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Tome XV. FORE - GENU
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»e consistent qu’en quelques complaintes& dans le récit de certains vers lugubresqui font répétés mot pour mot par ceuxqui accompagnent le convoi, & qui sui-vent couverts d'une piece de drap grisou de Feutre pendante devant & der-rière.

Arrivés au tombeau, les Turcs tirentle mort d u cercueil, & le descendent dansla Folle avec quelques sentences de l’al-«oran. On ne jette point la terre immé-diatement fur le corps, de peur que fapesanteur ne l’incommode : pour luidonner un peu d’air, on pose de longuespierres en travers, qui forment une el-pece de voûte sur le cadavre, ensortequ'il y est enfermé comme dans un coffre.Les cris & les lamentations des femmescessent auffi-tôt après l’inhumation. Unemere peut pleurer son fils jusqu'à troisfois; au-delà elle peche contre la loi.

Les funérailles d n sultan font accompa-gnées d’une majesté lugubre. On mene«n main tous ses chevaux avec les sellesrenversées, couverts de housses de ve-lours noirs traînantes julqu’à terre.Tous ses officiers, tant ceux du serrailque ceux de la garde, solaks, janissairesfc autres, y marchent en leur rang. Les«tutaféracas précédent immédiatement lecorps, armes d'une lance, au bout de la-quelle est le turban de l’empereur défunt,& portant une queue de cheval. Les ar-mes du prince & ses étendards traînentpar terre. La forme du cercueil est celled’un chariot d'armes; il est couvert d’unriche poele fur lequel est posé lin turban ;& lorsque son corps est une fois déposédans le tombeau, un iman gagé pour ylire l’alcoran, a foin de le couvrir tousles jours, fur-tout le vendredi, de tapisde drap , fur lesquels il place ce que lefeu empereur avoir coutume de porter deson vivant , comme son turban ,

Guer , Mœurs & ufag. des Turcs, tom. I.

(b) ,

Funérailles des Chinois. Ils laventrarement leurs morts ; mais ils revêtentle défunt de ses plus beaux habits, & lecouvrent des marques de fa dignité; en-suite ils le mettent dans le cercueil qu’onlui a acheté , ou qu’il s’étoit fait cons-truire pendant sa vie ; car ils ont grandsoin de s’en pourvoir long-tems avantl que d’en avoir besoin. C’est auffi une des| plus sérieuses «Aires de leur vie, que

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de troilver un endroit qui leur soit com-mode après leur mort. II y a des cher-cheurs de sépulture de profession : ilscourent les montagnes ; & lorsqu'ils ontdécouvert un lieu où il régné un veutfrais & sain, ils viennent promptementen donner avis aux gens riches, qui ac-cordent quelquefois à leurs foins une ré-compense excessive.

Les cercueils des personnes aisées fontfaits de grosses planches épaisses d’undemi pied & davantage; ils font si bienenduits en-dedans de poix & de bitume,& li bien vernissés en-dehors, qu’ils u ex-halent aucune mauvaise odeur : on envoit qui sont ciselés décimalement , &couverts de dorure. I! y a des gens richesqui emploient jusqu’à mille écus pouravoir un cercueil de bois précieux, ornéde quantité de figures.

Avant que de placer le corps dans labierre , on répand au fond un peu dechaud ; & quand le corps y est placé, ony met ou un couffin , 011 beaucoup decoton , afin que la tête soit solidementappuyée, L ne remue pas aisément. Onmet auffi du coton ou autres choses sem-blables, dans tous les endroits vuides,pour le maintenir dans la situation où ila été mis.

I! est défendu aux Chinois d’enterrerleurs morts dans l’enceinte des villes &dans les lieux qu’on habite ; mais il leurest permis de les conserver dans leursmaisons , enfermés dans des cercueils ; ilsles gardent plusieurs mois & méme plu-sieurs années comme en dépôt,fans qu’au-cun magistrat puisse les obliger de lesinhumer. Un fils vivroit fans honneur,fur-tout dans fa famille, s’il ne faifoitpasconduire le corps de fan pere a u tom-beau de ses ancêtres, & on refuseroit deplacer son nom dans la salle où on leshonore. Quand on 1 « transporte d’uneprovince à une autre , il n’eft pas permis,fans un ordre de l’empereur, de les faireentrer dans les villes, ou de les Faire pas-ser au travers ; mais on les conduit au-tour des murailles.

La cérémonie solemnelle que les Chi-nois rendent aux défunts, dure ordinai-rement sept jours , à moins que quelquesraisons essentielles n’obligent de se con-tenter de trois jours. Pendant que le cer-cueil est ouvert, tous les patens L lesamis, qu’on a eu foin d’invitcr, vien»