7$2_ FOI
que l’évangile n’est pas une fable , & queles écritures sont divines, comme la reli-gion dont elles son t le Fondement.
Que ii le concile de Trente , & aupara-vant le quatrième concile de Carthage,ont donné le canon des écritures, leurdécifíoa n’avoit pour objet que les livresdeutéro - canoniques ; & leur autoritédans cette même décision étoit Fondée Furles écritures proto-canoniques, dontl’an-thenticité & la divinité étoient établies(Tailleurs , & n’étoient pas mises en ques-tion : & qtloique !e canon renferme lesuns & les autres , c’est d’une mahieredifférente. L’églife fixe la croyance desfidèles par rapport aux premiers, & ellela suppose par rapport aux Féconds ; ton tcomme elle FuppoFe en s’atlemblant,que la religion chrétienne est émanée deDieu, & que son infaillibilité est deiacrue des fideles à qu! elle propose ses dé-cisions.
Quant au passage de S. Augustin: i ò .entendu à la lettre, il protiveroit beau-coup trop , puifqu’i! s'enl’uivroit qu’onne pourroit point amener un incréduleà la croyance de la vérité & de la divini-té des écritures, Fans employer l’autoritédivine de l’église.
Je dis, sans employer l'Autorité divine ;car il Fàut diAinttuer l’aiitorifé naturelledont jouit toute société dans les chosesqui la regardent, A qn’on ne peut refuserà l’église considérée comme ùne sociétépurement humaine, de ['autorité divineqti’elle a reçûe de J. C. & de l'Êsprit-saint qúi dicte ses décisions. C’eft de cettederniere efpece d’antorité que les théo-logiens parlent, lorsqu’ils disent que ré-gisse est jngedn corps même des écritu-res. Erresset, l'autorité de régisse consi-dérée sous l’autre ptìint de vtie, entreparmi les motifs de crédibilité qúi éta-blissent en même te m s la divinité de lareligion chrétienne: cette remarque estimpoffartte,& j’auròis dfi la faire plutôt ;mais elle me fournit ici une explicationtoute naturelle du passage .sont il s’agit.Je dis donc :
2 °. Que le texte de 8. Augustin doitêtre traduit ainsi : K Je ne crois à l’évan-gile, que paree que je m’assure que l’é-glise universelle considérée comme unesociété purement humaine . a conservé &nous a transmis fans corruption & fansaltération les véritables écrits des pte-
FOI
miers disciples de J. C. Que fi cette {tucicté, quille peút pàs ié trgmper dansdes choses qui !L touchent dé si près , re-gardoit les évangiles comme des livressupposés & contraires à fa doctrine, jene croifois.point aux évangiles. « Enfinsi l’on ventabfolument que S. Augustinparle là de l'autorité divine de l’église,on pourra croire qu’il ne parle que d’nt'iepartie des évangiles, en supposant l’in-faillibilité de régisse établie fur les mi-tres.
Je passe à ce qu’on nous oppose de M.Bossuet ; & je trouve que ce prélat riej nous est pas contraire : i] dit bien que lisfideles simples & croisiers reqoivent ré-criture des mains de l’église, avant des'être convaincus par les écritures mêmeque cette église est infaillible; & c’est-là ii n fait qu’nn ne sauroit nies : mais ilne dit pas qu’en !a recevant ainsi , ils sui-vent l’ordre du raisonnement í ce n’estpoint J’analyse de la foi qu’il se proposede faire dans l’endroit qu’on a cité. Eneste t, pressé par le ministre Claude d’ex-pliquer par quel motif le fidele croit àl’insaillibilité de régisse,an moment qu’ilreqoit d’elle les écritures, i! dit. qu'il nes agit pas d'ajjigtier ce motif ; qu'il y en afans doute que le S. esprit met dans le eau rdu fidele baptisé ; qu’il n’est question en-tre lui & M. Claude qtie dit moyen exté-rieur dont Dieu se sert pour lui fairecroire récriture. Or nous ne payions icique d n motif raisonné qui fait naître cet-te persuasion. & point du tout de ce moyenèxtérìeitr que je conviens bien être pourles fidc-les simples Si grossiers l’autoritéde l’église : & M. Bossuet prétend si peufaire l'analyse de ía foi, & assigner lesmotifs raisonnés qui font croire le fideleà l’écritnre , qu’il rappelle par - tout leministre Claude à in foi infuse, que le fi-dele a reçue dans le baptême . de ('infail-libilité de í’église & de la divinité de ré-criture ; foi , dit-il, que le S. Esprit lui amise dans le cœ .r . en mime temps que lufoi en Dieu en Jésus - Christ. Or nousne parlons pas ici de la foi infuse, maisseulement de la persuasion raisonnée qnerenferme la foi d’un adulte qui s’appro-cbe de tíîeu par la voie du raisonnement.
Encore une réflexion. M. Bossuet pla-ce ensemble & en même temps dans l’eC.prit de cet adulte , & la foi de la divinitédes écritures, L la foi de l'existence ds