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fond dè leur cœur : c’est la doctrine de 8.Paul aiix Romains , quicumqnefne legepecca'veruntfìne lege peribunt, &c.
Cependant on fait fur cela une diffi-culté : fi ces hommes obsei voient la loinaturelle, leur infidélité négative ne leurétant pas imputée à péché, ils pourraientéviter la damnation, & par conséquentarriver au salut sans la foi ; & cette né-cessité absolue de la foi souffrira quelqueatteinte.
On répond i°. que cet argument estd'après une hypothèse qui n’a jamaislieu, parée que jamais un infidèle n’a ob-servé la loi naturelle dans tous ses points.Cette réponse ne me semble pas solide ,parce que Ii cet infidèle a des moyensíuffisans pour observer la loi naturelle ,s’il a même le secours de la grâce pourcela , il peut fort bien arriver qu’eftecti-vement il l’observe : c’est ce que prouveclairement l’hypothèse que sait Collius,de animai. Pag. lib. I. cap. xiij , d’un pe-tit payen qui, commençant à user de saraison, observerait la loi naturelle, &passerait un jour sans Te rendre coupabled’ancuii péché mortel. Hypothèse assuré-ment très-poffible, & qu’onne peut con-tester.
2°. S. Thomas répond que fi ces hom-mes observoient la loi naturelle, Dieuleur en verroi t plutôt un ange d u ciel, pou rleur annoncer les vérités qu’il est néces-saire qu'ils croyent pour arriverau salut,on qn’il nierait de quelque moyen ex-traordinaire pour les conduire à la foi,Scqu’ainsi ils ne se sauveraient pas sans lafoi ; ou s’ils fermaient les yeux à la véritéaprès savoir entrevue,leur infidélité ces-serait d’être purement négative.
Mais cette réponse n’est pas encoresatisfaisante 5 car on peut toujours de-mander fi Dieu est obligé , par la justice& fa bonté, d’envoyer cet ange & d’ac-corder ce secours ; s’il y est obligé, lagratuité de la grâce de la foi est en granddanger; s’il n’y est pas obligé, ou peutsupposer qii’il n’employera pas cesmoyens extraordinaires ; & dans ce eas,il reste encore à demander fi cet obser-vateur fidele de la loi naturelle se sau-vera sans la foi, auquel cas la foi n’estpas nécessaire ; ou fera damné, ce qui estbien dur.
'3°. Pour sauver en même temps L lailéceffité & la gratuité de la foi, S. Tllû-Tome XIV. Partie //,
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má§ eh iitì autre endroit soûfìefit tiefte-ment que ces honnêtes payens font pri-vés de ce secours absolument nécessairepour croire , & sont damnés en punitiondu péché originel , in panant originalispcccati.
On trouve cette réponse, fectmdi s ft -cnmiís , qiueft.fecunia, art. $. Ce pcre de-mande fi la foi explicite est nécessaire ausalut: U se fait ì’objection que souvent iln’eftpas au pouvoir de 1 homme -savoirlu foi explicite, selon que dit 8. Paul auXRomains, ch.x. fhmnodo ere&tnt in Hiantquem non audierunt ? quomodà uuditnt jinCprœdicante ? quomodò autan prœdicabuntnifi mittantur ? L’homme cti question,dit il , l'intìdele dont nous parlons, & àqui l’évangile ii’a p.ls été annoncé , nspeut pas croire fans le secours de la grâce,mais il le peut avec ce secours. Or ce se-cours est accordé par la pure miséricordede Dieu , à ceux rl qui il est accordé ; &quant à celui auquel il est refusé, ce relu zest toujours dans Dieu un acte de justice,& pour l’homme la peine de ce péchéprécédent, ou au moins, dit il, du péchéoriginel , selon S. Aug. lib. de cvrr. (fgratta : Adnmlta tenetur homo qiue nottpotest fine gratiâ réparante ... f-f f militeradcreàendum articulas fidei... quoi qui-Aetn auxilium (gratix). quibuscitmque di-vinitur datur misericOrd/ier;quibus autemnon datur ex jufiitia, non datur in prenantprœceienlïs peccati , &saltem originaltspeccati , ut Aug. dicit in lib. de corr. iffgratiâ, cap. v. & vj.
Or ees hommes à qui , selon 8. Tho-mas , Dieu refuse le secours absolumentnécessaire pour croire , in panant saltemoriginalts peccati , sont des adultes, nefont coupables que du péché originel, &font par conséquent observateurs de la loinaturelle, qu’ils n’auroient pas pû violerlans pécher mortellement ; leur infidélitén’est que négative , puisque ['infidélitépositive est auflì un péché, & que ce persne dit pas qu’ils résistent au secours de lagrâce qui leur est donnée pour croire ,mais qu’ils ne le reçoivent point. SelonS.Thomas, ce secours absolument néces-saire peut donc manquer quelquefois , &alors cet homme n’est pas salivé. Voilà 1 »dogme de la nécessité de la foi dans toutefa rigueur.
Au fonds je ne vois pas pourquoi lesthéologiens ne font pas cet aveu toutKcs