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Tome XIV. FERM - FORL.
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vous traiter ici de ln certitude de 1a foi,que par la comparaison avec la certituderies vérités que la raison fait connoître;car la question de la certitude absolueries vérités de la foi, appartient aux ar-ticles Religion , Révélation , esc.

On demande si.la fi-i est autant, onplus, ou moins certaine que la raison ; &cette question , conque en ces termes gé-néraux , est presque inintelligible : foi,raison , certitude, tous ces termes ont be-soin d’étre définis.

On volt d'abord qu'iî s’agit encore icide 1.5 foi comme persuasion, & même d.ela persuasion qui renferme 1 a foi propre-ment dite , fondée sur l’antorité de laparole de Dieu , & non pas cìe la crovanlce des autres vérités qui appartiennent àia religion chrétienne, & qui ne sermentpas crues par le motif de la révélation.

Cette persuasion peut être considérée ,ou-dans le sujet, dans l’esprit qui la re-quit , ou relativement à l’objet sut le-quel elle tombe , ou par rapport au mo-tif sur lequel elle est fondée.

On considéré auili la certitude en gé-néral sous ces trois, rapports différeris ?de-là les théologiens og.t distingué la cer-titude de sujet, la certitude objective , &la certitude de motif.

La certitude de’sujet"est la fermeté del’assentiment qu’ori donne à une véritéquelconque.

Cette certitude, pour être raisonnable,doit toujours être proportionnée à la for-ce des motifs qui la fout naître : autre-ment elle ne'seroit pas distinguée de l'en-têtement qu’on a quelquefois pour leserreurs les plus extravagantes. II fuitde-là que la comparaison que nous nousproposons de faire entre la certitude dela foi & celle de la raison, ne peut pass’entendre de la certitude du sujet, fausy faire entrer en même temps la certitu-de de motif, fans supposer que de part &d’autre les motifs de persuasion font soli-des & au dessus de toute efpece de dou-te. Mais cette supposition étant une foisFaite, on peut demander II l’adhéfionanx vérités de la foi est plus forte quel’aiíhésion de l’esprit aux vérités que laraison démontre.

II semble d’abord que cette adhésionest plus forte du côté de la foi que de ce-lui de la raison. Personne n’est mort pourdes vérités mathématiques, & ies mar-

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tyrs ont scellé de leur sang la foi qu’iUprose IToicnt.

II y a bien de l’éqnivoque dans toutcela. L’adhéíton aux vérités dc foi dontnous parlons ici, est une conviction inti-me , intérieure & tout-n-Fait distinguéede la profession qu’on peut faire de bou-che & de tout acte extérieur. Cette con-viction n’atteint les mérités de la foi quecomme vraies & non pas comme utiles ,comme nécessaires à soutenir hautement& à professer extérieurement. Le chré-tien doit fans doute regarder les véritésde la foi de cette derniere façon ; maisc’est abuser des ternies que d’appeller ladisposition de son el’jirit ttne certitude ,c’est plutôt un amour de ess mêmes vé-rités'.' II a la vertu & la grâce d c foi s’ilmeurt pííltòt que de démentir par ses ac-tions ou par fes paroles, la persuasiondont il est plein ; mais il n’eit pas pourcetapluj fortement persuadé de ces mê-mes vérités que le géomètre de les théo-rèmes pour lesquels il ne voiidroit pasmourir ; parce que le chrétien & notregéomètre regardent tous deux commevraies les propositions qui font l’objèt deleur persuasion. Or comme la vérité n’elìpas susceptible de plus & de moins dansdeux propositions bien constantes & bienprouvées , on ne peut pas raisonnable-ment regarder l’une comme plus vraieque l’antre.

Ce principe me conduit à dire aussi quela foi précisément comme persuasion n’é-toit pas plus grandedans ies chrétiens quila confessoient à la vue des supplicesdans les martyres, que dans ceux quela crainte faisoit apostasier. En effet , lestyrans ne se proposoient pas d’arracherde l’esprit des premiers chrétiens la per-suasion intime des dogmes de la religion,& d’y farre succéder la croyance des di-vinités d u paganisme; on vouloit qu’nnchrétien bénit Jupiter & sacrifiât auxdieux de l’empire; ou bien on le punis-foit, parce qu’il ne professent pas la re-ligion de l’empcreur, mais fans se pro-poser de la lui faire croire. Et en effet pen-l’e-t-on que les apostats, aptes avoir suc-combé à la rigueur des supplices, hono-rasse u t du Fond du cœur Jupiter auquelils vcuoient d’offrir de l’encens, & cef-soient de croire à J. C. auísi-tôt qu’ils l’a-voient blasphémé? ils n’avoient plus lavertu dê la foi, la grâce de la foi j maís ils