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Tome XV. FORE - GENU
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de Maduré, nommées parmes Indiens cav-rtyan, & qui font h proie ordinaire desécureuils, des léfards, & autres animauxde Hàgenre; ces fortes de fourmis élèventleurs fourmillieres à la Hauteur de cinqou íìx pieds au-dessus de terre , & les en-duisent artistement d’un mortier impéné-trable. Les campagnes du pays font cou-vertes de fourmillieres de cette nature,queleshabitans laissent subsister,soit parla difficulté qu’ils ont d’empêcher ces in-fectes, de les rétablir promptement, lditpar la crainte de les attirer dans leurspropres cabanes.

Quoi qn'iì en soit, on remarque en touslieux que chaque eipece de fourmi faitconstamment* bande à part , & qu’on neles voit jamais mêlées ensemble j si quel-qu’une par inadvertance le rend dans unnid de fourmi qui ne soit pas de son el-peog , elle perd nécessairement la vie , àmoins qu’elle n’ait le bonheur de fe sau-ver promptement.

La fourmi vueau microscope, paroîtcurieuse par sa structure , qui est diviséeen tète, corps, & queue , qu un ligamenttrès-délié joint ensemble. Ses yeux per-lés sortent de la tète, qui est ornée dedeux cornes ayant chacune douze join-tures; les mâchoires font garnies de septpetites dents; la queue de quelques four-mis est armée d’un aiguillon creux , dontelles se servent quand elles sontirritées,pour jeter une liqueur acre & corrosive.

Tout le corps est revêtu d’une especed’armure hérissée de soies blanches &brillantes ; les jambes font auffî couver-tes de poils courts & bruns. T". Hoolt,Microfc. obs 49 ; Powers, Expér. phil.obj'.i & Bakcrs, Microfc. &c.

Mais le lecteur avide d’autres détails,peut consulter le Traité des fourmis , deM. Gould, Lond. 1747, »Vs°; &à sondéfaut les Truns. philos, n®. 481, fect 4.Nous dirons feulement ici que cet habilehomme détruit complètement dans sonouvrage l’idée vulgaire de la prévoyanceàes fourmis & de leur approvisionnementpendant l’hiver. (_D. J.)

Fourmi, Econ. rus. Ces infectes pré-jlldicient beaucoup aux arbres qui por-tent du fruit, particulièrement aux poi-riers & aux pêchers; ils mangent les jetsde ce dernier arbre , & les font mourir :c’est pourquoi les jardiniers chcíchenttous les moyens possibles de détruire ces

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petits animaux nuisibles, & y travaillentfans cesse. Les uns, pour y parvenir,emploient le fumier humain , que lesfourmis ne peuvent supporter ; & ils enmettent une petite quantité au pied desarbres qu’elles aiment davantage : d’au-tres, pour les en écarter, fe fervent de| sciure de bais qu’ils jettent autour dupied de l’arbre ; de sorte que quand ellesveulent y monter, elles sentent que leterrein n’estpas ferme fous leurs pattes,& elles fe retirent ailleurs : on peut en-core employer le mercure, qui est linpoison pour ces infectes.

Ou prend aussi des bouteilles à moitiépleines d’eau miellée; on en frotte unpeu les goulots pour y attirer les four-mis', quand il y en a beaucoup de prises,on les noie , & on repete le piege juiqu’àce qu’on les ait détruites : d’autres frot-tent de miel, des feuilles de papier qu’ilsétendent aux environs du passage desfourmis-, elles couvrent bientât ces pa-piers qu’on leve par les quatre coins , &qu’on jette dans quelque baquet d’eau ,où elles périssent. Quelques-uns font unmélange de miel & d’arl’enic en poudredans des boîtes percées de petits trousde la grosseur d’une fourmi', & cemoyen en détruit un grand nombre :mais il faut éviter de faire ces trous as-sez grands pour que les abeilles y puis-sent passer; car elles y entreroient avecles fourmis , & alors elles pourroient pathasard, avant que de mourir, porter de cemiel empoisonné dans leurs ruches.

Quelques jardiniers n’ayant pas letenu, de s’occuper de ces minuties, pren-nent le parti d’entourer le bas des tigesde leurs arbres précieux, de rouleaux delaine de brebis nouvellement tondues :d’autres enduisent ces tiges de goudron ;cependant comme le goudron nuit d’or-dinaire aux arbres, je ne puis recomman-der cette derniere pratique. Mais un desbons moyens de chasser bientôt ou defaire périr \es fourmis , est d’arrosor fré-quemment les pieds d’arbres & tous lesendroits ou elles peuvent aborder , parcequ’il n’est rien qu’ellesj craignent plusque l’eau. Si par tous ces divers stratagè-mes, & autres semblables, on ne détruitpas ces insectes, du moins on en éclaircitbeaucoup le nombre ; on on les éloignedes arbres dont la,conservation est iui«portante. (D. J.)^