FOI
C’estla doctrine dn concile de Trente,Jejf. 6. II n’est pas aisé d’expliquer la na-ture de cctte/ei infuse , & les principesde la philosophie moderne peuvent diffi-cilement se concilier avec ce qu'eit disentles théologiens. V. Habitudes. Maisencore une fois ce qu’ils disent à ce su-jet , n’appartient pas à la foi.
On a donné le nom de foi informe àcelle qui se trouve dans un sujet destituéde la grâce sanctifiante ; & on appellefoiformée, celle qui se trouve réunie avecla grâce sanctifiante. Les seholastiquesdu xij & du xiij. ficelé ont imaginé cet-te division.
L’apótre S. Paul appelle/oi vive, cellequi opéré par la charité qui est jointe àl'observation de la loi de Dieu ; & 8.Jacques appelle foi morte, celle qui setrouve fans les œuvres. La doctrine ca-tholique est que la foi fans les œuvres nesuffit pas pour la justification. Voyez leconcile de Trente, sej. 6 , Aejufi. Maiscomme S. Paul releve l’efficace de \a.foipour la justification , & semble rabaissercelui des œuvres , & que S. Jacques aucontraire releve le mérite des œuvres :de-là est née une grande dispute entreles calvinistes & les catholiques, fur lapart qu’il faut donner aux œuvres & à la/bi dans la justification. Nos théologiensont accusé ies calvinistes d’en exclureabsolument les œuvres. II est vrai queCalvin s’est exprimé fur cette matièreavec beaucoup de dureté: qn’on lise lechap. xj. xij. xiij. & suiv. du lìv. lll.deT institution. Cependant les arminiens ,dans le sein même du protestantisme , sesont efforcés de rapprocher son opinion decelle des catholiques. C est u u des pointsde doctrine qui les divise des gomaristes ;peut-être pourroit-on expliquer favora-blement ce que Calvin a dit là-dessus. Jeneciteraiquecequ’onditan chapitrexvj.de l’institution , liv. III. Ita liquet quam•veru.ni fit nosnon fine operibus , nequeta-tnen fer opéra justificari. Voy. JUSTIFI-CATION.
Enfin on divise la foi en implicite &explicite. On peut croire implicitementune vérité , ouparcequ’on croit une au-tre vérité qui la renferme, ou parce qn’onest soumis à l’autorité qui l’enseigne , &disposé à recevoir d’elie cette vérité dèsqn’on saura qu’elle l’enseigne. La plusglande partie des simples dans toutes les
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communions,croyent les dogmes de leurséglises d’une/ci implicite en ces deuxsens-là.
Dans l’église catholique,il y a des dog-mes qu’il suffit de croire dune foi impli-cite , & d’antres qu’il est nécessaire pourle salut de croire explicitement. Cecinous donne lieu d’cntrer dans la questionde la nécessité de la foi pour le salut. Onvolt bien que quoique la division de lafoi implicite & explicite ne regarde lafoi qu’entantqu’elle estime persuasion,la nécessité de la foi regarde auffi la grâce& la vertu de la foi. Voilà pourquoi nousavons renvoyé ici cette importante ques-tionnent l’ex amen terminera cet article.
Je ne me propose pas cependant de latraiter méthodiquement; cet article estdéja trop long : je me contenterai de faireici quelques réflexions générales fur cet-te matière, & c’est peut-être ainsi que iathéologie devroít être traitée dans l’En-cyclopédie. je veux dire qu’il faudroitsecontenter des réflexions philosophiquesqu’on peut faire fur ces objets importans,& renvoyer pour le fond aux ouvrages ,théologiques.
On distingue en théologie la nécessitéde précepte & la nécessité de moyen. Lesdifférences qu’on assigne entre l’une &l’autre font bien légeres & de peu d’utí—lité dans les grandes questions de la né-cessité de la/ci,de la grâce, du baptême,£fc. ; en effet ces deux nécessités fontégalement fortes,puisqu’on est égalementpuni pour ne pas accomplir le précepte,& pour ne pas se servir du moyen.
Une des différences qn’on allégué en-tre l’ime & l’autre, & qui mérite d’êtreremarquée,estque l’ignorance ínvincibl*excuse de péché dans les choses qui fontde nécessité de précepte ; au lieu qu’ellen’exeuse point dans les choses qui sontde nécessité de moyen : Necejfitas tnedii ,dit Suarès de necejfitate fiiei , non excusa-tur fer ignorantiam invincibilem.
Les théologiens ne décident pas ex-pressément que cette ignorance invinci-ble ait lieu quelquefois, & iis n’expli-quent pas bien nettement si elle est abso-lument Sc métaphyíiquement invinci-ble : mais fi l’on entendoit par l’ignoran-ce invincible de la foi, du baptême, Uc.l’état d’un homme qui est dans une im-possibilité absolue, qui n'a aucun moyenni prochain ni éloigné d’arriver à la foi,