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Tome XIV. FERM - FORL.
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quitus on lui fuppoferoit toujours les in-tentions les plus pures, combien n’a-t-onpas de raisons île í'e dtfier île ses lumiè-res ? combien n’eíì-il pas aisé île faire lemal en voulant Faire le bien? Prévoiravec certitude lì un établissement produi-ra l’effet qu’on s’en eít promis, L n enaura pas un tout contraire ; démêler à tra-vers rillusion d’un bien prochain & appa-rent , les maux réels qu’nn long enchaî-nement de causes ignorées amenera à fafuite ; connoitre les véritables plaies dela société, remonter à leurs causes ; dis-tinguer les remedes des palliatifs ; 1e dé-fendre enfin des prestiges de la séduction,porter un regard féve're L tranquille furun projet au milieu de cette atmosphèrede gloire, dont les éloges d’un publicaveugle, & notre propre enthousiasmenous le montrent environné : ce iero-.tI’estort du plus profond génie, & peut-être la politique n'eft-elle pas encore as-sez avancée de nos jours pour y réuffir.Souvent on présentera à quelques parti-culiers des secours contre un mal dont lacause est générale; & quelquefois le re-medemême qu’on voudra opposer à l’ef-fet, augmentera l’iufluence de la cause.Nous avons un exemple frappant de cet-te efpece de maladresse, dans quelquesmaisons destinées à servir d’afyle auxFem mes repenties. II faut faire preuve dedébauche pour y entrer. Je fais bien quecette précaution a dû être imaginée pourempêcher que la /wrdâ'on ne soit détour-née àd’autres objets : mais cela seul neprouve-t-il pas que ce n’étoit pas par depareils établissemens étrangers aux véri-tables causes du libertinage, qu’il falloitcombattre? Ce que je dis du libertinage,est vrai de la pauvreté. Le pauvre a desdroits incontestables fur l’abondance duriche; l’humanité, la religion nous fontégalement un devoir de soulager nos sem-blables dans le malheur : c’est pour ac-complir ces devoirs indispensables, quetant d’établissemens de charité ont étéélevés dans le monde chrétien pour foula-sçr des besoins de toute efpece ; que des’ pauvres fans nombre font rassemblés dansdes hôpitaux , nourris à la porte des con-vens par des distributions journalières.Qu’est-il arrivé ? c’eft que précisémentdans les pays où ces ressources gratuitesfont les plus abondantes, comme en Ef-jjajne & dans quelques párties de l’ita-

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lie, la misere est plus commune & plusgénérale qu’ailleurs. La raison en est biensimple, & mille voyageurs l’ont remar-quée. Eaire vivre gratuitement un grandnombre d’hommes, c’est loudoyer l’oisi-veté & tous les désordres qui en font lafuite ; c’est rendre la condition du fai-néant préféiable à celle de l’hommequitravaille; c’est par conséquent diminuerpour s état la somme du travail & des pro-ductions de la terre, dont une partie de-vient nécessaseernent inculte : de-là lesdilett.s fréquentes, 1 augmentation dela misere, & la dépopulation qui en estla fuite ; la race des citoyens industrieuxest remplacée par une populace vile ,composée de mendians vagabonds & li-vrés à toutes fortes de crimes. Pour sen-tir l’abus de ces aumônes mal dirigées,qu’on suppose un état si bien administré,qu’il 11 es’v trouve aucun pauvre (chosepossible (ans doute, pour tout état qui ades colonies à peupler. Voyez MENDI-CITÉ) : rétablissement d’.un secours gra-tuit pour un certain nombre d’hommes ycréeroit tout-aníli-tót des pauvres, c’est-à-dire donneroit à autant d’hommes unintérêt de le devenir, en abandonnantleurs occupations : d’oùrésulteroicnt unvuide dans le travail & la richesse del’état, une augmentation du poids descharges publiques fur la tête de l’hommeindustrieux, & tous les désordres quenous remarquons dans la constitutionprésente des sociétés. C’est ainsi que lesvertus les plus pures peuvent tromperceux qui fe livrent fans précaution à tojutce qu’elles leur inspirent : mais si desdesseins pieux & respectables démententtoutes les espérances qu’on en avoit con-ques , que fendra-t-i 1 penser de toutes cesfondations qui 11 ’oilt eu de motif & d’ob-jet véritable que la satisfaction d’une va-nité frivole, & qui font fans doute lesplus nombreux? Je ne craindrai pointde dire que si l'on comparaît les avanta-ges & les inconvéniens de tontes \es fon-dations qui existent aujourd’hui en Eu-rope, il n’y en auroit peut-être pas unequi _ soutînt l’examen d’tme politiqueéclairée.

a°. Mais de quelque utilité que puisseêtre une fondation , elle porte dans elle-même un vice irrémédiable. & qu’elletient de fa nature, .l’impoffibilité d’enmaintenir 1’exéctttion. Les fondateurs