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Tome XV. FORE - GENU
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dilatation qn’éprouve ce métal dans î’ins-tam qu’il perd sa liquidité acquise par lafusion. Toutes ces explications, qui rap-portent le phénomène dont il s’agit.à descauses particulières , différentes de l'ac-tion générale du froid , ont chacune leurprobabilité , comme nous le verrons àVarticle GlaCE. Ce qn’il est importantd’observer ici, c’est qu’elles ne donnentaucune atteinte à ridée du froid eonqucomme une moindre chaleur ; & qu’elleslaissent subsister entièrement le principeque nous avons établi, que les corps dontla chaleur diminue , se condensent deplus en plus, quand rien d'ailleurs nes’oppose à leur condensation.

Si nous considérons dans les corpsfroids faction qu’ils exercent fur nos or-ganes, nous n’aurons pas de peine a com-prendre comment un corps moins chaudque les parties de notre corps auxqnellesII est appliqué,peut, en diminuant la cha-leur de ces mêmes parties, exciter ennous la sensation de froid. Etpremjere-ment, il est clair que ('application d'untel corps doit diminuer le degré de cha-leur de nos organes, suivant ce principegénéral , que deux corps inégalementchauds étant contigus, le plus chaud desdeux communique de la chaleur à l’au-tre , & en perd lui-même.D’un autre cô-té , cette diminution de chaleur introdui-sant dans nos organes un véritable chan-gement, pourquoi la sensation de froidn’en pourroit-elle pas résulter ?

Consultons l’expérience; elle nous ap-prendra que la sensation Ac froid est rela-tive à l’état actuel del’organedu toucher;de forte qu’un corps est jugé froid, quandil est moins chaud que les parties de notrecorps, auxqnelles il est appliqué , quoi»qu’à d’autres égards le degré de fa chaleursoit considérable. C’eft par cette raisonque des caves d une certaine profondeur,qui réellement font plus chaudes en étéqu’en hiver , nous paroissent si froidesdans la premiere de ces deux faisons, &si chaudes dans la derniere. V. Cave. IIarrive souvent en été , qn’un orage suc-cédé à des chaleurs exceffives & suffocan-tes. A peine cet orage est.il passé,que l’airHtmble se rafraîchir, & que cette grandechaleur est suivie d’un froid très-inoom-mode. Nos corps sont vivement affectésde ce prompt changement; ils frisson-nent, ct l’on diroit presque qu’on eftau

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milieu de l’hiver. Cependant le thermo-! métré prouve que cet air, qui paroít si, froid, est réellement fi chaud que, s’ill’étoit à ce point en hiver,nous neserionspas en état d'en supporter fa chaleur. Eneffet si dans le tems de la plus forte ge-lée on excitoit dans une chambre un de-gré de chaleur qui, au rapport du ther-momètre, feroitle même absolument quecelui qu’a [’athmosphere au mois d’aoút ,après quelqu’un de ces orages dont onvient de parler, il n’y auroit aucun hom-me qui , sortant d’un lieu découvert, oùil auroit été exposé pendant quelque temsà un air froid , put soutenir la chaleur decette chambre fans tomber en défaillan-ce. Boerhaave , Ckem. tom. I , trait, deigné. Lés voyageurs nous disent que lesnuits de certains pays situés dans la zonetorride, sont quelquefois (i froides qu’el-les causent des engelures aux Européensmême établis depuis quelque tems dansces pays.Ces mêmes nuits fcroient jtigéesfort tempérées dans d’autres climats. V.Obferv. phyjîq. U mathém. faites aux In-des & à lu Chine, dans les anciens Mé-moires de Vacadémie , tome VII , par I I.II seroit facile de multiplier ces sortesd exemples, mais ceux-ci sont plus quesuffisons pour prouver que la sensationde froid peut être facilement conquecomme une perception confuse de l’im-preffion que Fait sur nous une moindrechaleur.

Tous les autres effets du froid s’expli-q lien t avec la même Facilité par la simplenotion d une chaleur affoiblie.Cette idéese soutient toujours parfaitement dansl’application qu’on en Fait au détail desphénomènes. Elle est d’ailleurs d’unegrande simplicité. Par ces deux raisons,elle doit être préférée. Imaginer d’au-tres systèmes,ce seroit s’écarter de la pre-mière régie de Newton, suivant laquel-le on ne doit admettre pour l’explica-tion des effets naturels, que rfes causesréellement existantes, propres à rendreraison de ces mêmes effets.

C’est en vain que l’on auroit recoursà des parties frigorifiques,dont l’exiften-ce, pour ne rien dire de plus, n’est nul-lement prouvée. On ne nie pas que cer-taines particules subtiles s’introduifanfcdans les pores d’un corps ne puissent enchasser le feu , au moins en partie ; &on conviendra de même qu’elles pour-