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Lorsque les Francs s’établirent dans lepays des premiers Velchs , que les Ro-mains appelloient tìailia , la nation setrouva composée des anciens Celtes ouGaulois subjugués par César des famillesromaines qui s’y étoient établies , desGermains qui y avoient déjà fait des émi-grations , & enfin des Francs qui se rendirent maîtres du pays fous leur chefClovis. Tantque la monarchie qui réunitla Gaule & la Germanie subsista, tousJes peuples, depuis la source du Weserjusqn’aux mers des Gaules, portèrent lenom de Francs. Mais lorsqu’en 84 Z ,au congrès de Verdun, fous Charles leChauve , la Germanie & la Gaule furentséparées, le nom de Francs resta aux peu-ples de la France occidentale, qui retintfeule le nom de France.
On ne connut guere le nom de Fran-çois , que vers le dixieme siecle. Le fondde la nation est de familles Gauloises, &le caractère des anciens Gaulois a tou-jours subsisté.
En eiset, chaque peuple s son carac-tère , comme chaque homme, & ce ca-ractère général est formé de toutes lesressemblances que la nature L I habitudeont mises entre les habitans d’un mêmepays, au milieu des variétés qui les dis-tinguent. Ainsi le caractère , le génie ,Veiprit français , résultent de tout ce queles différentes provinces de ce royaumeont entr'elles de semblable. Les peuplesdelaGuienne & ceux de la Normandiediffèrent beaucoup : cependant on recon-noiten eux le géni e français , qui formeune nation de ces différentes provin-ces , & qui les distingue an premier conp-d’ceil, des Italiens & des Allemands.Leclimat & le fol impriment évidemmentauxbommes, commeaux animaux & auxplantes , des marques qui ne changentpas ; celles qui dépendent du gouverne-ment, de la religion, de l’education ,«'altèrent : c’estlà le nœud qui expliquecomment les peuples ont perdu une par-tie de leur ancien caractère , & ont con-servé l’alitre.Un peuple qui a conquis au-trefois la moitié de la terre , n'est plusreconnoiffable aujourd’hui fous un gou-vernement sacerdotal ; mais le fond deson ancienne grandeur d’ame subsiste en-core , quoique caché sous la foibleflé.
Le gouvernement barbare des Turcs aénervé de même ies Egyptiens (k les
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Gréés , fans avoir pu détruire le fond decaractère L la trempe de l'efprit de cespeuples.
Le fond du François est tel aujourd’huique César a peint les Gaulois, prompt à seréloudre, ardent à combattre, impétueuxdans l’attaque, ke rebutant aisément. Cé-sar, Agatias , ctd’autres, dilentquedetous les barbares le Gaulois étoit le pluspoli : il est encore , dans le teins le pluscivilisé , le modele de la politesse de sesvoisins.
Les habitans de* eótes de la France fu-rent toujours propres à la marine ; sespeuples de la Guienne composèrent tou-jours la meilleure infanterie : ceux quihabitent les campagnes de Blois & deTours, ne font pas, dit le Tasse,
I .... Gente robujla , e faticofa.
La terra molle, elieta , edìlettosa,
Simili a se gli abitaior produce.
Mais comment concilier le caractèredes Parisiens de nos jours, avec celui que('empereur Julien , le premier des prin-ces & des hommes après Marc-Aurele,donne aux Parisiens de fou temps ? J'ai-nte ce peuple , dit-il dans son Misopogon,parce qu'il ejl sérieux cy severe commemoi. Ce sérieux qui semble banni aujour-d'hui d’une ville immense , devenue lecentre des plaisirs , devoir régner dansune ville alors petite, dénuée d’amuse-mens : l’efprit des Parisiens a changé encela , malgré le climat.
L’affluence du peuple, l’opulcmce ,('oisiveté , qui ne peut s’occuper que desplaisirs & des arts, & non du gouverne-ment , ont donné un nouveau tour d’es-prit à un peuple entier.
Comment expliquer encore par quelsdegrés ce peuple a passé des fureurs quile caractérisèrent du temps du roi Jean,de Charles VI, de Charles IX , de HenriIII, & de Henri IV de même à cette dou-ce facilité de mœurs que l’Europc chériten lui ? C’est que les orages du gouver-nement & ceux de la religion poussèrentla vivacité des esprits aux emportemensde la faction & du fanatisme ; & que cet-te même vivacité, qui subsistera tou-jours , n’a aujourd’hui pour objet queles agrémens de la société. Le Parisien estimpétueux dans ses plaisirs, comme ille fut autrefois dans ses fureurs. Le fondsdu caractère , qu’il tient du climat, est