Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
JPEG-Download
 

8Z8 FOI

pêcher qu’ils ne se nuisent lestmsauxautres; qn'on a d éfendu devendrecertai-nes marchandises ailleurs que dans cer-tains lieux désignés, soit pour la commo-dité des commis chargés de recevoir lesdroits dont elles font chargées,soit parcequ’on a voulu les assujettir à de» forma-lités de visite & de marqué, & qu’ou nepeut pas mettre par tout des bureaux.On ne pent trop saisir toutes les occasionsde combattre ce système fatal à l’indus-tric , il s’en trouvera plus d’une dansJ’Encyclopédie.

Les foires les plus célébrés font enFrance celles de Lyon, de Bordeaux, deGuibray, de Beaucaire, Uc. En Allema-gne, celles de Leipsic, de Francfort, fisc.Sion objet, n’est pointicid’en faire ('énu-mération , ni d’exposer en détail les pri-viléges accordés pardifFérens souverains,soit aux foires en général, soit à quel.ques/issra en particulier ; je me borne àquelques réflexions contre ('illusion assezcommune , qui fait citer à quelques per-sonnes la grandeur & l’étendue du com-merce de certaines foires , comme unepreuve de la grandeur du commerced'unétat.

Sans doute un e foire doit enrichir lelieu où elle le tient, & faire la grandeurd'unc ville particulière : & lorsque toutel'Europc gémissait dans les entravesmultipliées du gouvernement féodal ;lorsque chaque village , pour ainsi dire,spnnoit une souveraineté indépendante;lorsque les seigneurs renfermés dans leurchâteau , ne voyoient dans le commercequ’une occasion d’augmenter leurs reve-nus, en soumettant à des contributions&à des péages exorbicans , tous ceux quela nécessité forqoit de passer fur leursterres ,• il n’est pas douteux que ceux quiles premiers furent assez éclairés poursentir qu’en se relâchant un peu de la ri-gueur de leurs droits, ils seroient plusque dédommagés par l’augmentation ducommerce & des consommations, virentbien-tot les lieux de leur résidence enri-chis , aggrandis, embellis. II n’est pasdouteux que lorsque les rois & les empe-reurs eurent assez augmenté leur auto-rité, pour soustraire aux taxes levées parleurs vassaux les marchandises destinéespour \ts foires de certaines villes qusilsvouioient favoriser, ces villes devinrentnécessairement (e centre d'un très^rand

F O I

commerce , & virent accroître leur puis-sance avec leurs richesses : mais depuisque toutes ces petites sauverainetés fsfont réunies pour ne former qu'u u grandétat fous un seul prince,li la négligence,la force de l’habitude, la difficulté de ré-former les abus lors même qu’on le veut,& la difficulté de le vouloir , ont engagéà laisser subsister & les mêmes gênes &les mêmes droits locaux , & les mêmesprivilèges qui avoient été établis lorsquechaque province & chaque ville obéis-soient à différens souverains , n’est-ilpas singulier que cet effet du hazard aitété non-seulement loué, mais imité com-inel’ouvrage d'une sage politique? n'est-il pas singulier qu’avec de très-bonnesintentions, & dans la vue de rendre lecommerce florissant, on ait encore établide n nivelles foires , qu’on ait augmentéencore les privilèges & les exemptionsde certaines villes, qu’on ait même em-pêché certaines branches de commercede s’établir dans des provinces pauvres,dans la crainte de nuire à quelques au-tres villes, enrichies depuis long-temspar ces mêmes branches de commerce ?Eh qu’importe que ce soit Pierre ou Jac-ques, le Maine ou la Bretagne, qui fa-briquent telle ou telle marchandise,pourvu que l’état s'enricliiffe, & que desFranqois vivent ? qu’i m porte qn’uneétoffe soit vendue à Beaucaire ou dans Islieu de fa Fabrication , pourvu que ì’ou-vrier reqoive le prix de son travail? Unemasse énorme de commerce rassembléedans un lieu & amoncelée fous un seulcoup-d’osil, Frappera d’une maniéré plussensible les yeux des politiques supersi-ciels. Les eaux rassemblées artificielle-ment dans des bassins & des canaux,amu-sent les voyageurs parl’étalage d’un luxefrivole : mais les eaux que les pluies ré-pandent uniformément fur la surfacedes campagnes, que la feule pente desterreins dirige L distribue dans tous lesvallons, pour y former des fontaines,portent par tout la richesse & la fécon-dité. Qh 'importe qu’il fe fasse un grandcommerce dans une certaine ville & dansun certain moment, si ce commerce mo-mentané n’est grand que par les causesmême qui gênent le commerce, & quitendent à le diminuer dans tout autretems & dans toute l’étendue de l’état?jF««í-ì/j dit le magistrat citoyen auquei