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«savoir le baptême, en soutenant que lafoi, le baptême,^*?.sont nécessaires pourun tel homme , on diroit une grande ab-surdité ; car on diroit que Dieu ordonnecomme absolument nécessaires, des cho-ses absolument impossibles.
La nécessite de la/cipour le salut, estun dogme capital dans la doctrine chré-tienne : les théologiens qui ont voulu ymettre quelques adoucifiemens , & userde quelques explications , se sont tou-jours écartés des principes requs, & fonten fort petit nombre : ainsi ìa foi est né-cessaire d’unc nécessité de moyen: deforte que lans la foi, on n’arrive jamaisau salut.
Cette proposition, la foi est nécejsaire ausalut , est synonyme de celle-ci, hors íé-glifepoint Ae salut, parce qu’on n’eit dansrégisse que par la foi ; & sitôt qu’on a lafois on est dans l’église.
Le sens de cette proposition , la foi esttiécetfaire au salut, est qu’il y a des véri-tés particulières dont la foi explicite estnécessaire pour être sauvé t autrementcette proposition seroit vague & ne signi-fieroitrien.
Un dogme quelconque est cru d’unefoi explicite, lorsqu’il est directementl’obiet de la persuasion que renferme lafoi, lorsque la proposition qui l’exprimeest présente à l'esprit de celui qui croît;& ce même dogme sera cru d’une/oz im-plicite , si l’on croit généralement on àí’autorité de Dieu qui ie révélé, ou à cel-le de l’église qui le professe , sans avoird’idée distincte de ce que Dieu révélé,les simples qui croyent tout ce que ré-gisse croit, ont une foi implicite de beau-coup de dogmes que les personnes pinsinstruites croyent explicitement
lotis les dogmes que régisse présenteLUX fidèles comme révélés , font l’objetd’une persuasion que Dieu exige d’eux ,lorsqu’ils connoissent & le dogme & ladéfinition de régisse: & en ce sens, la foide tous les dogmes, même de ceux qiiiparoissent moins essentiels, est nécessaireau salut : mais comme on peut fans dan-ger ignorer en beaucoup de points & cesdogmes & ladésinition , & qu’ii suffit decroire eu général ce que l’église ensei-gne , on peut dire qu’ii n’y a qn'un cer-tain nombre de vérités, dont la foi est né-cessaire au salut.
On demande quels font les dogmes
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dontls/ofexpiicite est nécessaire au sa-int. Les théologie';* demeurent commu-nément d’accord , qu’outre l’existencè &les attributs de Dieu , i! est nécessaire decroire en Dieu comme fauteur de ia grâ-ce ; en J. C. comme médiateur entreDieu & ies hommes, & Dieu Uii-tnéme ,a u mystère de l’incarnation & à celui dela trinité des personnes.
Cependant leur doctrine n’est pas furcela absolument constante & uniforme ;l’église même n’a pas décidé cette grandequestion. Ceia est clair par la libertéqu’on s’est donnée d’augmenter ou derestreindre le nombre des articles qu’ilfaut croire de foi explicite, fous peine dédamnation. Suâtes , Soto, Vega, Maldo-nst, Hugues de Saint-Victor, Alexandrede Halés, Albert ic Grand , Scot,GabrielBiel, este. ont regardé la foi impliciteen Jesus-Christ comme suffisante pour lesalut.
C’eft sur le même principe que Payvad’Andrada , quœst. ortheiox. Robert Bol-cots ; Erasme, prœfit ìntuscul, Collins,deanimaiibus Paganorum,ont érigé en foisuffisante pour le salut la bonne foi & lesvertus des payens.
Juenin remarque que l’opinion de Sua- ,rèsn’a pas été condamnée expressément,maisqir’il 11e faut pas la suivre dans lapratique: je ne fais pas ce qu’il entendpar la pratique de Cette opinion ; mais ilest clair que Suarès est en opposition avecla plupart des peres, avec la doctrine Iaplus reque dans féglsse.
Quant à l’opìnion des autres théolo-giens que nous avons cités, on sent bierlquec’est abuser des termes, que de direque ces honnêtes payens avoieot une/o*implicite, puisque leurs opinions , quoi-que conformes à ia doctrine chrétiennefur Trinité de Dieu,lui étoientoppoíéesdans plusieurs autres non moins nécessai-res à croire.
II y a beaucoup de choses nécessairesau salut d’une nécessité de moyen: lôbaptême ; la foi infuse ; H foi expliciteen Dieu , comme auteur de la nature; làfoi explicite en Dieu , comme auteur dela grâce; la foi explicite des mystères dela trinité & de í’incániation ; fi: par con-séquent lá foi explicite eh J. C. la justifi-cation ; ia grâce en général, £stc.
De toutes ces choies, celle qui est depremiere nécessité , est la grâce de la jus-