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le duo de Bretagne & le comte de Charo-lois devinrent Freres d’armes l’un de l’au-tre. M.Dlicange, dans la Dissertation surJoinviiU , a rapporté le traité de frater-nité d’armes entre Bertrand de Guesclin& Olivier de la Marche , & celui queLouis XI & Charles, dernier duc deBourgogne, firent ensemble.
On vit, à la vérité , le duc de Bourgogne violer les sermons de fa fraternitéd’armes avec le duc d’Orléans j mais c’estun exemple très - rare, auquel on peutopposer celui du duc de Bretagne, long.tems ennemi irréconciliable du connéta-ble Clilfon. La haine de ce duc fit placeaux sentimens de la fraternité, lorfqu’jlfut devenu srere d’armes du connétable.Jamais amitié ne fut plus sincere quecell* qui régna depuis entr’eux , jufqu’àla mort du duc de Bretagne. Clilfon la luicontinua encore après fa mort dans lapersonne de ses enfans j il fut toujoursleur pere.
Au reste, les fraternités militaires don-noient à des seigneurs particuliers lemoyen de faire des entreprises dignes dessouverains. Lorsque la guerre ne les re-tenoit pas au service de leur monarque ,aïs s’alfocioient pour aller purger uneprovince de brigands qui finfestoîent ;pour délivrer des nations éloignées dujoug des infidelles ; pour venger un prin-ce opprimé , & détrôner un usurpateur.Enfin, comme les meilleures choses dé-génèrent, il arriva que les fraternités4 'armes rendirent un grand nombre deseigneurs indépendans, & quelquefoisrebelles.
II arriva pareillement de là, que lesfraternités il’armes contractées par des su-jets ou des alliés de nos rois, firent naî-tre des foupqons fur la fidélité de ceuxqui avoient pris ces engagemens. Le roide France, en 1370, témoigna son mé-contentement de la conduite d'Oltrenantson allié, quiavoit accepté Tordre de laJarretière ; & Ton ne fut pas moins scan-dalisé de voir le doc d'Orléans fe lier en1399 par une fraternité d'armes & d’allian-ce avec le duc de Lancastre, qui peu aprèsdétrôna Richard roi d’Angleterre , gen-dre dn roi Charles VI. Le crédit que don-noient ces sortes de sociétés étoit en effetd’une conséquence dangereuse pour le re-pos de Tétat : on fait comment elles fini-rent dans ce royaume. (D. J.)
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FRATRICEI.LES , f. m. plur., Hi(ì.
eccléjîajl. , ce nom , qui signifie petits fre-res , (e donna à quelques religieux apos-tats & vagabonds du treizième & du qua-torzième fiecle , qui prèchoient différen-tes erreurs. Cette secte fut occasionnée,dit M. Fleury dans son huitième discoursfur l'histoire ecclésiastique, cil. 8 1 parlesdisputes Fameuses des freres mineurs oucordeliers , pour faveir quelle devoitêtre la forme de leur capuchon , & si Upropriété de ce qu’ils mangeoient leurappartenoit, ou à l’églife romaine; dis-pute fur laquelle quatre papes donnerentdes bulles contradictoires, ne fe mon-trant en cela ni infaillibles ni sages. Ni-colas III, par fa bulle , exiit quifeminatfeminare femen fuum , déclara d’après 8.Bonaventure, que la propriété de ce queles cordeliers mangeoient ne leur appar-tenoit pas, mais simplement le fenl usa-ge de fait. Jean XXII décida le contrai-re , & Tempereur Louis de Bavière , qui11e i’aimoit pas, le fit condamner pour ce-la conune hérétique, dans une efpece deconcile tenu à Rome. Ce prince fit ensui-te élire n n anti-pape fratricelle , nomméRierre de Cerbiere, qui dès qu’il fe vitpape , renonqa à la pauvreté qu’il avoitpréchée , & vendît des bénéfices, pouravoir des chevaux, des domestiques , &une table somptueuse. Mais ce pape nefit pas fortune. II y eut, d’ailleurs, quel-ques/hîíiv'cfi/ejbrúlcs comme hérétiques.Cette sottise , dit un auteur célébré,n’ayant pas fait répandre beaucoup desang, peut être mise au rang des sottisespaisibles.
Les frettricellcs s'appelloient aussi bizo-quessteggards, &c. V. IsEGGHARDS.(O)
FRATRICIDE, f. m. Jnrìfprud., qua-si fratris cades, est le crime détestableque commet celui qui tue son frere ou sasœur.
On appelle auffi fratricide celui quicommet ce crime.
Celui qui tue son frere ou sa sœur, serend indigne de leur succession ; ses en-Fans en font pareillement exclus. An-ciennement cette succession étoit confis-quée ; mais présentement elle est dévo-lue aux plus proches héritiers habiles àsuccéder.
Le frere qni est complice de I’homicidede son frere, est auffi exclus de fa suc-cession.