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Tome XV. FORE - GENU
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tesse royale. Frédéric, qui savoit qne lestitres n'ajoutent & n’òtent rien à la puis-sance ou au mérite des hommes, enga-gea les états à leur accorder cet honneur.Frédéric eherchoit lui-même à rendre laSnede redoutable par des moyens plussûrs , il faifoit fortifier les villes frontiè-res , établiisoit dans les troupes une nou-velle discipline, veilloìt à Pexploitationdes mines ; il s’unissoit à la France L àl’Angleterre pour la défense commune,&raiifìuit le traité conclu à Hanover l’an1.717. La Rulsie armoit depuis quelquesannées, la Pologne murmurait ;de légè-res étincelles auroient allumé un grandincendie , file sage Frédéric n'eût, pardes négociations adroites , étouffé cestroubles dans leur naissance. Charles sonperc , prince de Hesse-Calsel, étoit mort:le roi prit possession de ses états, & for- •ma un conseil de régence, dont son frereGuillaume fut le chef. Mais afin deveiller par lui-même a„ bonheur de sespremiers sujets , Frédéric appella prèsde lui quelques ministres Hessois. Enmême tems il favorisoit rétablissementd’une compagnie pour le commerce desIndes j & pour encourager cette entre-prise , i! augmentoit sa marine , & faifoitde nouvelles levées. 11 fut tranquillespectateur des troubles de la Pologne, oùquelques partisrappelloient le roi Stanis-las , & renouvella l’aliiance de la Snedeavec la Russie dont les mouvemens luidonnoient de l'ombrage, & sembloienttendre à une rupture.Cependant un nou-veau palais , orna avec goût , mais fansfaste, s’élevoit à Stockolm , & les pinshabiles artistes aecouroient du fond dePltalie pour I’embellir.

Frédéric estimoit les François : lorsquele marquis d’Antin qui avoit passé quel-ques jours avec son escadre dans le portde Stockholm , alloit mettre à la voile ,le roi lui fit présent de son épée. „ J'es-pere, „ ilit-il, que Vous vous en fervi-jj rez potir nous si nous sommes attaqués,y, comme nous pour Louis XV, lion lui,, suscite quelque guerre,,. Frédéric con-clut en 1740 un traité d’attiance avec laPorte : fans doute pour intimider la courdeRuflìe qui paroissoit chercher à réveil-ler les anciens différends. Ce prince ai-moit mieux contenir les Russes, par unesage politique, que pat; la force de ses ar-mes. Mais la nation plus impétueuse que 1

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lu!, résolut la guerre dans une assembléedes états, tenue le îî décembre 1740.

Le roi fut donc forcé d’applaudir lui-même au cri général du peuple : il vou-lut , malgré le poids des années , prendrele commandement de ses troupes; maison s'oppnfa à cette résolution. Le comtede Lewenhaupt partit à la tête d’une ar-mée , & le pacifique Frédéric dépêchaauss»-tôt le comte de Noiken pour enta-mer une négociation qui ne réussit pas.Cependant Frédéric , occupé du bonheurde son peuple & de la splendeur de l’é-tat, faifoit creuser des canaux , applanirdes montagnes, élever des manufactures.La guerre fut malheureuse, íi les géné-raux Lewenhaupt & Budenbroek payè-rent de leur tête les fautes dont la fortu-ne étoit peut être responsable. Enfin lapaix fut conclue en 1743 ; il fallut Ta-cheter encore par des cessions considéra-bles, & la cour de Rulsie ne fit que defoi blés restitutions.

Cependant la succession à la couronneseinbloit devoir allumer dans Pintéricurde la Snede des troubles plus funeste*que ceux qu’elle avoit éprouvés fur sesfrontières. Après bien des débats on élutAdolphe Frédéric II, duc île Holstein-Eutin , évêque de Lubec ,& administra-teur du duché de Holstein-Gottorp. C’é-toit une sage précaution de désigner l’he-ritier du trône du vivant de Frédéric 1 .Celui-ci accéda à la ligue de Francfort ,Pan 1744 ; mais de peur de déplaire auxétats , il ne fit cette démarche qu’en qua-lité de landgrave de Hesse; Palliancedescours de Stockholm & de Rulsie fut res-serrée par un nouveau traité: on se pro-mit des secours mutuels si Pune des deuxpuissances étoit attaquée. Un pareil trai-té fut conclu avec la Prusse ; & les coursde Londres , de Pétersbourg , & les Pro-vinces-Unies se hâtèrent d'opposer uneligue défensive à cette alliance. Cepen-dant le roi faifoit défricher des désertsjusqu'alors incultes, attiroit dans ses état»des Juifs commerçans, & faifoit com-mencer un canal depuis Stockholm juf-qu’à Gottenbourg. Ainsi , les vaisseauxSuédois n’étoient plus obligés de s'en ga-ge r dans le Zund , dont le péage fut silongtems un sujet de guerre entre lesdeuxcouronnes de Danemarck & de Snede.Frédéric mourut Pan 1751, fans postéri-té. Dans un siécle de barbarie ce prince