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Tome XV. FORE - GENU
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champ en soit inFecté d’ailleurs, il doitavoir le foin de les extirper dès qti’ellesfont parvenues à une certaine grandeur.

Quand l’avoine a acquis fa parfaite ma-turité', le laboureur, après savoir fau-chée ou sciée, doit la laisser étendue furle champ, pour lui donner le tems de cequ’on appelle javulier , a u moyen de lapluie ou de la rosée. Cette préparationsert à gonfler & à affermir les grains dansleurs épis: mais s’il arrive que la pluiesoit abondante & de longue durée , en-sorte que l’on soit obligé de laitier l'avoi-ne coupée étendue dans les champs, elley germe, & souvent une partie y pour-rit. Cette altération la rend pernicieuseà la nourriture des chevaux.

Ce n’est point dans les champs que l’a-voine acquiert son dernier degré de per-fection ; elle demande encore beaucoupde soin dans le grenier. On doit la remuersouvent, non seulement pour sa conser-vation, mais encore pour fa perfection.Si l’on néglige cette manœuvre, qui doitr’cxécuter toutes les trois semaines , oudu moins tous les mois,l’avoine Fermente& s’échauftè ; ses principes se dévelop-pent, son sel volatil s’exhale cn partie ;son huile devient rance, fétide, & acide;enfin elle tombe dans une eípecede pu-tréfaction qui cause aux chevaux les mê-mes maladies que le foin corrompu: tel-les que le farci u, la maladie du feu , lagale, & quelquefois ia morve.

Quoique fous le nom Avfourrage onn’entende communément que le Foin , lapaille & l’avoiue , on en cultive cepen-dant deux autres especes, Se sainfoin &la lu Terne.

Le sainfoin ou bourgogne, est une pâ-ture qui demande un terrein chaud ,crayonneux , & sec. On doit le faucherlì-tôt qil’il est en graine ; faus quoi il dé-périt , ses feuilles tombent, il ne luireste que la tige;jpour lors les bestiaux nele mangent que difficilement, par la rai-son que cette tige devient seche, cordalle,& destituéede sucs nourriciers.Unchampsemé de sainfoin dure trois on quatre ansfans le semer de nouveau ; après ce temsil. dégénéré en pâturage qui n’est pas mê-me des meilleurs. Le sainfoin ne produitqu’une récolte par an , le regain ue sertqu’à faire paître les bestiaux ; on donnerarement du sainfoin pur aux chevaux ;iorsqu’on a le moyen de le mêler avec

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d’autres fourrages , par la raison qn’i! estune nourriture trop foible. Selon M. deTournesort, cette plante est détersive,atténuante, digestive, apéritive, su dor i-fique; qualités par conséquent très-pro-pres à la santé du cheval, & sur-tout fi encoupe cette plante avant qu’elle soit tropmure; c’eft-à dire, lì-tôt qu’elle est enfleur , tems auquel les feuilles font enco-re succulentes, pourvu qu'oii ne la donneá manger que mêlée avec du soin.

La luserne est une des meilleures nour-ritures que nous ayons pour les chevaux,& nous croyons pouvoir régaler au meil-leur foin. En vain dit-on qu’elle échauffeces animaux. On semble fondé à tenir celangage, en ce qu'clle est très appétissante& très-nourrissante, que les chevaux ènfont fort friands, & qu’eUe leur causedes indigestions, lorsqu’ils en mangentavec excès; mais c’cftà quoi l’on peut re-médier facilement, en ne leur en donnantqu’une quantité mesurée.

Si l’on avoit du terrein propre à semerde la luserne , on en tireroit lin grandproduit. Elle donne beaucoup plus queles prés ordinaires, quand on n’v suppo-serait que la premitre récolte. La lusernefournit trois coupes au moins par au : lapremiere est excellente pour les chevaux;la seconde est moins bonne, & la troi-sième n’est propre que pour les vaches.

Enfin la luserne se reproduit sans larenouvelles, huit à neuf ans; elle deman-de un terrein qui , sans être sec , ne soitni aquatique , ni marécageux. Elle pro-duit d’autant plus que le terrein est meil-leur; il y a des pays où elle rapporte qua-tre ou cinq fois par an ; on n’en recueillela graine qu’à la seconde pousse. Nouscroyons que cela dépend de ce que l’oncoupe la premiere avant que la plantesoit montée en graine. Elle engraisse leschevaux beaucoup mieux qu’auctm autrefourrage. Selon le botaniste que nousavons cité , elle est rafraîchissante, pro-pre à calmer les ardeurs du sang. Colu-melle dit qu’elle guérit les mulets de plu-sieurs maladies, & que rien n’est meil-leur pour eux, lorsqu’ils font si maigresqu’ils ont la peau collée fur les os. Quoi-que nous n’ayons point fait cette expé-rience fur les mulets , celles que nousavons faites fur les chevaux U confir-ment. Quant aux maladies que cet auteurprétend que la luserne guérit, il est à pré»