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Tome XIV. FERM - FORL.
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«roisencore, ce font les plus agréables ,peut-être en devra-t-on conclure que tout 'chant qui paraîtra également susceptible Jde plusieurs baffes, est un chant île pureFantaisie, un chant métis, si l’on peutparler ainsi.

Mais dans la crainte d’avancer fur cettematière des opinions qui pourraient pa-raître hasardées, je m'en tiens à la si m piequestion que j'ai faite , & j’invite nos cé-lèbres artistes à nous apprendre si un mê-me chant peut avoir plusieurs basses éga-lement bonnes.S’ilss’accordent fur la né-gative,il restera encore à expliquer pour-quoi cette baffe fondamentale ( la feulevraiment convenable au chant, & qu’onpen,t regarder comme Rayant suggéré) ,pourquoi, dis-je, cette baffe échappe sou-vent à tant de musiciens qui lui en subs-tituent n ne mauvaise? On pourra ré-pondre que c’est faute d’attention à ceguute secret, qui les a conduits, fansqu’ilss’en apperquffent, dans la compo-sition de la mélodie. Si cette réponse nesatisfait pas entièrement, la difficultéfera à-peu-près la même pour ceux quinieraient que Harmonie suggéré la mélo.die. En eíìèt, dans la supposition pré-sente qu’un chant donné n’admet qu’unefeule bonne'balfe, il faut nécessairementde deux choses l’une , ou que le chantsuggéré la baffe, ou que la baffe suggéréle chant j & dans les deux cas il fera éga-lement embarrassant d’expliquer pour-quoi u u musicien ne rencontre pas tou-jours la véritable basse.

La question que nous venons de pro-poler fur ía multiplicité des baffes, n’estpas décidée par ce que nous avons ditplus haut d’après M. Rameau , que lechant sol ut peut avoir vingt bajses fort -Aamentales différentes : car ceux qui croi-raient qu’un chant ne peut avoir qu’nnefeule bajfe fondamentale qui soit bonne,pourraient dire que de ces vingt bafes_ ._ ^'oj^amet/tales ii n’v en a qu’une qui con-vienne an chant ut , relativement à ce quifre'cede (f à ce qui fuit. Mais , pourroit-on ajouter, si l’on n’avoit nue ce seulchant fol ut, quelle feroit la vraie bajfefondamentale parmi ces vingt ?■ C’est en.pore un problème que je laisse à déciderAux musiciens, & dont la solution ne meparaît pas ailée. La vraie bajfe fondamen-tale est-elle toujours ia plus simple det,cistes les baffes possibles, L quelle est

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cette baffe la plus simple? quelles fontles réglés par lesquelles on peut la déter-miner (car ce mot simple est bien vague)?En conséquence 11’est-ce pas s’écarter dela nature , que de joindre à un chant unebaffe différente de celle qu’il présentenaturellement, pour donner à ce chantpar le moyen de la nouvelle basse, uneexpression singulière & détournée ? Voi-là des questions dignes d’exercer les ha-biles artistes. Nous nous contentons en-core de les proposer , sans entreprendrede les résoudre.

Au reste , soit que l’harmonie suggéréou non ia mélodie, ii est certain au moinsqu’elle est le fondement de l’harmoniedans ce sens, qu’il n’y a point de bonnemélodie, lorfqu’eile n’est pas susceptibled’une harmonie régulière, Voyez Har-monie , Liaison , effe. M. Serre, dansson essai sur les principes de l’harmonie ,Paris 17s3 , nous assure tenir du célébréGerminiani le fait suivant: que lorsquece grand musicien a quelque adagio tou-chant à composer, ii ne touche jamaisson violon ni aucun autre instrument ;mais qn’il conqoit & écrit d’abord unefuite d’accords ; qu’il ne commence ja-mais par une simple succession de sons ,par une simple mélodie ; & que s’iiy aune partie qui dans l’ordre de ses concep-tions ait le pas fur les autres, c’est bienplutôt celle de la baffe que toute autre»& M. Rameau remarque que l’on a ditfort à-propos, qu’une bajfe bien chantantenous annonce une belle musque. On peutremarquer en passant par ce que nous ve-nons de rapporter de M. Geminiani, quenon-leulement il regarde la mélodie com-me ayant son principe dans une bonneharmonie , mais qu’il parait même la re-garder comme suggérée par cette harmo-níe.Une pareilleautorité donnerait beau-coup de poids à cette opinion , si en ma-tière de science l’autorité étoit un moyende décider. D’un autre côté il me paraîtdifficile, je i’avoue, de produire une mu-sique de génie & d’enthousiasme,en com-menqantainsi par la baffe.

Mais parce que la mélodie a son fonde-ment dans l’harmonie, faut-il avec cer-tains auteurs modernes donner tout àj l’harmonie, & préférer son effet à celuij de la mélodie ? II s’en saut bien que je le! pense: pour une oreille que l’harmoniej affecte, il y en a cent que la mélodie tou-