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Tome XV. FORE - GENU
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que plusieurs villes de Lombardieavoient formé une association pour,se-couer le joug île son obéissance. Cettenouvelle redoubla son activité, & luidonna des ailes : il passe les Alpes, prend& raie Tortose , fait pendre treize offi-ciers municipaux de Vérone, pour avoirosé lui fermer leurs portes; assiégé Mi-lan , en brûle les fanxbourgs, & va àPavie, où il se fait couronner roi desLombards. Rome étoit toujours partagéeen deux factions qui se divifoient encoreen plusieurs partis dìssérens, & l'ervoientd’alimens aux d-iscordes des villes & desfamilles. Adrien IV, voulant écraser lafaction qui lui étoit contraire , Rappelleà son secours, L va le recevoir à Sutrin.Le cérémonial introduit par Lothaire II,manqua d’êtrc un obstacle à leur union :inais Frédéric s’y soumit, dans la craintede révolter les esprits, qui croyoient lareligion intéressée à avilir les empereurs.Les Romains tremblansà son approche,lui envoient une députation nombreuse :croyant faire leur cour , ils lui disentqu’ils l’avoient fait leur citoyen U leurprince, A'étranger qu'ìl étoit. Choqué dece compliment, il leur impose silencepar cette fiere réponse : Charlemagne QfOtton vous ont conquis , je fuis votre maî-tre. Adrien Rayant sacré & couronnédans Régisse de S. Pierre le 18 ou îgjuinII5Ï , il revient en Allemagne , & ré-prime les malversations exercées pen-dant son absence. Le comte Palatin duRhin & Rarchevêque de Mayenee furentcondamnés à la peine de cynéphorie ,pour s être fait la guerre : le Palatin su-bit Rarrêt, mais Rarchevêque obtint grâ-ce. II obligea le duc de Pologne à luilivrer son itéré en otage & de payer letribut de 500 marcs d’argent, auquel sonduché étoit assujetti. L’empereur se ren-dit ensuite en Bourgogne : il possédoitcette province du chef de Béatrix deBourgogne, qn'il avoit épousée Rannéeprécédente (n$6); des légats vinrentl’y trouver & le plièrent de faire rendre,la liberté à Rarchevêque de Lunden enScanie, détenu prisonnier par ceiui deBrcmen. Le saint pere lui demandoitcette grâce , en reconnoissance de ce qu’illui avoit conféré la couronne impériale,qui étoit un bénéfice du saint fiege. L’em-pereur renvoya ces légats, qui manquè-rent d’être tués fur 1* place , pour avoir

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soutenu, conformément aux expressionsdu pape , que Rempereur étoitredevablede fa couronne au saint siégé. Adrien,suivant la politique dc 1 a cour de Rome,de céder lorsqu’elle rencontroit tropd'obstacles, renvoya d'autres lettres &Vautres légats, s’excissant fur ce que parle mot bénéfice il avoit entendu nn simplebienfait, dont on ne pouvoit tirer aucu-ne conséquence: il reconnoissoit Rindé-pendance de REmpire. Frédéric reçutcette satisfaction , mais il força le pape àsupprimer le tableau injurieux représen-tant le sacre de Lothaire II, & fit ses pré-paratifs pour passer n ne seconde fois enItalie, afin d’y affermir de plus en plusfa domination. Les Polonois menaçoientde se brouiller : il leur opposa ,1e duc deBoheme ; & pour se Rattacher , il luidonna le titre de roi, sans cependant éri-ger la Boheme en royaume. La qualitéde roi que conféroient les empereurs,étoit personnelle, L ne passoit pas auxhéritiers: c'eiì de là que Ron voit dansles commencemens , tantôt des ducs,tantôt des rois, en Pologne, en Hongrie& en Boheme. Arrivé en Lombardie ,Frédéric soumit plusieurs villes, commeMilan qu’il avoit menacée dans son pre-mier voyage , s’appliqua á la recher-che de les revenus. On prétend qu’ilsmontoient à dix-huit millions d’Alìenu-gne; somme prodigieuse pour ces tems,où Ron faisoit beaucoup avec peu d’ar-gent. II fit de nouvelles loix , & décer-na des peines contre quiconque oseroitles enfreindre : une ville étoit condam-née à cent marcs d’or, un marquis à cin-quante , un comte à quarante : cette pro-gression montre que le comte étoit au-dessous du marquis. Frédéric changea laformule du ferment qui permettait auxarriéré - vassaux de s’armer contre Rem-pereur, en faveur des vassaux directs.Les Pssans & les Génois, maîtres de laSardaigne & de la Corse , furent con-traints de lui payer mille marcs d’argent,par forme d’amende. Tant de fermetéaffectait sensiblement Adrien : ce papevoyait dans Frédéric plusieurs Charle-rnagne & plusieurs Otton : il songea àmettre des bornes à cette excessive puis-sance qui menaçait d’engloutir la Renne.Le pontife suivit la route que plusieursde ses prédécesseurs lui avoient tracée;& pow mieux réussir dans le temporel,