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Tome XIV. FERM - FORL.
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n’y suroît pas grand inconvénient à cela,si ces fondations croient entièrementanéanties 5 mais le corps de H fondationn’cn subsiste pas moins, feulement lesconditions n’cn font plus remplies : parexemple si les revenus d'un hôpitalsouffrent cette diminution, on suppri-mera les lits des malades, & l’on fecontentera de pourvoir à l’entretieu deschapelains.

3°. Je veux supposer qu’une fonda-tion ait eu dans son origine une uti-lité incontestable ; qu’on ait pris desprécautions suffisantes pour empêcherque la paresse & la négligence ne la fas-sent dégénérer ; que la nature des fondsles mette à l’abri des révolutions dutemps fur les richesses publiques; l’im-mutabilité que les fondateurs ont cher-ché à lui donner est encore un inconvé-nient considérable , parce que le tempsamene de nouvelles résolutions, quifont disparaître futilité dont elle poti-voit être dans son origine, & qui peu-vent même la rendre nuisible. La socié-té »’a pas toujours les mêmes besoins;la nature & la distribution des proprié-tés, la division entre les différens or-dres du peuple, les opinions, les mœurs,les occupations générales de la nation oude ses différentes portions, le climatmême, les maladies, & les autres acci-dens de la vie humaine, éprouvent unevariation continuelle : de nouveaux be-soins naissent; d’antres cessent de fe fai-re sentir; la proportion de ceux qui de-meurent change de jour en jour dans lasociété, & avec eux disparaît ou dimi-nue futilité áesfondations destinée à ysubvenir. Les guerres de Palestine ontdonné lieu à dos fondations fans nombre ,dont futilité a cessé avec ces guerres.Sans parler des ordres de religieux mili-taires , f Europe est encore couverte demaladie ries, quoique depuis longtemsl’on n’y eonnoisse plus la lèpre. La plu-part de ces établissemens survivent long-tems à leur utilité : premierement, par-ce qu’il y a toujours des hommes qui en‘y.oíssJht, & qui font intéressés à lesmaintenir : secondement, paree quelors même qu’on est bien convaincu deleur inutilité, on est très-longtems àprendre le parti de les détruire, à fe dé-cider soit sur les mesures & les formali-tés nécessaires pour abattre ces grands

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édifices affermis depuis tant de siécles,& qui souvent tiennent à d’autres bâti—mens qu’on craint d’ébranler, soit surVissage ou le partage qu’on Fera de leursdébris : troisiemement parce qu’on esttrès-longtems à fe convaincre de leurinutilité, enforte qu’ils ont quelquefoisle temps de devenir nuisibles, avantqu’on ait soupçonné qu’ils font inutiles.

11 y a tout à présumer qu’une fon-dation, quelque utile qu’elle paroisse, de-viendra un jour au moins inutile, peut-être nuisible , & le fera long-tems : n’enest-ce pas assez pour arrêter tout fonda-teur qui fe propose un autre but que ce-lui de satisfaire fa vanité ?

4°. Je n’ai rien dit encore du luxe desédifices, & du Faste qui environne lesgtmàosfondations : ceseroit quelquefoisévaluer bien Favorablement leur utilité ,que de f estimer la centieme partie dela dépense.

5°. Malheur à moi, fi mon objet pou-voit être, en présentant ces considéra-tions, de concentrer f homme dans soaseul intérêt; de le rendre insensible aumalheur & au bien-être de ses sembla-bles ; d’éteindre en lui l’efprit de ci-toyen ; & de substituer une prudenceoisive & basse à la noble passion d'êtreutile aux hommes ! Je veux que f huma-nité, que la passion du bien public , pro-curent aux hommes les mêmes biens quela vanité des fondateurs, mais plus sû-rement, plus complettement, à moinsde Fraix, & fans le mélange des incon-véniens dont je me fuis plaint. Parmi lesdifférens besoins de la société qu’on vou-drait remplir par la voie des établisse-mens durables ou des fondations, distin-guons-en deux fortes; les uns appartien-nent à la société enticre. & ne feront quele résultat des intérêts de chacune de sesparties en particulier : tels sont les be-soins généraux de fhumanité, la nourri-ture pour tous les hommes; les bonne»mœurs & fédueation des enfans, pourtoutes les familles; & cet intérêt est plusou moins pressant pour les différens be-soins : car un homme sent plus vivementle besoin de nourriture, que f intérêtqu’il a de donner à ses enfans une bonneéducation. 11 ne faut pas beaucoup deréflexion pour se convaincre que cettepremiere espece de besoins de la sociétén’est point de nature à être remplie par