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Tome XV. FORE - GENU
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nent rendre leurs devoirs an défunt; lespins proches parens relient méme dansla maison. Le cercueil est exposé dans laprincipale salle , qii’on a parée d’étofsesblanches qui font souvent entre - mêléesde pieces de foie noire on violette, &d'autres ornemens de deuil. On met unetable devant le cercueil. L’on place lurcelte table Limage dn défunt, ou bien uncartouche qui est accompagné de chaquecôté, de fleurs , de parfums & de bougiesallumées.

Ceux qui viennent Faire leurs compli-mens de condoléance, saluent le défuntà la maniéré du pays. Ceux qui étoientamis particuliers accompagnent ces céré-monies de gémiflemens & de pleurs ,qui se font entendre quelquefois de fortloin.

Tandis qu’ils s’acquittení de ces de-voirs, le fils aine, accompagné de lesfreres, fort de derrière le rideau qui estâ côté du cercueil, fe traînant à terreavec un visage fur lequel est peinte ladouleur , & fondant en larmes, dans unmorne & profond silence ; ils rendent lesaint avec la même cérémonie, qu’on apratiquée devant le cercueil : le mémerideau cache les femmes, qui pouffentà diverses reprises les cris les plus lu-gubres.

Quand on a achevé la cérémonie, on feleve ; un parent éloigné du défunt, ou unami, étant en deuil, fait les honneurs ;& comme il a été vous recevoir à la por-te, il vous conduit dans un appartementoù l’on vous présente du thé , & quelque-fois des fruits secs , & semblables ra-fraîchissemens : après quoi il vous accom-pagne jufquà votre chaise.

Loríqu’on a fixé le jour dés obsèques ,on en donne avis à tous tes parens &amis du défunt, qui ne manquent pas defe rendre au jour marqué. La marche duconvoi commence par ceux qui portentdifférentes statues de carton, lesquellesreprésentent des esclaves, des tigres, deslions, des chevaux , fp’e. Diverses trou-pes suivent & marchent deux à deux ; les’ uns portent des étendards, des banderol-les , ou des cassolettes remplies de par-fums : plusieurs jouent des airs lugubresfur divers instrumens de musique.

II y a des endroits où le tableau du dé-funt est élevé au-deflùs de tout le reste;en y volt écrits en gros caractères d’or

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son nom & fa dignité. Le cercueil parortensuite , couvert d’un dais en forme d»dôme, qui est entièrement d'étoffe de foieviolette, avec des houppes de foie blan-che aux quatre coins, qui font brodées &très-proprement entrelacées de cordon'!.La machine dont nous parlons, & furlaquelle on a posé le cercueil, est portéepar soixante quatre personnes ; ceux quine font point en état d’en faire la dépense,fe servent d’une machine qui n’exige pasun si grand nombre de porteurs. Le filsaine, à la tête des autres enfans & deípetits.fils , fuit à pied , couvert d’un sacde chanvre, appuyé fur un bâton,le corpstout courbé, L comme accablé feus lepoids de fa douleur.

On voit ensuite les parens & les amistons vêtus de deuil, & un grand nombrede chaises couvertes d’étoffe blanche , oùfont les filles, les femmes & les esclavesdu défunt, qui font retentir l’air de leurscris.

Quand on est arrivé au lieu de la sépul-ture, on voit à quelque distance de latombe, des tahlesrangées dans des salles,qu’on a fait élever exprès tandis que lescérémonies accoutumées fe pratiquent ,les domestiques y préparent un repas,qui sert ensuite à régaler tonte la compa-gnie.

QuelqueFois après le repas , les parens& les amis fe prosternent de nouveau ,en frappant la terre du front devant letombeau. Le fils aîné & les autres enfansrépondent à leurs honnêtetés par quel-ques lignes extérieurs , mais dans un pro-fond silence. S’il s’agit d’un grand sei-gneur, il y a plusieurs appartemens à fasépulture; & après qu’on y a porté lecercueil, un grand nombre de parens ydemeurent un & même deux mois, poury renouveller tous les jours avec les en-fans du défunt les marques de leur dou-leur. (D. J.)

Funérailles des sauvages i'Amí-rique. “ Parmi les peuples d’Amérique,dit le P. de Charlevoix , li tôt qu’un ma-lade a rendu les derniers soupirs , toutretentit de gémiflemens , & cela dursautant que la famille est en état de four-nir à la dépense ; car il faut tenir tableouverte pendant tout ce tems-là. Le ca-davre paré de fa plus belle robe , le visagepeint, ses armes & tout ce qu’il possédoisà côté de lui, est exposé à la porte de la

cabane,