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Oii voit par toutes les expériencesqu’nn a faites jufqu'à présent,que les selsmêlés avec la glace , la fondent prompte-ment, & que ce n’est qu’en la fondant &en s’y dissolvant eux-mémes, qu’ils larendent plus froide. Tout ce qui accélérécette fusion réciproque de la glace & dessels, doit hâter le refroidissement: aucontraire, quand par un moyen dont nousparlerons bientôt, on empêche cette fu-sion, nulle nouvelle production dv froid.
Deux parties de sel marin mêlées avectrois parties de glace pilée , font descen-dre dans les jours les plus chauds, la li-queur du thermomètre de M. de Réau-inur à quinze degrés au-dessous de lacongélation. Le sel ammoniac un peumoins actif à cet égard,ne donne à la gla- ,ce que treize degrés de/roni.L’efficacitédu salpêtre raffiné,ou de la troisième cui-te, est beaucoup moindre; 1 e froid qui enrésulte, n’eft que de trois degrés & demi.Le salpêtre de la premiers cuite,qui con-tient beaucoup de sel marin, fait descen-dre le thermomètre de onze degrés. IIfuit évidemment de là , qu’on s’est trom-pé pendant leng-temps.quand on a regar-dé le salpêtre comme le sel le plus pro-pre aux congélations artificielles. Le selmarin fait plus d’effet ; cependant il netient pas ici le premier rang , puisque lefroid qu’il produit est inférieur de deuxdegrés à celui que donne le sel gemme ;& de deux degrés & demi au froid qu’onfait naître avec de la potasse qui est un selalkali. Tout ceci est constant par les ex-périences de M. de Réaumur. l'oyez iemémoire de cet académicien fur les con-gélations artificielles, dans le Recueil del'académie des sciences pour Vannée 1734.
3°. Les esprits de sel & de nitre possè-dent à un plus haut degré que les selsconcrets, la vertu de produire le froid.De t’esprit de nitre qu’on aura eu soin derefroidir jusqu’au point de la congéla-tion du thermomètre , étant versé sur de]a glace pilée , dont le poids soit environdouble du sien , on verra bientôt le ther-momètre descendre avec vitesse jusqu’àdix-neuf degrés. On produira un degréde froid plus considérable , si avant quede verser l’esprit dc nitre sur la glace pi-lée , on a fait prendre à ceS deux matiè-res un froid beaucoup plus grand que ce-lui de la congélation, en les environnantséparément l'uae & l’autre de glace, mê-
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lée avec d’nutre esprit de nitre. On a parcette préparation un esprit de nitre déjàtrès-froid, qui versé sur de la glace ex-trêmement refroidie , fera descendre lethermomètre à vingt-cinq degrés. En re-froidissant davantage par cette mêmevoie l’esprit de nitre & la glace, nunsaurons de plus grands degrés de froid.De cette manière M.Fahrenheit a poussé1 e froid artificiel jusqu’à quarante degrésau-dessous du zéro de fa division , ou cequi revient au même,au trente-deuxiemedegré des thermomètres de M. de Réau-mur. Voyez le détail curieux de l’expé-rience de M. Fahrenheit, dans la Cbymiede Boerhaave, expér. 4, corott. 4.
II est possible, en pratiquant c tte mê-me méthode, d’augmenter beaucoup lefroid qui résulte du mélange de la glace& d’un sel concret, qNoiqu’on ne puissejamais rendre ce dernier froid égal à ce-lui que l’on obtient en employant des es-prits acides. Si, par exemple , avant demêler la glace & le sel marin , on a faitprendre à chacune de ces deux matièresquatorze degrés de froid, on pourra fai-re naître un froid, de dix sept degrés &demi, qu’il fera facile de pousser ensuitejusqu’à vingt-deux degrés, en suivanttoujours le même procédé , pourvu néan-moins qu'après avoir mis ensemble laglace & le sel déjà refroidis, on verse surce mélange de seau chargée dc sel marin,& froide de huit à neuf degrés : fans cela,comme M. de Réaumur l’a éprouvé , lesel & la glace ne se fondant point sunl’autre , il n’y auroit aucun nouveaufroid ; c’est qu’un froid de douze à qua-torze degrés a congelé l’humidité néces-saire à ces deux substances, pour s’enta-mer réciproquement. Cette maniéré dedessécher le sel & la glace en les refroi-dissant, est le moyen que nous avonsannoncé plus haut de mettre obstacle àleur fusion , & d'ein pécher par-là laproduction d’un nouveau froid.
Quoique le sel marin soit fort supé-rieur au salpêtre par rapporta l’effet dontil s’agit, l’esprit de sel est cependant uupeu inférieur à l’esprit de nitre. Eût-ot»deviné cette bisarrerie apparente ? Maisce qui paroítra plus singulier, c’est lefroid causé pat une liqueur ardente & in-flammable , comme l’esprit de vin: cefroid n’est inférieur que d'environ deuxdegrés à celui que produit l’esprit d*