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Tome XIV. FERM - FORL.
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7§4 FOI

plus essentiel à la religion chrétienne ,qu’eîlc enseigne plus expressément, &qu’elle suppose plus nécessairement ; deforte que le sidele s’é'evera par la voie duraisonnement à la persuasion de cette vé-rité, V Ecriture sainte est la parole de Dieu,en même temps qu’il parviendra à seconvaincre de celle-ci, la religion chré-tienne est émanée de Dieu. Or pour acqué-rir une persuasion raisonnée de cette der-niere proposition, le simple sidele n’a pasbesoin de lire PEcriture ; il suffit qu’il sa-che en gros Phistoire de la religion , de lavie & de la mort de Jesus-Christ, des mi-racles qui ont servi à son établissement,císc. ces choses font connues dans la so-ciété dans laquelle il vit; on les racontefans que personne réclamé ; on cite lesendroits de PEcriture qui les contien-nent ; le sens qu’on leur donne est simple& naturel. Voilà une certitude dans legenre moral, d’après laquelle l’hommegrossier réglé prudemment fa croyance.

En effet, entendre citer PEcriture partant de gens qui la lisent & qui Pont lue,c’est exactement comme si on la Iisoitsoi-même. Remarque importante , à la-quelle je prie qu’on Fasse attention. Jedis à-peu-prèslamême chose de la croyan-ce de l’insaillibilité de P église.

Si je ne m’étois pas déja beaucoupétendu fur cette matière, je Ferois re-marquer les avantages que peut donnerla méthode que je propose dans nos con-troverses avec les protestaus. Si Pon veutfaire fur cela quelques réflexions, on seconvaincra facilement que cette manié-ré d’analyser la foi ne laisse plus aucunlieu aux difficultés qu’ils ont opposéesaux théologiens catholiques ; difficultéstirées de Pembarras qu’on éprouve àfaire concourir ensemble , comme motifsde la foi , l'autorité dePéglise & celle dePEcriture , de la dignité & de la suffisan-ce de PEcriture, Uc.

Nous terminerons cette question enrapportant les analyses de la foi que pro-posent les protellans , & en les compa-rant à la nôtre.

On conçoit d’ahord que l’autorité deî’Egìise n’entre pour rien dans leurs mé-thodes ; & c’est ce qui les distingue decelles que les catholiques adoptent. Nousavons vu que dans Panalyse de la foi ilfaut expliquer comment Ictìdeie est cer-tain de ces deux vérités, l'Ecriture ejì

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la parole de Dieu, & ce que je croîs est cels*tenu dans VEcriture ; en excluant Pan-torité infaillible de l’église , ils ont étéembarrassés fur Pun & fur Pautre point.

Ponr le premier article , le plus grandnombre des docteurs protestons ont ditque PEcriture avoir des caractères quiprouvent fa divinité à celui qui la lit, parla voie du jugement particulier.

Ce jugement particulier, selon eux,suffit au sidele pour lui faire distinguersûrement les livres canoniques de ceuxqui ne le font pas , même alors que tonsles chrétiens ne les reçoivent pas, & pourjuger aussi de l’authentieité des textescourts : d’où Pon volt qu’il ne faut pasconfondrecc jugement particulier, avecle jugement général qu’on porte de ladivinité dn corps des écritures, & qu’ot»fonde fur les motifs de crédibilité quiappuient la divinité de la religion chré-tienne.

II faut distinguer encore ce jugementparticulier de [‘enthousiasme & de Pins-piration immédiate qu’ont admis quel-ques fanatiques , comme Robert Bar-clay , & nc pas reprocher aux docteursproteftans une opinion qu’ils rejettent ex-pressément.

Ce jugement particulier n’est pas mê-me admis uniquement par tous les théo-logiens protellans pour juger de la divi-nité des écritures. La Placette ministretrès-estimé , mort à Utrecht en 171g,s’est rapproché en ce point des théolo-giens catholiques, dans un traité de lafoi divine. 11 soutient d’après Grégoirede Valence & d’autres théologiens catho-liques , que la divinité des écritures peutêtre appuyée dans l’esprit du sidele Scdans Panalyse de la foi, immédiatementsur la divinité de la religion chrétienne:c’est ce que nous avons dit, mais avecdes restrictions que ce ministre ne peutpas apporter , & au défaut desquelles sonanalyse est défectueuse. En effet, dansnos principes , la divinité des deutéro-canoniques des textes courts, Uc. n'é-tant pas liée intimement & évidem-ment avec cette vérité, la religion chré-tienne est émanée de Dieu , il est nécessai-re de recourir à l'autorité suprême dePéglise , pour recevoir d’elle ces livres& ces textes comme divins & inspirés,d’où il fuit que le protestant qui a secouéle joug de l’église , ne peut plus appuyersolidement