Band 
Tome XV. FORE - GENU
Seite
334
JPEG-Download
 

334 F R Â

Elanças a pris foin des affaires ie César 5voilà le seul arrangement qu’on puissedonner à ces paroles. Exprimez cettephrase en latin : res C asm i s Elanças dili-genter curavit ; on peut arranger ces motsde cent vingt maniérés,fans faire tort ausens & fans gêner la langue. Les ver-bes auxiliaires qui alongent & qtii éner-vent les phrases dans les langues moder-nes, rendent encore ta langue Françoisepeu propre pour le style lapidaire. Sesverbes auxiliaires , ses pronoms, ses ar-ticles , son manque de participes déclina-bles, & enfin la marche uniforme, nuisent au grand enthousiasme de la poésie:elle a moins de ressource en ce genre quel’italien & sanglois; mais cette gêne &cet esclavage meme la rendent plus pro-pre à la tragédie &à la comédie , qu’au-cune langue de l’Europe. L’ordre natu-rel , dans lequel on est obligé d’exprimerses pensées & de construire ses phrases,répand dans cette langue une douceur &une facilité qui plaît à tous les peuples ;& le génie de la nation se mêlant au gé-nie de la langue, a produit plus de livresagréablement écrits , qu’on n'en voitchez aucun autre peuple.

La liberté & la douceur de la sociétén’ayant été long - tems chnnues qu’enFrance , le langage en a reçu une délica-tesse d'exprelîion & une finesse pleine denaturel qui ne se trouvent guere ailleurs.On a quelquefois outré cette finesse; maisles gens de goût ont su toujours la ré-duire dans de justes bornes.

Plusieurs personnes ont cru que la lan-gue Françoise s’étoit appauvrie depuis letems d’Amiot & de Montagne : en effeton trouve dans ces auteurs plusieurs ex-pressions qui ne font plus tecevables ;riais ce font pour la plupart des termesfamiliers auxquels on a substitué deséquivalens. Elle s’est enrichie de quan-tité de termes nobles & énergiques; &fans parler ici de l’éloquence des choses ,elle a acquis l’éloquence des paroles.C’est dans lefiecle de Louis XIV, commeon l’a dit, que cette éloquence a eu sonplus grand éclat, & que la langue a étéfixée. Quelques changemens que le tems& le caprice lui préparent, les bons au-teurs du dix-septième & du dix-huitiemesiecle serviront toujours de modelé.

On ne devoir pas attendre que le Fran-çois dût sc distinguer dans la philosophie.

F R Á

Un gouvernement longtemps gothiqueétouffa toute lumière pendant près dedouze cents ans ; & des maîtres d’erreurs,payés pour abrutir la nature humaine,épaissirent encore lesténebresicependantaujourd’hui il y a plus de philosophiedans Paris que dans aucune ville de laterre, & peut-être que dans toutes lesvilles ensemble, excepté Londres. Cet es-prit de raison pénétré même dans lesprovinces. Enfin le génie français eftpeut-être égal aujourd’hui à celui desAnglois en philosophie, peut-être supé-rieur à tous les autres peuples depuis 80ans, dans la littérature, & le premierfans doute pour les douceurs de la socié-té, & pour cette politesse aisée, si natu-relle , qu’on appelle improprement urba-nité. Article de M. de Voltaire.

On a dejìré de trouver fous cet articleun abrégé de la grammaire françoise , aujstexaél que conçis. Ce n'étoit pas une petitetâche: mais M. l'abbéValart , un des plushabiles gi ammuiriens que nous ayons eu ,fa remplie avec tant de succès, que nousne saurions mieux faite que d'inférer iciune excellente feuille peu répandue , cy quimérite de l'èire davantage.

Le discours françois est composé deneuf sortes de mots: de l’article, dnnom , du pronom , du verbe, dn parti-cipe > de l’adverbe, de la préposition , dela conjonction & de l’interjection.

Variicle est un mot qui sert à marquerle genre & le nombre des noms : le pere ,lataere, les hommes. Les particules à Ssde, qu’on appelle articles indéfinis , estmarquent le cas.

Le nom est un mot qui sert à nommerles personnes & tes choses : homme , ani-mal , arbre , diamant.

Le nom est substantif ou adjéSlìf : lesubstantif marque une chose qui subsistepar elle-méme , Dieu, ange, homme ,femme : {'adjectif en marque la qualité,beau , bon , grand. Pour reconnoître sûre-ment si lin nom est substantisou adjectif,il Faut voir si on peut 011 li on ne peut pasajouter à son féminin le mot de chose oude personne : si on ìcpeiit, c’est un nomadjectif; sinon, c’est un substantif. Parexemple , bon est un adjectif, parce queson féminin bonne se joint fort bien avecle mot chose ou personne , & qu’on ditbien bonne chose, bonne personne: roiau contraire est un substantif , paroi