ils ont fait dumot de S. Augustin: evangelio non crede-vtm, nifi me ecclesus catholicœ commoveretautoritas , & particulièrement aux princi-pes que fuit M. Bossuet dans fa conféren-ce avec le ministre Claude. Ce prélat sou-tient expressément que le fidèle baptisé& adulte ne reçoit récriture que desmains de l’égiise; qn’avantde savoir ou-verte , il est en état de faire un acte d c foi
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de la divinité des écritures, conqû en cestermes : je crois que cette écriture est laparole de Dieu , comme je crois que Dieuest. D’ou il paroît que selon la doctrinede ce prélat dans l’analyfe de la foi , lacroyance de l’infaillibilité de l’église doitprécéder celle de la divinité des écritures;sauf à croire l’infaillibilité de l’églife parles motifs de crédibilité.
Je réponds , x°. Cette question Véglifejuge-t-elle des écritures ? peut avoir troissens. i°. L’église est ■ elle juge du texte& du sens des écritures, dans les dogmesparticuliers qui sont ou qui peuvent êtrecontroverses? r°. L’églife est - elle jugedu texte des écritures, c’est-à-dire de Tavérité & de la divinité, dans les différen-tes parties du corps des écritures, commedans les deutéro-canoniques, ou mêmedans certaines parties des proto-canoni-ques ? L’église est-elle juge du corpsentier des écritures , & de U question gé-nérale , les écritures canoniques que toutles chrétiens reçoivent , qui renferment lesfondement mêmes de la religion , l'hìftoire ,la vie, les miracles de Jésus - Christ, &c.font elles vraies , Sf font-elles la parole deDieu ?
Le catholique doit répondre à la pre-mière question, que l’église est juge du.sens des écritures dans tous les dogmescontroverses, en exceptant ceux que l’au-torité même de l’église suppose vrais &inspirés, comme fa propre infaillibilité,qu’on doit établir fur récriture , indé-pendamment de l’autorité de l’église,maisqui, une fois crue par le motif de la ré-vélation, devient pour le chrétien uneréglé d t foi.
A la seconde, on répandra que sauto-rite de l’églife évidemment prouvée patdes textes fort clairs des livres proto-ea.ironiques que tous les chrétiens admet-tent, doit être notre réglé de foi, pour lediscernement des diverses parties de ré-criture dont l’authenticité & la divinitépeuvent être mises en doute.
A la troisième question, il faudra direque la décision n’en doit point être por-tée au tribunal de l’église, que ce n’estpoint d’elle que nous recevons cette vé-rité générale : il y a des écritures qui fontla parole de Dieu , & celles que reçoiventtous les chrétiens ont ce caraílere. Un con-cile ne peut pas s’assembler pour déciderque la religion chrétienne est véritable >