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Tome XV. FORE - GENU
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expiiquer la génération des fréquentatifsdes verbes qu t ont la íeconde personne dnprésent absolu de l’indicatif en gis , com-me ago , agis lega , legis ; fugio , fugis.Priscien prétend que cette seconde per-sonne est la racine génératrice des fré-quentatifs agitare, legitare, fugitare:mais e’est abandonner gratuitement l’ana-logie de cette espece de formation, puis-que rien n’empêche de recourir encoreici au supin. Pourquoi ago Sílego n’au-roient-ils pas eu autrefois les supins agi-tum & legitum , comme fugio a encoreaujourd’hui fugitum, d’où fugitare estdérivé ? Cés supins ont dû assez naturel-lement fe syncopes. Les Latins ne don-noient à la lettre g que le fou foible de k ,comme nous le prononçons dans guerre:ainsi ils prononçoient agitum , legitum ,comme notre mot guitàrre fe prononceparmi nous: ajoutez que la voyelle iétant brevé dans la syllabe gi de ces su-pins, les Latins la prononçoient avectdfit de rapidité qu’elle échappoit dans laprononciation , &étoiten quelque fortemuette; de maniéré qu’il ne restoit qti’ng-tuin , legtuin , où la foiblèg fe change né-cessairçmrstt dans la fortes, ù eau lé du tquisnit',' & qui est'uné dònídnne forte ;f'organe né peut se prêter àjiroduiredesuite deux articulations, l'Uue foible Ll’autre forte, quoique.l’ortsiographè sem-ble quelquefois présenter le contraire.'

C’estT par ce méchanismé' q ne forbeo aaftjonrd’hiti pour supin forptum, qui n’estqu’une syncope de l’anbien supin sorbi-íum,qm a- éffectivemeht existé , puis-qû’il â‘ prédWifyìiríb'«V; , '&'c’est par uneraison toute'còntrairé qire les verbes de laquatrième conjugaison ri’ont poiht’rfesupin syncopé, & forment régulièrementleurs fréquentatifs , parce que t’i du su-pin étant long, rien n’a piií eh autoriserla suppression. ,

II faùt prendre gàrde'éb^éhdànt dedonnes deux fréquentatifs àplusieursverbes deda troisième conjugaison', qui,d’après ce que'nous venons d’expofer ,paroîtroient *Bn avoir deux: telS que ea-tttre I ficere , jacere, qui ont cantare &cantittire , facture Sifactîtare , jaciarc &jactitare. Les premiers, qui peut-êtren’étoient effectivement que fréquentatifsdans leur origine, font devenus depuisdes verbes augmentatifs , pour exprimerî’idée accessoire d’étendue ou de pléuitu-

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de que l’on veutquelquefois donnera fac-tion; & les autres en ont été tirés confor-mément à l’analogie que nous indiquonsici, pour les remplacer dans le service defréquentatifs.

11 est donc constant, nonobstant tontesles irrégularités apparentes, que tons lesvcxbes fréquentatifs font formés du supindu verbe primitif ; & cette conséquencedoit servir à réfuter encore Priscien , &après lui la méthode de P. R. qui préten-dent que les verbes <vellico íhfodico fontfréquentatifs. Outre que cette terminai-son n'a aucun rapport au supin des primi-tifs vello &.fodio , la signification de cesdérivés comporte une idée de diminutionqui ne peut convenir aux fréquentatifs ;& d’ailleurs les mêmes grammairiens re-gardent comme de vrais diminutifs, lesverbes alhico , candico , nigricó , frondi-co , qui ont une terminaison fi analogueavec ces deux-là: par quelle singulariténe seroient- ils pas placés dans la mêmeclasse, ayant tous la même terminaison& le même sens accessoire ?

îl est vrai cependant que l’idée primi-tive qu’un verbe dérivé renferme dans fasignification, y est quelquefois modifiéepar plus d’une idée accessoire ; ainsi for-billare , avaler peu à peu & à différentesreprises , a tout à la fois un sens diminu-tif & un sens fréquentatif. Donnera-t-onpour cela plusieurs dénominations diffé-rentes à ces verbes ? Non, fans doute ; ilne u Faut qu’une, mais il Faut la choisir ;& le fondement de ce choix ne peut êtreque la terminaison, parce qu’elle sertcomme dé signal pour rassembler dansune même' classe, des mots assujettis àune même marche, & qu’elle indiqued’ailleurs le principal point de vue quiadonné naissance au verbe dont il est ques-tion ; car voilà la maniéré dé procéderdans toutes leslangues: quand on y créeun mot, on lui donne scrupuleusementla livrée de l’espece à laquelle il appar-tient par sa signification iln’y feroit pasfortune , s’ifavoit à la fois contre lui lanouveauté & l’anomalie: si l’ontiouvedonc ensuite des mots qui dérogent à l’a-nalogie , c’est l’esset d’une altération in-sensible L postérieure.

Jugeons après cela si Turnebe, & Vof-fius après lui, ont eu raison de placerdormi tare dans la classe des desidératifs ,parce qu’il présente quelquefois ce feus,