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Tome XIV. FERM - FORL.
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On a rencontré clans l’Océan & danscertains détroits ou mers particulières,des efpeces de gaufres où les eaux fontviolemment agitées, & paroiflent s’en-gloutir clans des cavités souterraines quiìes rejettent avec la même violence. Leplus Fameux de ces gaufres est près descôtes de la Laponie, & dans la mer duNord ; il engloutit les baleines , les vais-seaux , Uc. L rejette ensuite les débrisde tout ce qn’il paroit avoir absorbé. Oneu place un autre près de l’íle d’Eubée,qui absorbe & rend les eaux sept fois envingt-quatre heures : celui de Charibdeprès des côtes de la Calabre absorbe &vomit trois fois le jour; ceux de Scylladans le détroit de la Sicile, du détroit deBabelmandel, du golfe persique , du dé-troit de Magellan, ne l'ont qtj’abforbans.On soupconne outre cela que sous lesbancs de fable, fous les roches à fleurd’eau, & clans la mer Caspienne en par-ticulier, il y a beaucoup de ces goussestant absotbans que votniflans.

Comme ils font près des îles & descontinens, on en conclut que les eauxabsorbées font englouties daos les souter-rains de la terre-ferme ; & que récipro-quement, les eaux rejettées sortent dedélions les continens. Ces goufres nefont que les larges orifices des canauxsouterrains : l’eau de la mer engloutied'abord dans ces grandes bouches , fedistribue ensuite par les branches princi-pales des conduits souterrains, & se portejutqu’au-delibus des continens- Elle par-vient ensuite par des ramifications qu’enmultiplie à l’infini, sous les montagnes,les cavernes , & les autres cavités de laterre : en vertu de la grande divisionqu’elie éprouve pour lors, elle se trouveplus exposée à faction de la chaleur sou-terraine : elle est réduite en vapeurs, &s’éleve clans les premières couches de laterre, où elle forme des réservoirs quifournissent à l’éco.nlement des sources &Aei fontaines.

Mais ce qn’il Faut bien remarquer ,J’eaj}, à l’extrêmité des branches princi-pales , perd par évaporation à chaque ins-tant une si grande quantité d’eau douce,qu'clle acquiert une salure & une gravitéspécifique plus considérable que celle quifemplit les goufres : en conséquence ,cette eau plus salée est déterminée paribn poids à refluer par les ramifications,

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qui aboutissent aux branches principa-les , parce que le sel ne fe dépose queclans les ramifications où l’évaporationcommence ; & ces ramifications par les-quelles l’eau salée coule , s’abouchent or-dinairement aux branches principalesd’im autre goufre vomissant. L’eau fecharge par ce moyen clans la mer, en yreportant à chaque instant lc résidu salindes eaux évaporées & dulcifiées. Ainsi lesconduits souterrains fe débarrassent dusel qui pourroit s’y accumuler par l’éva-poration de l’eau douce ; & la mer réparela salure qu'clle perdroit insensiblement.A mesure que l'évaporation s’opere àl’extrêmité des branches principales desgoufres abí'orbans, le produit de cettedistillation trouve des conduits prêts à lerecevoir pour le décharger dans un gou-fre vomissant. Quelquefois les résidus sa-lins prendront la route des branchesprincipales du goufre absorbant ; & alorsce goufre fera absorbant & vomissant enmême temps. Mais le plus souvent, legoufre vomissant fera distingué de l’ab-forbant. Ainsi les fontaines de la Sicile &du royaume de Naples font entretenuespar le goufre absorbant de Scylla, quiporte ses eaux dans les souterrains del’île & de la pointe de l’Italie ; le résidusalin de l’évaporation est reporté à la merpar Charibde, goufre vomissant, & parquelque autre ouverture. Les couransque f on observe allez ordinairement dansles détroits, font produits par la déchargédes eaux salées qui refluent des souter-rains : tels sont les courans du Bosphorede Thrace, produits par les eaux qui fedéchargent des souterrains de l’Asie mi-neure , & qui se jettent dans lePont-Eu-xin, pour réparer la quantité de falrrequ’ìl perd en coulant dans la M -'diterca-néeparrHeilespont, & ne réparant cetteeau salée que par l’eau douce des fleuvesqu’ìl reçoit. De même la mer Caspienneayant de ces gaufres absorans qui luienlèvent de l’eau salée, répare cette pertepar des goufres vomissons qui lui vien-dent des souterrains de la Russie & de laTartarie. Les goufres abí'orbans de l’O-céan septentrional forment les fleuves dela Russie , de so Tartarie ; & d’autrcsgoufres vomissans déchargent une partiede leurs sels dans la mer Caspienne.

11 est aisé de faire voir qne cette com-plication de nouveaux agens introduitsM m m a