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Tome XV. FORE - GENU
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des pères du Gk-fii. Grosîey, Voyage tVI-talie , tom. II. (C)

FRESQUE, f. f. Peinture. On appel-le peindre à fresque , l’opération par la-quelle on emploie des couleurs détrem-pées avec de l'eau , fur un enduit assezfrais pour en être pénétré. En italien onexprime cette façon île peindre par cesMots , dipiugirc à fresco , peindre à frais.C'eft de là que s’ett formée une dénomi-nation qui, dans ['orthographe françoi-fe, semble avoir moins de rapport avecl'opération qti’avec le mot italien dontelle est empruntée.

La théorie de l’art de la peinture étendses droits fur toutes les façons de pein-dre existantes & possibles , parce que lesréglés théoriques fontfondées fur f exa-men de la nature, qui est le but généralde toute imitation indépendante desmoyens dont elle fe sert. II ne s'agit doncici que d’exposcr d’une façon claire lesopérations nécessaires pour peindre àfresque.

Ce qui doit précéder ces opérations, estun examen raisonné de i’emlroit où l’onveut employer la fresque: il faut quel’artiste s'aísiire de la parfaite construc-tion des murailles ou des voûtes, aux-quelles il est prêt de conster ses ouvrages,puifqu’il n’y a d'espérance de conserverles beautés dont au moyen de la fresque,l’art peut embellir l’iutérieur des palaisou iles temples, qu’antantde temps quela construction des murs n’éprouvera au-cun désordre.

La solidité de la construction recon-nue , c’cst d’un premier enduit, dont 1emur doit être revêtu, que l’artiste doits’nceuper. Les matériaux qu’ou emploieétant iliffsrens , suivant les pays où l'onci istrnit, il faut faire en sorte que ceuxde ces matériaux qui seroìent par eux-n.tmes moins propres à retenir l’enduit,1e deviennent par les précautions qu’onpeut prendre. La brique n'a besoin d’au-cun sceouts pour sc joindre aussi solide-ment qu’on peut le délirer an premier en-duit: c’est aussi, de tous ses matériauxque l’on peut employer, celui qui con-vient mieux pour soutenir la fresque . Siles murs sent construits avec des pierresraboteuses & pleines de trous , on peutencore se fier à ces inégalités . du foin deretenir & de conserver 1e mélange qu’ony appliquera; mais si la bâtisse est faite

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avec des pierres de taille, dont la surfa-ce est ordinairement astéz tisse, il seranécessaire de rendre cette surface inéga-le, d’y former pour cela de petites ex-cavations , d’y faire entrer des clous oudes chevilles de bois qui puissent arrêterl’endnit & 1e joindre étroitement à lapierre. Ces précautions font d’une extrê-me conséquence pour éviter les fentes oules ardes que la moindre altération quiarriveroit aux matériaux , ou même l'ef-fet alternatif que produit la sécheresse &l’humidité, pourrait occasionner.

Le premier enduit peut être fait avecde bonne chaux & du ciment de tuilespilées : on emploie plus ordinairementdu gros fable de rivière , qu’on mêle àd’excellente chaux. Je ne doute pas quefi la fresque étoit plus en usage, on nepût trouver à composer un enduit peut-être plus compact encore, & plus indé-pendant des variations de l’air, tel q»’é-toit, par exemple, celui dont on trouverevêtus les aqueducs & anciens réser-voirs construits par ses Romains aux 'en-virons de Naples : quel soin n’apportoit-on pas à ces recherches de construction ?& que nous sommes loin de l’industiiede ces peuples fur cet article; nous, qu’unusage assez peu réfléchi conduit presquetoujours dans le choix & dans Remploides matériaux, que la nature semble nousavoir prodigués, nous, dont presquetous les bâtimens modernes portent uticaractère national d’impatience & de pré-cipitation !

Quoiqu’il soit nécessaire de dresseravec soin le premier enduit, pour que 1*surface qu’il compose conserve son à-plomb, il est à propos cependant de lelaisser assez raboteux pour que ses mor-ceaux de fable & ses inégalités qui s’ytrouveront, retiennent à leur tour laseconde préparation dont je vais parler.J'nbserveraiqu’avant de l’empioyer , lepremier enduit doit être parfaitementsec , & que l’artiste a intérêt d'éviter sur-tout de peindre lorsque la chaux de cepremier enduit n’a pas jeté toute sonhumidité, s’il veut échapper an dangerque manifeste son odeur désagréable &pernicieuse.

La première couche dont j’ai parléétant parfaitement scellée , il faut l’imbi-ber d’eau à proportion de son aridité,peur donner plus de facilité au premier