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Tome XV. FORE - GENU
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peuples d’Afie , d’Afrique’& d’Améri-que ; il semble que la nature a par-toutinspiré aux hommes ce dernier devoirenvers leurs semblables qui leur fontenlevés par la mort j & la religion, toitVraie , soit fausse , a consacré cet usage.

Funérailles des Arabes. Dès que .quelqu’un a rendu les derniers soupirs jchez les Arabes, on lave le corps avec jdécence : on le coud dans un morceau detoile s’il s’en trouve dans la maison , oudans quelques guenilles s’il est pauvre;on le met fur un brancard composé dedeux morceaux de bois avec quelquestraverses d’osier, & quatre ou six hom-mes le portent où il doit être enterré.Lotnmeces peuples changent souvent decamp , ils n’ont point de cimetières fixes.Ils choisissent toujours un lieu élevé &écarté du camp; ils y font une Fosse pro-fonde , où ils mettent le corps, la têtedu côté de l’orient, le couvrent de terre ,& mettent dessus de grosses pierres , afind’empêcher les bêtes sauvages de venirlc déterrer St le dévorer. Ceux qui por-tent le corps à la sépulture & ceux quiRaccompagnent , chantent des prièrespour le défunt, & des louanges de Dieu.

Dans ces occasions les hommes ne pleu-rent point, ce qu’on regarde comme unepreuve de leur courage & de leur ferme-té. Mais en récompense, les femmess’acquittent très-bien de cette fonction.Les parentes du défunt crient, s’égrati-gnent le visage & les bras, s’arracbentles cheveux, & ne font couvertes qued’un vêtement déchiré, avec un voilebleu & sale ; toutes marques de douleurextraordinaire , vraie ou apparente.

Les cérémonies des funérailles qui nefont pas langues étant achevées, on re-vient an camp. Tous ceux qui y ont assis-té trouvent un repas préparé, & man-gent dans une tente ; les femmes dansune autre. Les hommes à leur ordinairegardent la gravité, les femmes essuientleurs larmes ; les uns & les autres seconsolent; on fait à la famille des coin-plimens de condoléance qui font fortcourts, puisqu’ilsne consistent qu’en cesdeux mots kalherna aandek , c’est-à-dire,je prends part â votre ajfliclian : & eu cesdeux autres, fêla met erask, qui signi-fient , Dieu conserve votre tète. Aprèsquoi les parens du défunt font le partagede ses biens entre ses «isatis. Métrs, du

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chevalier d’Arvieux , tome III.

Funérailles des Turcs. En Tur-quie , lortqu’une personne est morte , onmet ion corps au milieu de la chambre ,& l’on répete tristement ces motsàl’en-tour , fubumia allub , c’est-à-dire, 6 Dieumiséricordieux , ayez pitié de nous. 0nle lave ensuite avec de l'cau chaude &du savon ; & après avoir brûlé assez d’cn-cens pour chasser le diable & les antresesprits malins qu’on suppose roder au-tour de lui , on i’enveloppe dans un suai-re fan* couture, afin , dit-oh , que dansl outre monde il puisse se mettre à genouxlorfqu’il subira son jugement; tout celaest accompagné de lamentations, où lesfemmes ont la principale part.

Autrefois on exposoit le mort sur unetable, comme dans un lit de parade, ornéde ses plus beaux habits, & de diversesfleurs de la saison ; après quoi on le por-toit fur des brancards hors de la ville,dans un lieu destiné a la sépulture desmorts. Aujourd’hui l’on se contente de lemettre dans une bierre , couverte d u»poêle convenable à fa profeflion , furlequel on répand des fleurs, pour mar-quer son innocence. La loi défend à quique ce soit de garder un corps mort au-delà d T un jour, & de le porter plus loind'une lieue. II n’y a que le corps dugrand-seigneur défunt qui en soit excep-té.

Les Turcs font persuadés qu’au mo-ment que Rame quitte le corps , les angesla conduisent au lieu où il doit être in-humé, & l’y retiennent pendant quarantejours dans i’attente de ce corps : ce quiles engage à le transporter an plus viteau lieu de la sépulture, afin de ne pasfaire languir Rame. Quelques-uns pré-tendent que les femmes & filles n’astís-tent point au convoi, mais demeurent àla maison pour préparer à manger auximans, qui après avoir mis le corps dansle tombeau, reviennent pour faire bonnecherc , & recevoir dix afpres qui fontleur rétribution ordinaire.

Auflì-tôt que le deuil est fini autourdu mort & qu’on Ra enseveli, on le portesur les épaules au lieu destiné à la sépul-ture , soit dans les cimetières situés horsdes villes, s’il est pauvre, soit aux cime-tières des mosquées, à Rentrée (lesquel-les on le porte s’il est riche, & à Rentréedesqnelïes les imans font des prières qts á