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Frappant même du bout sur le plancher,elle ne tombe point; tuais cet effet n’alien que lorsque le dé est braie fur le bou-ton de ia cubiste : il n’en est pas de mêmelorsqu’tl est adhérent anx parois du ca-non ou qu’iiest pratiqué par le rétrécis-sement du tonnerre , quelques coups deciels donnés fur le canon luffilant alorspour détacher îa balle & la faire tomber ;ce qui arrive cependant moins aisémentau fiijïl i\cs dragons de M. de Saxe , & cequi joint a leur simplicité, les rendroitpréférables nux deux autres. On pent ti-rer avec ces sortes de fttfils plus île 80coups lans être obligé de se l'ervir de ba-guette , ni de les nettoyer. Mais cesavantages sont balancés par de grands in-convéniens.
Lorsque le dé est braie sur le boutonde la culasse avec laquelle il doit entrer& sortir, pour que son adhérence au ca-non soit parfaite , il exige dans tous sespoints une très - grande précision , donttous les ouvriers ne sont pas capables.La balle une Fois engagée , !i la charge neprend pas , l’ui-toutau bout d’un certainnombre de coups, il faut déculasser lefttjtl. La crasse & la rouille qui se gîtententre les parois du dé & celles du canon,le resserrent à la longue, de maniéré quela balle n’y tient plus. II arrive entìn,que lorfqu’il faut déculasser le canonpour cn tirer la balle, ou le nettoyer, íacrasse amassée par soixante ou quatre-vingts coups, colle le dé au canon, demaniéré qu’on a grande peine à réussirfans fausser ou casser quelque chose.
Les inconvénients qu’on vient de voirpar rapport au dé braie sur ia culasse, nesont rien en comparaison de ceux qn’onva citer, leíquels sont communs aux deuxmaniérés de pratiquer le dé: ce font au-tant de faits confirmés par l’expérience ,qui doivent faire proscrire pour toujoursde telles inventions.
II est certain que la balle enchâsséedans le dé & serrée sur la poudre, quiflotte ensuite dans un tube plus large,change de direction & perd de fa portée.
La crasse, qui à mesure que l’on tire,s’amasse dans le dé, en diminue la capa-cité, & la poudre ne pouvant plus y tenirtoute , gagne insensiblement la place dela balle , laquelle n’étant plus ferrée à lafin de si; chiite , diminue de vitesse dansl’cxploiion, & perd de fa portée à pro-
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portion que l’on approche du nombre decoups qu’on peut tirer fans nettoyer lefusil.
Les inconveniens qui naissent de laforme de la cartouche dans la maniéré decharger le fujìl, & de la vitesse du tir,ne sont pas moins réels que ceux qu’onvient d’expufer.
Deux cylindres de carton, de diamè-tres différens, adaptés soin à l’autre &séparés par un diaphragme , forment lacartouche: celui qui a le plus petit dia-mètre contient la poudre & est couvertd’nn bouchon de liege ; la balle est dansFaun e , qui est fermé avec du cuir ou dela peau.
L’expérience nous apprend que dèsque le soldat a fait fa premiers décharge,il devient très-difficile de le faire tireravec ordre; il fe livre à son ardeur, &tire tant qu’il a de cartouches, fans qu’onpuisse Farrêter. Si on lui dorme icfujìlò,dé, qu’il ne fauroit charger fans une fortsd’ndresse & d’attention,quelques-uns desplus fermes & des mieux exercés pour-ront s’en iervir utilement ; mais le plusgrand nombre , qui est le plus à considé-rer , fur-tout après une ou deux cam-pagnes, 11e fera pas de même : les unsgênés ou coudoyés , soit de pied ferme ,soit en marchant, répandront infaillible-ment une partie de la poudre en la vou-lant verser dans le canon ; le vent pourraauiïi en emporter. D’autres y introdui-ront Ia balle la premiers, & pour peuque le fusil soit crasseux , elle n’en sor-tira qne difficilement. Pour que la balles’enchâsse dans le dé de tout Ion poids,augmenté à la fin de fa chute , il est né-cessaire qu’elle y tombe verticalement :l’agitation & le mouvement qui règnentdans un corps qui combat, même la cha-leur d u canon au bout d’tin certain nom-bre de coups, ne laisseront que très- rare-ment au soldat la facilité de tenir {on fu-jìl dans une position convenable à cet ef-fet. De tout cela il résulte manifestementune différence dans les portées des coupsfaibles, & l’iniuilité de beaucoup àtfu-sils , ce qui donnera évidemment la supé-riorité d u feu à Fennemi qui aura con-servé lefujilà baguette.
11 faut encore observer qu’à la longuela chaleur du eanon occasionne des frac-tures & des changemens nuisibles dansla monture iufnjìl , qu’elle l'e communi-Nn 3