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Tome XV. FORE - GENU
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32.2 F R A

la couronfíe était inaliénable, & que leroi n’avoit pu faire cette ceffion : c'étoitPhilippe qui interrogroit la Pythie. Cetterésistance prolongeait la captivité desenfans du roi. Un autre événement po-litique accéléra le moment de leur liber-té : une ligne Formée entre le roi, le papeClément VII & tous les princes d’Italie ,fous la proteélion du roi d’Angleterre,annonça une heureuse révolution : on lanomma la ligue sainte , parce que le papeen étoit le chef. Tant de forces réuniesn’empêcherent point le connétable deBourbon de s’emparer du Miianois, dontle duc ne conserva la liberté que par lasuite. Le vainqueur précipitant sa mar-che, se présenta devant les murs de Ro-me, qui fut prise il’aflàut & saccagée.Bourbon y Fut tué, & emporta dans letombeau l’admiration de l’Europe, qui leplaignit d'avoir été Forcé par une femmeimpérieuse, à vivre & à mourir rebelle :il n’avoit que Z8 ans, & il avoit été hé-ros fans attendre le secours tardif de l’ex-périence. Le pape investi dans le châteauSaint Ange, étoit menacé d’une prochai-ne captivité ; l’arrivée de Lautrec en Ita-lie , où Gènes lui ouvrit ses portes, dé-termina les Impériaux à écouter les pro-positions que le pape leur fit pour fa dé-livrance ; & se couvrant du voile d’unemodération hypocrite , ils se retirèrentde l'état ecclésiastique.

Le roi, attendri sur le sort de ses deuxfils qui languifloient en Espagne dans lesennuis de la captivité, offrit deux mil-lions d’or pour leur rançon, & pour l’iné-xéci^tion du traité de Madrid. Cette of-fre fut rejettes , & la guerre fut conti-nuée avec une nouvelle vivacité. Lautrecmit le siégé devant Naples : les fatiguesqu’il eut â essuyer lui causerent une ma-ladie qui le conduisit au tombeau. Samort fut suivie de la défection de Doria ,le plus grand homme de mer de son tems,qui, après avoir servi la France , dont ileut à se plaindre , en devint la terreur.Le fléau des maladies détruisit l’arméeFrançoise , qui fut réduite â la honte delever le siégé, L â 1 impuissance de rienentreprendre. On combattit Foiblementdans le Miianois : Savone & Gênes quis’étoient soumises à la domination fran-çoife , Furent contraintes de rentrer fousl’obéissance de l’empereur. Les deux par-tis également épuisés pat une vicissitude

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de victoires & de défaites, terminerenìleurs différends par le traité de Cambrai.Le roi , pour s'acquïtter des engagemenspris dans fa captivité, renonça à tous sesdroits fur les comtés de Flandre & d’Ar-tois : ce fut â ces conditions que ses en-fans lui furent rendus. Le pape , dontl’empereur avoit besoin, fut traité favo-rablement; 8force fut maintenu dans ledu,hé de Milan ; la souveraineté de Flo-rence fut assurée à Alexandre de Médicis,qui avoit épousé la fille naturelle deCharles Quint. Le roi d’Angleterre eutune grande influence dans cette négocia-tion ; son zele pour les intérêts du roi luifut inspiré par la politique : il méditaitalors son divorce avec Catherine d'Ara-gon , il favoit que François premier pou-voit le favoriser dans i’exécutiuu de ceprojet.

François Sforce, rétabli dans la souve-raineté de Milan, oublia bientôt qu’il enétoit redevable à 1a France; il osa en-freindre le droit le plus sacré , en faisantdécapiter Merveille, ministre de Françoispremier, dans fa cour. Cet attentat futun signal de guerre ; le roi, dont la gloireétoit intéressée à tirer vengeance de cetteinsulte, demanda un pastâge au duc deSavoie pour pénétrer dans l’Italie ; & futle refus qu’il essuya, il mit à la tète deson armée l’arniral Brion , qui s’emparade la Savoie & des principales places duPiémont. La mort de François Sforce mitfin à cette guerre, & sit revivre les droitsdu roi fur le duché de Mi'an. Charles-Qitìnt, vainqueur de Barberousse, lui enrefusa i’investiture , & la guerre Fut ral-lumée. L’empereur enflé d’une continuitéde succès, encra dans la Provence, où ilaífiégea Marseille , qui fut Recueil de sagloire; son armée preiquedétruite devantcette ville , releva le courage des Fran-çois , & leur rendit la supériorité en Pié-mont. Les ennemis s en vengèrent fur laPicardie , où ils exercèrent beaucoup deravages ; mais ils échouèrent devant Pé-roné. Ces prospérités ne furent pas fansamertume ; le fils ainé du roi mourut em-poisonné , & le soupçon rie ce crime tom-ba fur l’empereur, qui fut ajourné à lacour des pairs : procédé irrégulier & bi-zarre envers un prince qui avoit des ar-mées à opposer à des hommes désarmés,qui avoient ('extravagance de le citer àleur tribunal. Charles-Quiut pouvoit es-