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Tome XV. FORE - GENU
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ci, on faisoit vivement sentir l’éperon.C’est ainsi que !e célébré duc de New-castle s’explique lui-même, en parlantde la méthode qu’ii a suivie à cet égard ;St lorsque le cheval fuyait les talons auffifacilement à une main qu’à l'autre , il letravailloit éloigné de ce même mur vis-à-vis duquelil l’avoit commencé.

Quelques écuyers, ainsi queqnelques-uns de ceux qui ont paru de nos jours ,ont encore ajouté à ces aides & à ce châ-timent > pour vaincre avec plus de suc-cès l’impatience de l’animal; les uns ontemployé le secours d’un homme à pied ,muni d’uns chambrière ou même d’unnerf de bœuf, & préparé pour préparerfans pitié fur le flanc répondant à la mu-raille , à l’eíFet d’en détacher la croupe ,& de le maintenir fur le dedans ; les au-tres se sont saisis d’une gaule dans cha-que main ; ils en attaquaient l’épaule ,asin de la déterminer & de la mouvoirfur la main à laquelle ils travailloient; &IÌ les hanches demeuraient, ils adref-soient leurs coups fur les flancs, fans né-gliger i'approehe du talon , tandis qu’unhomme pareillement à pied & placé ducôté opposé à celui où ils tendaient,dirigeoit ceux de la gaule dont il étoitpourvu, sur la poitrine à l’endroit dessangles, quand l’épaule n’obéissuit pas,Lfur les Fesses, quand le derriere étoit re-belle.

11 en est qui ont tenté de réussir parune autre voie : ceux-ci ne se donnoientpas la peine de monter le cheval pour l’e-xercer ; ils le rangeaient la tête an mur,un homme de chaque côté tenant unelonge d » caveçon, laquelle avoit deuxou trois aunes de longueur. Celui qui setrouvait sur la main où il étoit questiond’aller, tiroit fortement â lui la tête del’aiiimal; & dans l’instant que l’épauleportée , par exemple , à droite , la crou-pe se disposoit à fuir à gauche, l’écuyerqui suivoit attentivement, s’opposoitaumouvement de cette partie ; il la déter-minait dans le feus du devant, par lemoyen du châtiment , L l’empêchoitd’échapper.

D’autres ensin , & de ce nombre fontPluvinel & la Noue, ont préféré la leqondu cercle à celle de la muraille. Dans lecentre de ce cercle,étoit un pilier auquelils attachaient l’anima!, la tète en étantplus ou moins éloignée : le cavalier l’ai-

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doit tant. de la main & de la gaule, que.de la jambe & du talon. II ì’arrétoitdetems en tems, & lui demandait ensuitequelques pas semblables au premier; ille reprenait fur l'autre jambe , & cher-chait à lui en Faire entendre le tems,l’aide , & l’avertissement : après quoi,pour le confirmer dans l’habitude qu’illui avoit donnée par ce moyen , il le p ra-menait en liberté fur un autre cercle,qu’il lui faisoit d’abord reconnaître fansle contraindre. Ce cercle suffisammentreconnu, le cavalier faisoit insensible-ment effort de 1s jambe & du talon , & ilaidait de la gaule, à l’effet de mettre lecheval de côté ; le devant étant toujoursun peu plus avancé fur la circonférencede la volte, que le derriere ;& le cercletracé, il l’arrétoit pour le remettre lurl’autre main ; enfin il parvenait à le tra-vailler de fuite à l’une & à l’autre.

Quelle que puisse être la réputation deceux qui ont adopté ces diverses métho-des, j'oserai en proposer un autre, per-suadé que l’autorité des plus grands nomsest un vain titre contre la raison & l’ex-pérïence. .

A en juger par les efforts & par les pré-cautions des maîtres dont j’ai parlé , ondevrait envisager faction dont il s’agit,comme une de celles qui coûtent le plusà l’animal: la difficulté qu’il a de s’y sou-mettre, le sentiment désagréable qu’elleparaît lui faire éprouver,semblent en of-frir les plus fortes preuves. Nous con-viendrons que , quoique la nature aitconstruit & combiné ses ressorts de ma-niéré à lui en permettre ['exécution, lemouvement qui opéré en-avant le trans-port de son corps, lui est infiniment plusFacile que celui qui les porte & le meutentièrement de côté : mais cette observa-tion & cet aveu ne peuvent que confirmerde plus en plus dans la persuasion où l’ondoit être de la nécessité de profiter des res-sources de l’art & des secours de l’habi»tude, pour favoriser L pour perfection-ner des déterminations primitives. II elfeune gradation dans le développement desmembres, comme il en est une dans leuraccroissement ; c’est dans la science decette gradation que résident les principesd’une faine théorie. II ne suffit pas en ef-fet de connaître ce que l’animal peut, ilfaut encore discerner les voies les uluspropres à assouplir insensiblement les fi-