Band 
Tome XIV. FERM - FORL.
JPEG-Download
 

*74 ,, F O N

she préférablementjc’est une vérité inex-périence inconteftable.Ceux qui sontien-droient le contraire, s’exposeroientàtom-berciansle défaut qui n’est que trop ordi-naires nos musiciens frauçois, de tout sa-crifier à ('harmonie, de croire relever unchant trivial par une baise fort travail ée& fort peu naturelle, & de s’imaginer,en entassant parties fur parties, avoir faitde rharmonie,lorfqu’ils n’ont fait que dubruit,Sansdouteiine basse bien faite sou-tient & nourrit agréablement un chant ialors, comme nous l’avons déjà dit, l'o-reille la moins exercée qui les entend enmême temps,est forcée de faire une égaleattention à l’un & à l'autre, & son plaisircontinue d’étre un , parce que son atten-tion, quoique portée sur différens objets,est toujours une : c’est ce qui fait fur-toutle charme de la bonne musique italienne;& c’est-là cette unité de mélodie dont M.Rousseau a si bien établi la nécessité dansfa lettre fur la musique franqoise. C’estavecla même raison qu’il aditau mot Ac-compagnement : Les Italiens ne -veu-lent qu’on entende rien dans l’accompagne-ment , dans la baffe , qui puîjf diflrairel'oreille de l'objet principal , ils font

dans l'opinion que l'attention s'évanouiten se partageant. II en conclut très-bien,qn’il y a beaucoup de choix à Faire dansles sous qui Forment l’accompagnement,précisément par cette raison, que l’atten-tion ue doit pas s’y porter, en effet, par-mi les différens sons que l’accompagne-ment doit fournir en supposant U bassebien faite, il faut du choix pourdétermi-nerceitxqui s’iucorporent tellement avecléchant, que l'oreille en fente l’effetsansêtre pour cela distraite du chant, & qu’aiicontraire l’agrémentdu chanten augmen-te. L’harmonie sert donc à nourrir unbeau chant; mai s i! ne s'ensuit pas quetout l’agrément de ce chant soit dansl’harmonie. Pour se convaincre bien évi-demment dn contraire, il n’y a qu'à jouersur un clavecin la basse du chant bienchiffrée, maisdéntiéde son dessus; on ver-ra combien le plaisir fera diminué, quoi-que le dessussoit réellement contenu danscette basse. Concluons donc contre l'opi-nion que nous combattons, que l’expé-rienee lui est absolument cotitrairc;&,enconvenant d'ailleurs des grands effets del’harmonieVfans certains cas, reconnoil-foas la mélodie dans la plupart comme

F O N

l’objet principal qui flatte l’oreille.Préfí-rer les effets de l’harmonie à ceux de lamélodie,jsous ce prétexte quel’une est lefondement de l’autre, c’est íi-peu-prèscomme si l’on vouloit soutenir que lesfondemens d’une maison sont l’ertdroit leplus agréable à habiter T patce que toutî’édisice porte dessus.

Nous prions le lecteur de regarder ceque nous venons dire fur l’harmonie &fur la mélodie; comme un supplément audernier chapitre du premier livre de nosclémensdemusique, sopplémentqui nousa paru nécessaire pour démêler ce qu’ilpeut y avoir de problématique dans laquestion , Jì mélodie est suggérée parl’harmonie ?

Quedirons-nous dece qu’on a avancédans ces derniers temps,que la géométrieest fondée fur laréfonnancedu corps sono-re ; parce que la géométrie est , dit-o» ,fondée fur les proportions, &que le corpssonore les engendre toutes? Les géomè-tres nous sauroient mauvais gré de réfu-ter sérieusement de pareilles assertions:nous nous permettrons seulement de direici, que la considération des proportions& des progressions est entierement inutileà la théorie de fart musical : je pense sa-voir suffisamment prouvé par mes élé-mens même de musique, où j’ai donné, ceme semble, une théorie de l’harmonie as-sez bien réduite, suivant les principes deM.Rameau, fans y avoir Fait aucun usagedes proportions ni des progressions. Eneffet, quand les rapports de l’octave, dela quinte ,de la tierce, seroient toutautres qu’ils ne sont ; quand ces rapportsne formeroientaucune progressioniquandon n’y remarqueroit aucune loi; quandils seroient incommensurables , soit eneux-mêmes , soit entr’eux , la résonancedu corps sonore, qui produit la douzième& la dix.septieme majeures, & qui faitfrémir ladouzieme & laldix-septieme ma-jeuresau-dessousdelui,sussiroitpourfon-der tout le système de l’harmonie, ïtl.Roussi au a très-bien prouvé , au motConsonance, que la considération desrapportsest tou t-ÈI- fait illusoire pour ren-dre raison du plaisir que nous font le s ac-cords confonans ; la considération desproportions it’est pas moi nsin utile dans lathéorie de la musique. Les géomètres quiont voulu introduire le calcul dans cettederniere science , ont eu grand tort, d®