f o u
Ses feuilles font découpées en ailes ; &ces «îles font partagées en petites feuil-les étroites, oblongues, pointues, den-telées quelquefois légèrement, d’autresfois entieres, vertes en-dessus, blan-ches en-dessous. Ses fruits ou ses vésicu-les; font ovales comme celles de la fou-gere mâle, mais placées un peu différem-ment fur le dos des feuilles, comme nousl'avons dit ci-deffus, d’aprèsles observa-tions de Tournefort.
Elle vient presque partout principale-ment dans les bruyères, dans les lieuxincultes & stériles. Sa racine est la feulepartie dont on fe sert en médecine. Elle !est d'une odeur forte, différente de cellede \z fougere mâle , Si ne rougit point lepapier bleu. II y a apparence qu’elle con-tient un sel analogue, ou sel dc corail,embarrassé dans un suc glaireux que lefruit détruit, & qui suivant Tourne-fort , est un mélange de phlegine , d'a-cide , & de terre.
La fougere fleurie s’appelle plus com-munément ojmonde > voyez-en V articlesous ce nom ; Si pour ce qui regarde lesfougères exotiques , voyez le P. Plumier ,defllicìbus amerìcnnìs ; VHist. de lu Ja-maïque du chevalier Hans Stoane ; Pe-tiver ; Pterygraphia americana continensflusquam 400 silices varias , & c. Lotul.1695 , in-fol.sig. Ce font trois ouvragesmagnifiques à la gloire des fougères. IIn’y a point de plantes à qui l’on ait faittant d’honneur. ( D. J.)
Fougere, Agriculture. La fougerefemelle commune est pour les laboureursune mauvaise herbe, qui leur nuit beau-coup , A qui est très- difficile à détruirequand elle a trouvé un terre,» favorablepour s’y enraciner :car souvent elle pé-nétre par ses racines jufqu’à huit piedsde profondeur, & traçant au long & aularge, elle s’éleve ensuite fur la surfacede la terre, & envoie de ncmvelles/on-geres à une grande distance. Quand cetteplante pullule daus les placages, la meil-leure maniéré de la faire périr est defaucher l’herbe trois fois Tannée , aucommencement du printemps, en mai ,& en août. Les moutons que Ton metdans un endroit où il y a beaucoup defougere la détruisent assez promptement ;en partie par leur fumier & leur urin.e ,Si en partie en marchant dessus. Mais lafougere qu’on coupe quand t elle est enTome XV. Partie I.
FOU 145
feve,& qu’on laisse ensuite pourrir surla terre , est une bonne marne pour luiservir de fumier , & pour l’engraisserconsidérablement. Les arbres plantésdans les lieux où la fougere croît, réus-sissent très-bien, même dans un fablechaud ; la raison est , qne la fougere sertd’abri aux racines , & les conserve hu-mides & fraîches. Enfin on répand de lacendre de fougere fur les terres pour lesrendre plus fertiles. (D. J.)
FOUGERE , Alatiere médicale ,Pharmacie. On distingue chez les apothi-caires deux espèces de fougere, Tune ap-pell íe fougere mâle, l’autr e fougere femel-le-, ì\ v en s. encore une troisième qui estI e. fougere fleurie ou Vofmonde ; mais onemploie fort rarement cette derniere.Quant aux deux autres, on les confondassez souvent, & Ton prend fans scrupu-le Tune pour l’antre , c'est-à-dire, quaTon emploie celle qn’on peut se procurerle plus facilement. Les auteurs font pour-tant partagés au sujet de leurs vertus ; les1111s dorment la préférence à la fougeremâle, d’autres à la femelle.
II est fort peu important d'accorderces diverses opinions, parce que cetteplante qui étoit très-usitée chez les an-ciens, n’est presque plus employée dansla pratique moderne ; peut - être par ledégoût qu’en ont pris les malades, selonl’idée de M. Geoffroi ; peut-être par ce-lui qu’en ont pris les médecins, après sa-voir employée inutilement; peut-êtreaussi parce que nous avons restreint à untrès*petit nombre de plantes nos remedescontre les maladies chroniques. Ce n’estpresque plus que comme vermifuge quenous employons aujourd’hui cette racinedont nous faisons prendre la décoction,& plus ordinairement encore & avec plusde succès la poudre au poids d’un gros oude deux. Cette poudre passe pour un spé-cifique contre les vers plats ; & c’est làle principal secret des charlatans qui en-treprennent la guérison de ce mal. (6)
Mais fi les charlatans ont quelque suc-cès dans ce cas, c’est qu'alors ils joignentadroitement &en cachette à la racine defougere réduite en poudre, le mercure ,l’œthiops minéral, ou quelqu’autre pré-paration mercurielle, qui font feules levrai poison des vers.
Les vertus de la fougere dépendent, lesunes de son itylile, les autres de son sel