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se raser entièrement que sons Louis XIV.Les habiliemens changèrent toujours ; &les François, an bout île chaque siécle ,pnuvoient prendre les portraits île leursaïeux pour iles portraits étrangers.
La langue Françoise ne commença àprendre quelque forme que vers le dixie-tne liecle ; elle naquit des ruines cl u latin& dû celte, mêlées de quelques mots tu-desques. Ce langage étoit d’abord le ra-mant»» rusticum, le romain rustique ; &la langue tudesque fut la langue de lacour jufqu’au tems de Charles-le-Chau-vc. Le tudesque demeura la seule languede l’Allemagne, après la grande époquedu partage en 84g. Le romain rustique, lalangue romance prévalut dans la Franceoccidentale. Le peuple du pays de Vaud,duVailais, de la vallée d’Engadíne , &quelques autres cantons , conservent en-core aujourd’hui des vestiges manifestesde cet idiome.
A la fin d 11 dixieme liecle , le françaisse Forma. On écrivit en français au com-'mencement du onzième ; mais ce fran-çais tenoit encore pins du romain rusti-que , que du français d’aujourd'hui. Leroman de Philomena , écrit au dixiemesieeie en romain rustique, n’est pas dansune langue fort différente des loix nor-mandes. On volt encore les origines cel-tes, latines, & allemandes. Les motsqui signifient les parties du corps hu-main, ou des choses d’un usage journa-lier, & qui n’ont rien de commun avec lelatinou i’allemand , font de l’ancien gau-lois ou celte ; comme tète , jambe , sa-bre , pointe , aller , parler, écouter, re-garder , aboyer , crier, coutume, ensem-ble, & plusieurs autres de cette espece.La plupart des termes de guerre étóientfrancs on allemands ; marche , maréchal,halte , bivouac , reitre , lansquenet. Pres-que tout le reste est latin ; & les mots la-tins furent tous abrégés selon Tubage &le génie des nations du nord : ainsi d epa-latiusn, palais, de lupus loup, d’uttgujle,aout, d ejunius juin , Adunélus oint, depurpura pourpre, de pretium prix , &fc.A peine relloit-il quelques vestiges de lalangue grecque , qu’on avoit si long-temsparlée à Marseille.
On commcnqa au douzième sieeie à in-troduire dans la langue quelques termesgrecs de la philosophie d’Aristote; & verste seizième on exprima par des termes
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grecs toutes les parties du corps humain,leurs maladies, leurs remedes*. deiàicsmots de cardiaque, céphalique , podagre,apoplectique, asthmatique , iliaque , cm-pieme,&. tant d’autres. Quoique la langues’enrichît alors du grec , & que depuisCharles VIII elle tirât beaucoup de se-cours de l’italien déja perfectionné, ce-pendant elle n’avoitpas pris encore unsconsistance régulière. François premierabolit Tancien usage de plaider, de juger,de contracter en latin j usage qui atteiíoitla barbarie d'une langue dont on n’oíoitse servir dans les actes publics, usage per-nicieux aux citoyens dont le fort étoitréglé dans une langue qu’ils n'enten-doient pas. On fut alors obligé de cultiverle français ; mais la langue n’étoit ni no-ble, ni régulière. La syntaxe étoit aban-donnée au caprice. Le génie de la con-versation étant tourné à la plaisanterie,la langue devint très-féconde en expres-sions burlesques & naïves, & très.ftérileen termes nobles & harmonieux : de làvient que dans les dictionnaires de rimeson trouve vingt termes convenables à la.poésie comique, pour un d’un usage plusrelevé ; & c’eft encore une raison pour la-quelle Marot 11e réussit jamais dans lestyle sérieux, & qn’Amiot ne put rendrequ’avec naïveté Télégance de Plutarque.
Le français acquit de la vigueur sousla plume de Montagne;mais il n’eut pointencore d’élévation & d’harinonie. Ron-sard gâta la langue, en transportant clansla poésie Françoise les composés grecsdont se servoíent les philosophes & lesmédecins. Malherbe répara un peu letort de Ronsard. La langue devint plusnoble & plus harmonieuse par rétablisse-ment de Tacadémie Françoise , & acquitensin dans le ficelé de Louis XIV ,>la per-fection où elle pouvoit être portée danstous les genres.
Le génie de cette langue est la clarté ScTordre : car chaque langue a son génie,& ce génie consiste dans la facilité quedonne le langage de s’exprimcr plus 011moins heureusement, d’employer ou derejetter les tours familiers aux autreslangues. Le français n’ayant point de dé-clinaisons, & étant toujours asservi auxarticles, ne peut adopter les inversionsgrecques & latines ; il oblige les mots às’arranger dans Tordre naturel des idées.Oh 11c petit [lire que d’une feule maniéré,