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áont nous venons de parler, & qui fontau nombre de dix ; savoir les cinq ac-cords de septième, l’accord de sixte su-perflue, les deux accords parfaits, & lesdeux accords de sous-dominante. On avu dans le même article qui vient d’êtrecité, les principales réglés fur lesquellesen doit former la baffe fondamentale , Ston peut les voir expliquées plus en dé-tail, d’après M. Rameau, dans mes élé-mens de musique. On trouvera au motSeptième diminuée les réglés parti-culières de cet accord.
Mais on nous permettra de faire icianx musiciens une question: pourquoin’a-t-on employé jufqu’ici dans la baffefondamentale que les dix sortes d’accordsdont nous venons de parler ? Nous avonsvuaveequel succès les Italiens font usa-ge de l’accord de sixte superflue, que laiaffe fondamentale ne paroît pas don-ner ; nous avons vu comment on a intro-duit dans cette même basse les différensaccords de septième: est-iì bien certainqu’on ne puisse employer dans la baffefondamentale que ces accords, & dans labaffe continue que leurs dérivés ? L’o-reille est ici le vrai juge, ou plutôt leseul ; tout ce qu'elle nous présenteracomme bon , devra sans doute ou pourradu moins être employé quelquefois avecsuccès: ce fera ensuite à la théorie àchercher l’origine des nouveaux accords,ou si elle n’y réussit pas,à ne point lui endonner d'autres qii’cux-mêmes. Je crainsque la plupart des musiciens, les unsaveuglés par la routine, les autres préve-nus par des systèmes, n'ay en t pas tiré del’harmonie tout le parti qu’ils auroientpû , & qu’ils n’ayent exclus une infinitéd’accords qui pourroient en bien des oc-casions produire de bons effets. Pour neparler ici que d’un petit nombre de cesaccords; par quelle raison n’employe-t-on jamais dans l’harmonie les accords ut" mi sol L ut, ut mi sol L s, dont le premiern’a proprement aucune dissonance , & lesecond n’en contient qu’une,somme l’ac-cord usité ut mi sol s} N’y a-t-il pointd’occasions ou de pareils accords nepuissent être employés, ne fût-ce que parlicence , car on fait combien les licencesfont fréquentes en musique? Et pourn’en donner ici qu’u n seul exemple ana-logue à l’objet dont il s’agít, M. Rameau«’a-t-il pas fait chanter dans un air de
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trompette des fêtes del’hymen, p. 133.les deux parties supérieures à la tierce ma-jeure l’une de l’autre, quoique deux tier-ces majeures de fuite , & à plus forte rai-son une fuite de tierces majeures soientinterdites par lui-même ? Pourquoi donsne^ourroit-on pas quelquefois faire en-tendre dans un même accord deux tier-ces majeures ensemble ? Si cela 11e se pra-tique-t-ilpas en effet dans l’accord ut misaisis ré, nommé de quinte supersue,&qui étant pratiqué dans l’harmonie , sem-ble autoriser à plus forte raison les deuxdont nous venons de parler? Si ces ac-cords ne peuvent entrer dans la baffe fon~damentale,ne pourroient-ilspasau moin*entrer dans la baffe continue ? Si l’oreil-le les jugeoit trop durs en les rendantcomplets, ne pourroit-on pas les adoucirparle retranchement de quelques sons,pourvu qu’on laissât toujours subsister lesol M, qui constitue la différence essen-tielle entre ces accords, & les mêmes ac-cords tels qu’on les employé d’ordinaireen y mettant le sol au lieu de sol ï? C»n’est pas tout. Imaginons cette liste d’ac-cords,terminés tous ou par l’octave 011 laseptième majeure, & dont les trois pre-miers sons forment des tierces.
ut mi sol 3 ut.ut mi sol L s.ut mi b sol s.ut mi b sol b ut.ut mi b sol b s.
Pourquoi ces accords,' dont(aucun’, ex-cepté le dernier, ne renferme pas plusd’une ou de deux dissonances, sont-ilsproscrits de l’harmonie ? Est-il bien cer-tain par l'expérience (car encore une foisl’expenence est ici le grand juge ) qu’au-cun d’eux ne puisse être employé en au-cune occasion , en les considérant soit tneux-mêmes, soit far rapport à ceux quipeuvent les précéder ou les suivre ? Je. neparle point d’une infinité d'autres ac-cords , fur lesquels je pourrois faire unequestion semblable; accords qu’il est ailéde former par des combinaisons ^u’onpeut varier en un grand nombre de ma-niérés, qui ne doivent être ni admis, niaussi rejetés fans épreuve, & fur lesquelson n’en a peut-être jamais fait au cunetels zuc ceux-ci.
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