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Tome XV. FORE - GENU
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trace i!u prétendu traité qui lui avoitmisles armes à la main; mais il n’en conti-nua pas moins ses projets de conquête.On vit pendant le cours de cette guerre ,ce que l'on u’avoit point encore vu , & cetju’il n’eft point à délirer que l’on voiejamais: les annales du monde ne présen-tent point d’cxemple d’un semblable évé-nement.NeuFarmées conlì.l érables paru-rent à. la fois en Allemagne 0757 .), &dans une feule campagne il s’y livra neufbatailles rangées. Nous n’entrons pointdans les détails de ces difforens combats,ni dans les autres qui se donnerent pen-dant cette guerre , l'une des plus vivesqui se soient jamais faites dans notre hé-misphère. Les généraux de Marie-Thé-rèse redonnèrent à lés armes cette supé-riorité que le roi de Paisse avoit prisedans les guerres précédentes. Daun &Loudon montrèrent à Frédéric qu’il u’étoit point invincible , & que l’on pouvoitrégaler. Une paix durable Fut enfin con-clue ( i; Février 17ÔZ ) entre le roi dePrusse, la reine & le roi de Pologne.Marie-Thérele rendit à Frédéric la ville& le comté de Glatz, que les Autrichiensavoient conquis : L Frédéric, en recon-naissance , promit, par un article secret,«le faciliter à Joseph II ia route du trôneimpérial. Ce jeune prince , qui remplitaujourd’hui ses glorieuses destinées augré unanime de ses sujets, requt le titrede roi des Romains (avril 1764) qui sedonne à l’empereur désigné. La reinevoyait fa juste ambition satisfaite: ellevenait de faire une guerre & une paixégalement glorieuses : elle se livrait auxplaisirs si doux pour une mere , de con-templer fou sils fur les degrés d’un trôneque les aïeux avoient occupé, & que pen-dant un teins on avoit cru perdu pour famaison, saut de sujets de joie s'évanoui-rent par le coup le plus amer pour uneépouse vertueuse L sensible: l’empereurson mari, fut Frappé d'apoplexie , &mourut ( août 1764 ) à Inspruk, au mi-lieu des Pêtesquisedonnoient au mariagede l’arehidoc Léopoid son fils.Ce prince,que le ciel récompensa par une nombreu-se postérité, ressembla presqu’en tout àl'auguste Marie- Thérèse. François futépoux tendre, pere sensible, souverainpopulaire; il eut la solidité des talens,avec cette qualité rare & vraiment inesti-mable de n’en point ambitionner l’éclat.

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Econome fans être avare , il remplît letrésor public, même en soulageant sespeuples épuisés. Le courage étoitenluiune vertu héréditaire, mais il fut réglercette vertu trop commune & trop vantée;il regardait les conquérans comme desbrigands, que l’idée d'une fausse gloireencense; il 11'étoit touché que du bonheurd’exercer cette bienfaisance qui s'entre-tient parmi les princes de Lorraine commeun héroïsme domestique .François ne par-couroit qu’avec horreur l’histoire de cesprinces sanguinaires , injustement quali-fiés du titre de héros , qui, pour satisfaireleur ambition , n'ont pas craint de tra-vestir en bêtes féroces des milliers d’hom-mes qu’ils ont lancés fur des millionsd’autres qui, tranquilles auprès de leursFoyers, cultivoient des vertus pacifiques.Unedouleur universelle honora fa pompefunebre, & ne fut adoucie que par lespectacle de ses enfans , héritiers de sesvertus. Quelle eût été fa joie, s’il eût puvoir une postérité fi belle occuper , c’est:peu dire , remplir les plus beaux trônesde l’Europe, où elle semble n’être mon-tée que pour donner aux autres rois le si-gnal de ces mêmes vertus ! (.1/ T ).

FRANÇOIS , ou FRANÇAIS, f. m.Hi)l. littéral. iy morale. On prononceaujourd’hui français, & quelques auteursRécrivent de méme ; ils en donnent pourraison , qu’il faut distinguer Français qu»signifie une nation , de François qui eftun nom propre, comme S. François , OUFrançois premier. Toutes les nationsadoucissent à la longue la prononciationdes mots qui font le plus en usage; c’eftce que les Grecs appelloicnte aphonie. Onpronunqoit la diphthongue oi rudement,au commencement du seizième siecle. Lacour de Franqois premier adoucit la lan-gue, comme les esprits : de là vient qu’otine dit plus François par un 0, mais Fran~gais ; qu’on dit, il aimait , il croyait , &non pas , il aimait , il croyait , &c.

Les François avoient été d'abord nom-més Francs ; & il est à remarquer quepresque toutes les nations de l’Europeaccourcilsoient les noms que nous alon-geons aujourd’hui. Les Gaulois s’appel-loient Velcbs , nom que le peuple donneencore aux François dans presque toutel’AUemagne ; & il est indubitable quelesVelchs d’Angleterre , que nous nommonsGdois, font une colonie de Gaulois.