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Tome XV. FORE - GENU
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fiper les inquiétudes que donnoit à Au-guste la haine de ce jeune prince. II ne fecroyois point assuré du trône tant queson ennemi respiroit. Stanislas avoit re-noncé à la couronne, mais Charles pou-voit la placer fur une autre tête. Augustefe hâta de faire alliance avec la Suede : ilfut reconnu par la reine Ulrique , laissaà.Stanislas les honneurs & les titres deTOÌ,rendiiaux partisans dece prince leursbiens & leurs charges ; après la mort duprimat il décora de cette dignité l’évêquede Warmie , & lui dit: “ vous savez,, quelle puissance est attachée à cettej, place ; fervez-vous en pour le bien de„ l’état, & ne faites rien pour mes inté.„ rets, qui foi t contraire à ceux de la ré-„ publique

Malgré la soumission apparente desesprits, Auguste eut la douleur de voir larépublique refuser son suffrage an comteMaurice deSaxe , son fils naturel, éluducdeCourlandeparles états du pays.Ceprince voulut maintenir son élection park force dos armes ; & son pere, par com-plaisance pour la noblesse , fut contraintde se servir de toute son autorité contreun fils qu’il adoroit. Un nouveau sujet de«hagrin pour lui, fut la mort de JacquesHenri Flamming, le plus fideie de sesamis, ion conseil, son guide, & sonmaître. Enfin il mourut lui-même T*n1733. Digne rival de Stanislas, ce futnu prince doux , humain, fans faste dansles succès, fans bassesse dans ['adversité,«ourageux, mais peu actif, plus fait pourgouverner des états que pour les conqué-rir. Ses peuples auroient été heureuxs’il l'eût été lui-même. 11 pardonna à sesennemis , & même à Stanislas. II fitcesser les persécutions que le zele into-lérant du primat faifoit essuyer aux pro-testans. “Monsieur , dit-il ati primat, je,, fuis le pere de tous mes sujets ; Dieu„ m’a fait roi pour les protéger, & je nej, dois point distinguer les protestans,, des catholiques. Je saurai maintenirj, leurs privilèges. Ce st par notre charì-„ té qu'il faut leur prouver l'excellencej, de notre culte,,. Un voyage qu'il fitaq milieu des rigueurs de l’hiver, pourrégler des affaires d'état, accéléra famort. On voulut l’en détourner ; on luiparla du péril où il exposait fa vie. “Jefais, répondit-il, que la mort m’ar-;j te ta peut-être eu chemin; mais entre

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„ l’intérêt de mes jours & celui de Tétât,„ ja ne dois point balancer „. ( AI. deSucy. ;

Frédéric I, Hist.de Suede, roi deSuede. Après la mort de Charles XII, laprincesse Ulrique Eléonore , fa sœur, futplacée fur le tróne.Elle avoit épousé Fré-déric ,çrmce héréditaire de Hesse-Cussel.Résolue de Tassocier â sa couronne, elleassembla les états Tan 1720, moins pourles consulter fur le choix d’un roi, quepour leur ordonner d’élire son époux.Elle fut obéie; Frédéric fut couronné ;la Suede n'eut pas lieu de s'en repentir,Frédéric étoit un prince généreux parpenchant& par principe; ami de la véri-té ayant le courage de la dite & celui del’entendre.Guerrier habile & ennemi dela guerre , il avoit eu part à la gloire deCharles XII; mais >1 en avoit gémi. IIaccordait aux arts cette attention éclairéequi les dirige, & cette protection bien-faisante qui les encourage. Laborienx ,actif, son esprit ne quittoit les grands ob-jets du gouvernement que pour le repo-ser fur les détails. Avare du sang deshommes, il préférois la gloire de dicterde bonnes loixâ celle de gagner des ba-tailles. La paix conclue avec l’Augleter-re , laPrusse, la Pologne & le Dane-marck , fut son premier ouvrage. MaisPierre le Grand n’avoit point encore ou-blié tous les maux que Charles XII luiavoit faits; Pultava ne l'avoit pointassesvengé; & tandis qu'il envoyoit des am-bassadeurs à Neuliadt pour entamer lanégociation, ses généraux dévaftoientles frontières de la Suede. La conclusiondu traité coûta cher aux Suédois : il sa-lut céderau czar la Livonie, l’Ingerma-nie, Wibourg & son terrimire , la Caré-lie presqu’entiere , les isles d’Oesel, deDragoë , de Maeu. Leczar, qui aimoitmieux vuider ses trésors que de céder sesprovinces, ne restitua qu’une partie duduché de Finlande , & promit de payerau roi de Suede deux millions d’écus. Cetraité fut conclu en 1711, & dès 171a lestraces de la guerre furent prefqu’entié-rement effacées par les foins de Frédéric.Le commerce reprit fa vigueur première,la licence du soldat ne troubla plus Te—xerciee du pouvoir législatif, & l’état re-couvra son antique splendeur. Le czardemandoit le'titre de majesté impériale;le duc de Holstein Gotturp, celui d’ai-