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Tome XV. FORE - GENU
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enduit de s’incorporer avec la nouvellecouche dont il Faut ie couvrir, c’estcettederniere couche qui servira de champ oude fond à la peinture à fresque. Cettenouvelle & derniere préparation, auffiimportante , niais plus délicate que l'au-tre , Fe fait en mêlant du Fable de riviered’un grain fort égal , qui ne soit ni tropgros, ni trop menu , avec de la chauxéteinte , depuis une année fi elle est forte,on tout a u moins depuis six mois fi elle est:pins douce.C’est à un maçon intelligent Lactif qu’il faut donner le foin d’étendre &d’approprìer ce crépi. 11 faut que ce ma-nœuvre soit intelligent pour prépareravec une juste proportion ce que le pein-tre peut employer de cette surface dansfa journée, & il doit être actif pour re-tendre, la nettoyer, la polir, avec lapromptitude nécessaire pour que son opé-ration laissean peintre tout le tems dontil a besoin. On sent bien cependant quecette intelligence & cette activité doiventêtre dirigées par l’artiste ménie, & régléesfur fa plus an moins grande facilité, furla nature de l’ouvrage & fut la longueurdu jour.

J’ai dit que le manœuvre doit étendreTenduit. Cette opération fe fait avec latruelle ; il doit le nettoyer, c’est - à - direôter , avec lin petit bâton ou l’ente d’unpinceau, les grains de labié les plus gros,qui rendroient la surface trop raboteuse.Ce second soin est nécessaire dans les en-droits qui font plus exposés à la vue. En-fin il faut polir cet enduit que l’on a net-toyé, & pour cela on applique une feuillede papier fur les endroits qui l’exigent,& l’on passe la truelle fur ce papier, pourapplanir ainsi les petites inégalités quinuiroient à la justesse du trait, en produi-sant de loin de fausses apparences. Lors-que cette seconde couche de sable & dechaux a été appliquée , dressée , nettoyée& polie dans l’endroit par lequel l'artistea résolu de commencer son ouvrage , il ydessine , & il y peint avec les couleurspropres an travail ; & il emploie dans lajournée ce qu’il a fait enduire , de manié-ré à n’être pas obligé d’y retoucher. C’estcette obligation île peindre au premiercoup, qui fait le caractère distinctif dela fresque. Cette nécefiìté, en ôtant desressources an peintre , le contraint à desprécautions dont je vais parler.

Au reste, si la difficulté qu’elle offre à

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surmonter , rend plus fréquentes ses né-gligences inévitables dans les grands ou-vrages , elle donne en récompense nnefranchise , une activité & une fraîcheurau pinceau des artistes, qui dédomma-gent des parties incompatibles avec cegenre de travail.

Les précautions dont j’ai promis deparler , font, i°. l’esquisse terminée de laeomposition qu’on veut peindre; 2 °. descartons’de la grandeur del’ouvragemême.Je vais reprendre ces deux articles, aprèsquoi je dirai les couleurs dont on doit seservir pour peindre à fresque, en préve-nant que sur cette partie physique descouleurs il y auroit des examens & desrecherches très-intéreffantes à Faire, quidemanderoient l’union difficile des lu-mières chymiques & de la connoissanceapprofondie de la peinture.

Ce n’est pas la premiere fois que j’aiparlé de l’avantage que les artistes doi-vent attendre d’une espece de sujétion ,qui consiste à arrêter & terminer l’esquissede la composition, qu’ils veulent exécu-ter , de maniéré à n’avoir aucun change-ment essentiel à y faire. Je ne me lasseraipoint de le répéter, c’eft le moyen de par-venir à cette unité de composition & àcet ensemble réfléchi & conséquent, quiapproche autant qu’il est possible de laperfection : cette précaution avantageusedans toutes (es faqons de peindre est in-dispensable, lorsque l’on peint à fresque.On ne peut, dans cette derniere façonde peindre, commencer par ébaucher toutson ouvrage (façon d’opérer qui est d’unegrande ressource pour ceux qui aiment àtâtonner & à composer fans esquisse ) ;on ne peut, comme je l’ai dit plus haut,commencer une partie du tableau , fansêtre obligé de la terminer dans fa journée.II faut dans ce court espace qu’on ait non-seulement achevé sa tache, mais que cetteportion de la composition soit tellementexécutée pour l’accord, que la composi-tion entiere achevée, on puisse croirequ’elle a été exécutée suivant Tissage or-dinaire , c’est-à-dire, peu à peu en com-mençant par une ébauche générale, & enpassant d’une harmonie plus foible à uneharmonie vigoureuse & pleine , telle quela nature nous Tossre. C’est ainsi , pourdonner de cette progression une imagesensible à ceux qui ne sont point artistes,c’est ainsi que le crépuscule dit matin,

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