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Tome XV. FORE - GENU
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ment pas ; car tous les militaires qui ontécrit fur la tactique, depuis ce célébrémaréchal, excepté deux ou trois , ont ré-pété à peu près la mëme choie : d’ailk’tirsc’est aujourd'hui un sentiment si général,qu’il est inutile de chercher à l’appuyer.On se contentera de rapporter quelquesexemples pour faire voir qu’il n'est pastout-a-fait lans fondement.

A la bataille de Calliinu,les Impériaux,àl.a faveur de leur feu, forcèrent deuxfois le pont dn Kitorto. Folard qui étoità cette affaire, & de qui nous en avonsline relation très-curieule & très-instruc-tive , dit 1,4 que le feu des ennemis étoitfi vif & si violent, qu’ii ne s’elt jamaisrien vu de pareil. „

Le régiment de Royai-Baviere, à San-dershauíèn , fit une 1Î furieuse déchargeà la cavalerie .cpnemie qui venoit pour lecharger, qu’clle en fut ou ne peut pasplus maltraitée, & ne reparut pas detoute Faction.

Après la défaite dit comte de Stirum àHochstet, k régiment de la Ferronnayeattaqua les bataillons de l’arriere-garde ,& en rompit les derniers rangs; mais lefeu prodigieux des autres arrêta les pro-grès de cette charge; & J’artillerie, quoi-que servie avec autant de promptitudeque de vivacité, n’empëcha pas que cesbataillons ne fissent plus de deux lieues& demie fans le rompre : cependant lacavalerie les côtoyoit toujours, & ga-gnoit même le devant. La retraite ducomte de Staremberg après la bataille deVilla-Vicìofa, la colonne des Angiois àFontenoi, font encore des exemples re-marquables de la défense que peut faireun corps d’infanterie à la faveur de sonfeu. Voyons maintenant les effets de labaïonnette.

On a vu dans la plaine de Spire le régi-ment de Navarre & celui du Roi, chargerla baïonnette au bout àufujîi, pénétrant& renversant tout ce qui oioit fe pré ten-ter à leur passage, fans voir latin ni lefond des corps qui fe lhccédoient. A Al-manza, la brigade du Maine attaqua l’in-fanterie ennemie de la même maniéré,après en avoir essuyé le feu lans tirer, &en fit un grand carnage. L’infanterie duduc de Vendôme , à Calçinato , fit plus ;elle renversa toute celle des ennemis, &«ne partie de leur cavalerie. Mais fi cesfortes de faits font allez fréquens depuis

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qu’nn se fert du fusil avee sa baïonnette ,’il faut aussi convenir qn’ils font bienplus fesser de la valeur & de l’impétuo-lìté des François, que de la confiance quele foldata dans son arme , qui doit être lamême chez nos ennemis ; & que ce genrede combat, qui convient íi fort à notrenation , ne lui a pas toujours réussi. Oavoudroit bien pouvoir citer quelqu’oc-cafion où un corps d’infanterie ait empê-ché , avec la baïonnette au boutdu/«/« 7 ,un corps de cavalerie de renfoncer , &assez souvent de le battre ; mais cesexemples , s’il en existe , sont bien rates,ou bien ils nous ont échappé. La fermetédes Angiois à Fontenoi & n Minden , ci-tée parles partisans du fusil, ne soumitleur être favorable : ceux qui ont vu cesdeux batailles lavent bien à quoi l’ondoit attribuer la résistance de nos enne-mis. Voyez l'nrticle Pique , où l’on faitvoir que le fusil avec fa baïonnette nepeut suppléer la pique contre le choc dela cavalerie, & que la pique est absolu-ment nécessaire dans l’infanterie. ( M.D.I.R .)

Fusil a de, An mitit. , un fusilquelconque peut aisément devenir fusild d/; le dé n’étant autre choie qu’untube de feu très-mince, d’une longueurcapable de contenir la charge du fusil ,coupé obliquement à son orifice , & d’utldiamètre suffisamment plus petit que ce-lui de famé du canon , pour qu’il puisseê re introduit dans le tonnerre, & y r c li-ter fixe ; ce qui fie pratique de deux ma-niérés.

La premiers, en lebrasant fur le bou-ton île la culasse : la deuxième, en le h ra-sant anx parois du canon. Oii a suppléécelle-ci, en forant le canon plus étroitde ('épaisseur du dé à f endroit où doittomber la balle; ce qui forme une eípeceif entonnoir où elle s’enchâsse par Ionpoids augmenté à la fin de fa chiite. Cetteidée, regardée comme la perfection desfusils qui fe chargent fans baguette, futcelle qu’adopta M, le maréchal de Saxepour îes fusils de ses dragons, en 1744.

L’objet du dé étant de rendre le dia-mètre intérieur dn canon plus étroit aupoint où doit tomber la balle , afin de fyretenir, on reconnoit cn effet qu’en lalaissant simplement glisser de la bouchedu canon au tonnerre , elle s’y enchâssede maniéré qu’en renversant 1e fusil, «a