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-condamné ; que celui qui ne sera pointde l’églìl'e par la foi n’entrera point dansle royaume des cieux : mais elie ne dé-cide pas que hors ceux qui sont visible-ment del’églïse, & qui ont reçu par lesmoyens ordinaires la prédication de l’é-vangile, aucun n’ait la foi : en un motcette proposition, hors l'église U sans lafoi point de salut , n’eft pas la même quecelle-ci, hors de l'église visible point defoi. Le dogme de la nécessité de la foi nereçoit donc aucune atteinte de ['opinionde ceux qui disent que des pavois & dessauvages se sont sauvés par la foi.
Mais, dit on , ces gens-là ne peuventpas croire, selon ce passage de 8 . Paul:quomodo credent , Jì non euidierunt j qua-nta ào audient , sine prédicants? ils sontdonc sauvés fans la soi'l
Ces théologiens répondent, que lespayens & les sauvages en question nepeuvent pas croire par les voies ordinai-res j mais que rien n’empêche que Dieun’éclaire leur esprit extraordinairement ;que personne ne peut borner la puissance& la bonté de Dieu jusqu’à décider qn’ìl«'accorde jamais ces secours extraordi-naires, & qu’il est bien plus raisonnablede le penser, que de s'obstiner à croireque tous ceux à qui l’évangile n’a pasété prêché , & qui font la plus grandepartie du genre humain , périssent éter-nellement, fans qu’aucun arrive an sa-lut que Dieu veut pourtant accorder àtous.
Cependant on voit que l’hypothese dece secours extraordinaire est absolumentgratuite.
On éprouve quelque difficulté à conci-lier ensemble la nécessité & la gratuité dela foi.
Si la foi est nécessaire ; Sc si tous leshommes ont des moyens suffisons pourarriver au salut , il est clair que Dieudonne à tous les hommes des moyenssuffisons pour arriver à la foi.
Des moyens suffisons pour arriver à lafoi, sont ceux dont le hon usage amenecertainement & infailliblement le don dela foi , autrement ces moyens ne feroientpas suffisons ; de sorte que celui qui usede ces moyens, autant qu’il est en lui,reçoit toujours la grâce de la/02, seloncet axiome : facienti quod in se est cumipsogratiœ auxilio , Deus non denegat gra-tìam. Le5 infidèles ont doue des moyens
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dont le bon usage les eonduiroit infailli-blement à la grâce de la foi. Qu’ on pren-ne garde que je ne dis pas que ces moyenssoient purement naturels.
Mais, dira t-on , s’il y a des moyensdont le bon usage eonduiroit infaillible-ment à Xafoì, il peut y avoir des circons-tances dans lesquelles Dieu ne peut passc dispenser, à raison niéme de la justiceou du moins à raison de sa bonté, d’ac-corder le don de la foi ; & cela posé, com-ment est-il vrai que la foi est une grâce ,qu’elle est purement gratuite , & queDieu ne la doit à personne?
Je réponds, r°. fi par impossible lesdeux dogmes de la gratuité de la grâce &de la suffisance des moyens que Dieudonne aux hommes pour lc salut, étoientincompatibles, il faudroit conserver cedernier, & abandonner l’autre.
2°. Notre doctrine est une suite mani-feste du principe que nous avons cité, Siqni parent bien raisonnable, facienti omntquodinse cjl, Sic. car il fuit de-là quel’infidele qni use, autant qu il ejì en lui,des grâces qui précédent la soi , obtienttoujours la grâce de foi.
3 °. Dans ['hypothèse que nous faisons,c’est la grâce, à laquelle notre infidèlerépond, qui amene la grâce de la foi. Orle dogme de la gratuité de la foi , s'opposebien à ce que les seules forces de la na-ture rappellent, mais non pas à ce quela fidélité aux premieres grâces amenecelle de la foi.
Quoique !a foi soit nécessaire au salut,l’infidélité négative , c’est-à-dire le dé-faut de foi , lorsqu’on n’a pas résisté posi-tivement aux lumières de la foi qui seprésentoient, 11’est pas un péché. C’eftlesentiment le plus communément reçu('Voyez Suar. disp. xmj. ) & en effet, illeroit ridicule de prétendre qu’on peutpécher sons aucune espece d’action déli-bérée. - or l'infidele, négatif par l’hypo-these , n’exerce aucune sorte d’action dé-libérée relativement à la foi. L’est laprincipale raison qu’apporte Suarès dansl’endroit cité ; ce qu’il appuyé encore dece passage qui semble décisif: s non ve-nijsem (s loquutus eis fuijsem , peccatuntnon haberent , Joan. 1;.
D'après ce principe , ces hommes nepérissent pas pour «'avoir pas eu la foi ,mais pour les contraventions à la loiqu’ils ccnnoissent, & qui est écrite aft
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