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essentiel, qui esttartareux, austere, ac-compagnéd’un sel neutre, lequel nes’al-kalii'e point. Elle agit en dissolvant leshumeurs épaisses par Ion sel essentiel, &en resserrant les fibres solides par ses par-ticules terreuses astringentes. On peutdoue la prescrire utilement pour base des, boissons apéritives & désobstruantes dansles maladies spléniques & hypocondria-ques , pourvu que les malades soient ca-pables d’en continuer l’usage quelquetems, fans le dégoût ordinaire , très-difi-ficile à surmonter.
Le suc des racines de fougere mêlé avecde l’eau-rose, ou autre semblable, est unassez bon remede pour bassiner les partieslégèrement brûlées, à cause du suc vis-queux & mucilagineux dont cette plan-te est empreinte. (D. J.~)
Fougere, Arts. On tire un grandparti de la fougere dans les arts.il est mê-me arrivé quelquefois, dans la disette devivres, qu’on a fait du pain de la racinede fougere. M. Tournefort raconte qu’ilen a vu à Paris en 1693 , que l’on avoitapporté d’Auvergne; mais ce pain étoitfort mauvais, de couleur rousse, presquesemblable aux mottes d’écorce de chêne ,qui font d’ufage pouf tanner le cuir, &qu’on appelle mottes-à-brûler.
On emploie la fougere dans le comtéde Saxe pour chauffer les fours & pourcuire la chaux, parce que la flamme enest fort violente & très-propre à cet em-ploi.
Le pauvre peuple , en plusieurs par.ties dujnord de i’Angleterre, se sert decendres de fougere au lieu de savon pourblanchir le linge. Ils coupent la planteverte, la réduisent en cendres, & for-ment des balles aveedel'eau, les fontsécher au soleil, & les conservent ainsipour leurs besoins. Avant que d’en Faireusage, ils les fettent dans un grand feujusqu’à ce qu’elles rougissent j & étantcalcinées de cette maniéré ,’elles se rédui-sent facilement en poudre.
Personne n’ignore qu’on emploie lescendres de fougere k la place de nitre,que l’on jette ces cendres fur les caillouxpour les Fondre St les réduire en verre decouleur verte ; c’efl-là ce qu’on nommeverres de fougere , si communs en Euro-pe. F.Verke.
Les cendres de la fougere femelle com-mune, présentent un autre phénomène
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bien singulier, quand 011 en tire !esetsuivant la méthode ordinaire, à la quanti-té de quelques livres. La plus grandepartie de ce sel étant séchée, L 1c restequi est plus humide étant exposé à l’air,pour en recevoir l’humidité , il devientpromptement fluide, ou une huile, com-me on l’appelle improprement , par dé-faillance: ensuite le reste du lixivìmisqui est très-pefant & d’un rouge plus oumoins foncé , étant mis à part dans unvaisseau de verre qu’on tient débouchépendant cinq ou six mois, laisse tomberau fond de la liqueur une assez grandequantité de sel précipité , jusqu’à l’épais-seur d’environ deux pouces,av fond duvaisseau.La partie inférieure de laliqueurest pleine de saletés, mais la partie duhaut est blanche & limpide. Sur la sur-face de cette partie se forment des eryC-tallisations de sel d’une figure régulière ,semblable à plusieurs plantes de fougerecommune , qui jeteroient un grand nom-bre de feuilles de chaque côté de la tige:ces ramifications salines subsistent plu-sieurs semaines dans leur état , si l’on neremue point le vaisseau ; mais cites fontsi tendres, que le moindre mouvementles détruit, & alors elles ne se reformentjamais. V. lestranfacl. philos. p a . 107.
Enfin, les Chinois se servent, dansleurs manufactures de porcelaine, d’uneespece de vernis qu’ils font avec de lafougere St de la chaux ; ils y parviennentsi aisément, qu’il ne seroit pas ridicule del’essayer dans nos manufactures de por-celaine. Voici le procédé & la maniéré.
Ils prennent une quantité de fougerebien séchée, qu’ils répandent par lits furun terrein suffisant à la quantité de vernisdont ils ont besoin. Sur cette fougere ilsfont une autre couche de pierres dechaux fraîchement calcinées, fur laquel-les ils jettent avec la main une petitequantité d’eau suffisante pour l’éteindreou la délayer. Ils couvrent cette couchede chaux d’une troisième couche d e fou-gere, & multiplient toujours alternati-vement ces conciles jusqu’à la hauteur dehuit ou dix pieds; alors ils mettent le feuà U fougere qui fe brûle en peu de tems ,& qui laisse un mélange de chaux & decendres. Ce mélange est porté de la mêmemaniéré fur d’autres couches de fougerequ’on brûle de même. Cette opération estrépétée cinq ou six fois.