788 FOI'
thcologique n’est jamais évidemmentcontenue dans la prémifTe révélée. Ci-tons pour exemple une conclusion théo-logique des plus certaines, la volonté deDieu de sauver tous les hommes fansexemption ; & considérons - la dans ceraisonnement, selon 8. Paul , Deus vultornais botnines scdvos fieri ; or tcrns dansle passage de S. Paul, signisie tous leshomnies sans exception ; donc Dieu veutsauver tous les hommes fans exception.Ne voit-on pas que si cette derniere con-séquence n’est pas de foi , félonie plusgrand nombre des théologiens, ce n’estque parce qu’on suppose que la secondeproposition de cet argument n’est pasau-dessus de toute espeee de doute &d’incertitude. Mais cette question pourraêtre traitée à l 'article THÉOLOGIE.
Je remarquerai seulement que dans lesystème le pins communément reçu, queles conséquences d’une prémisse révélée& d’une prémisse de raison absolumentévidente , appartiennent à la théologie,on ne s’est pas apperçû que toutes lesfois que la prémisse de raison est éviden-te, ta conséquence est toujours identiqueavec la proposition relevée , & l’on aimaginé qu'il pouvoit y avoir de ces con-séquences-1 à, qui ajoûtassent quelquechose à la révélation ; ce qui est absolu-ment faux.
Les trois premières efpeces de propo-sitions font doue de foi , en vertu des an-ciennes définitions, ou plutôt en vertuZe l’ancienne croyance de régisse quiexerce toujours fou autorité fur celles-là; puisque nous ne les pouvons regardercomme révélées pour en faire les objetsde notre foi , que parce que l’Eglise nousles présente comme telles. Quant auxdernieres, elles font à proprement par-ler l’objet des nouvelles décisions de ré-gisse. En décidant fur celles-là , régisseconstate qu’elles font déja de foi ; & endécidant fur celle-ci, elle les présenteaux fidèles comme devant être désormaisTobjet de la croyante de tous ceux à quifa définition & la proposition en questionseront connues.
D’après ces principes, on résout fansembarras une autre question que S. Tho-mas exprime ainsi : utrum articuli fitleifer fuccejjtonem temfornm crei'erìnt ? lenombre des articles de foi s'est-il aug-menté par la succession des temps ? Selon
FOI
ce pere, crevìt numerus articulorum se-cundo fecunda , quest. i art. vij. mais leplus grand nombre des théologiens sem-ble s’écarter en cela de son sentiment. Se-lon Juenin, articuli fideì iiàesn fempernumérofuerunt in ecclefta chrijlianu. Injl.theol. part. Fil. di sert, jv.
Mais ce n’est là qu’une dispute demots. II ne faut qu’expliquer ce que l’onpeut entendre par de nouveaux articlesde foi : il ne fe fait point de nouveaux ar-ticles de foi , de ces articles qu’on regar-de comme le fend de la foi chrétienne, &dont la croyance explicite ( nous expli-querons ce mot un peu plus bas) est né-cessaire au salut ; mais l’églife peut pro-poser aux fidèles comme l’objet d’unepersuasion que Dieu exige d’eux, des vé-rités particulières que les fidèles pou-voient auparavant ou ignorer ou rejeterFormellement fans errer dans !a foi.
Une question fe présente ici que íe netrouve pas traitée de dessein sonné dansnos théologiens. Quand une propositionest-elle déclarée suffisamment par régissecontenue dans la révélation, de sorte quepar cette déclaration elle devienne l’ob-jet de la foiì Tout le monde convientqu’une proposition contenue dans îa ré-vélation , & connue comme telle , doitêtre crue ; on convient encore que ré-gisse feule a le droit de nous faire con-noître sûrement les dogmes contenusdans la révélation ; mais on semble sup-poser qu’il est facile de déterminer quandune doctrine est suffisamment déclaréepar 1 église contenue dans la révélationpour devenir l’objet de la foi.
Si un dogme n’est déclaré contenu dansla révélation que par une définition ex-presse de régisse qui le propose aux ri Je—les en autant de termes,la question nesouffrira aucune difficulté. Mais il n’enest pas ainsi. U y a beaucoup de dogmesdont l’églsse u’a point fait de définitionexpresse , qu elle déclare cependant êtrecontenus dans la révélation ; qu’ellsdé-clare , dis-je , d’une maniéré suffisante ,pour que ces dogmes soient vraiment defois e’estee qn’il est facile de prouver.
i°. Ii y a beaucoup de vérités dans ré-criture , qui fout postérieures dans l’or-dre des connaissances à lVuitorité infail-lible de l'église, que nous ne connussionscomme très-certainement contenues dansles écritures que par le moyen de l’eglise,