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Tome XV. FORE - GENU
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fuyer des pertes sans épuiser séa forces;il continua la guerre fur toutes ies fron-tières, & il «'adopta un système pacifiqueque par la crainte qu’il eut de farinée deSotiman ,conduite par Barberousse, avecqui le roi avoit été dans la nécessité decontracter une alliance qui le décria dansl’Europe. Le pape s’érigeant en pacifica-teur, engagea les deux monarques à serendre à Nice pour y traiter de la paix.Ils y conclurent une trêve pour dix ans ;& s'étant ensuite transportés à Avignon ,ils le jurèrent une amitié qui bientôt lesrendit tous deux parjures.

Les Gantois se plaignant du poids desimpôts & de l'extinction de leurs privilè-ges, secouèrent le joug de l’obéissance.Charles-Quint, pour étouffer ce mal dansfa naiffance , demanda un passage à Fran-çois premier par lès états , pour se rendreen Flandre. Ce prince politique oubliadans ce moment qii'uu ennemi réconciliéest un ennemi secret : mais il connoiffoittrop la franchise & la générolité de Fran-çois premier, pour 11e pas s’y livrer; il leiéduilit par la promesse de donner l’in-vestiture du Milanois à un de ses enfans,à fou choix. Ceux qui connoissoient lesartifices de Charles - Quint, vouloientque le roi, qui l’avoit en fa puissance, entirât un écrit garant de cette promesse ;mais Montmorency prétendit qu’il yavoit plus de grandeur à s’en tenir à laparole d'un prince, qn’à ses écrits. Ceparti, qui étoit le plus noble , Fut suivi,parce qu'il étoit plus conforme à la géné-rosité du roi ; mais il entraîna la disgrâcede son auteur, qui se retira à Chantillilorsqu’on eut appris que Charles-Quint,arrivé en Flandre , avoit hautement dé-claré qu’il n’avoit rien promis.

L’amiral Brion , protégé de la reine ,jouissait de la plus haute Faveur; le con-nétable & le cardinal de Lorraine, ac-coutumés à diriger les rênes de l’état,íbuffroient impatiemment qu’il entrât enpartage de l'autorité ; leurs artifices lerendirent odieux au roi, qui nomma descommissaires pour lui faire rendre comp-te de Ion administration. Quiconque estaccusé par son roi, est toujours jugé cou-pable. Brion fut dégradé, & ses biens fu-rent confisqués; mais cet arrêt inique Futcassé par le parlement, plus éclairé &plus incorruptible que des juges vendusà la faveur. Le chancelier Poyet, qui

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avoit été A la tête des commissaires, futbientôt la victime de fa vénalité : on luifit son procès; & convaincu de malver-sations, il fut ignominieusement dégradé& réduit à vieillir dans l’infamie. Sachiite fit l’alégi esse publique ; & dès qu’ilfut dans l'impuissance de faire le mal, onreconnut qu’il étoit plutôt fait pour vivredans l'agitation des intrigues , que dansl’exercice paiíibie de la législation.

Deux ambassadeurs de France furentindignement assassinés, l’un à Venise, &l'autre à Constantinople , par les émissai-res de ('empereur. Leur sang fut la se-mence d’une nouvelle guerre; le roi re-chercha i’alliance des rois du nord , & cefut la premiere qu’on contracta avec eux.Henri VIII , tantôt ennemi, tantôt allié<ie la France, fe lia avec Charles-Quint,dont il avoit beaucoup à lè plaindre. Oncombattit en même tems dans le Fou Bil-lon , le Luxembourg, te Brabant, ie Pié-mont & la Picardie , avec des succès va-riés. La victoire de Cerisolles, gagnéepar le jeune duc d’Anguicnfut suivie deta conquête du Montferrat ; mais il 11eput profiter de ses avantages ; on affaiblieson armée pour S’opposer aux progrès deCharles-Quint & de Henri VIII, quiavoientfait une irruption dans la Cham-pagne & la Picardie. Après bien des com-bats inutiles , fa paix conclue à Crépi .11efut que la confirmation du traité de Nice.La mort de Henri VIII Frappa vivementle roi : qtioiqu’il fût mort séparé de ré-gisse romaine, on lui fit un service fole us-uel à Notre-Dame. François / le suivitdeux mois après an tombeau : il mouruten 1545. Ce prince , qui n’avoit que desinclinations bienfaisantes , aima trop laguerre pour faire le bonheur de ses sujets:du milieu du tumulte des armes, il pro-tégea les sciences & ceux qui les culti-vent: ce fut à lui & à Léon X qu’on at-tribua la renaissance des lettres dansVEurope. Les Grecs, échappés de BizaH—ce , trouvèrent un asyle à sombre de l'ontrône, ou ils firent revivre la langue desSophocle & des Démostiiene. Plusieursétablisseinens, formés par fa magnificen-ce, favorisèrent les progrès du génie, &perpétuèrent l’empire des sciences & desarts, dont il avoit le goût fans en possé-der les richesses. La reconnoissance dessavans a perpétué fa gloire , & il n’estpoint de prince dont on ait autant xnul-