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CVst en raisonnant lis la sorte que nousbous sommes décidés pour la pique; &bous avons knti que, si nous pouvionsfa; venir à la réunir avec le fusil dans unemime main il’une maniéré commode &sûre , il ne réitérois plus d’olrjectians àfaire íur le mélange des armes. Cette der-niere idée a dvjà donné lieu à plusieursinventions: les uns ont proposé d'alon-ger le fusil & la baïonnette ; les antres,feulement la baïonnette: ceux-ci, labaïonnette & la crotTs ; cenx-là , dajou-ter au fusil une demi-piqne de Fer , mo-bile par un ressort adapté à l’antérietirdu canon : & tout nouvellement M. deJViaizeroy, dans la même vue que ce der-nier , a publié une arme de son inven-tion , qu’ii appelle pìque-à-feu. Mais sicette arme est plus légere que le fusil pi-que, elle réunit moins d’avaritage, & pré-sente avec cela plusieurs inconvéniensque cet auteur semble lui-même avoirreconnus lorsqu’il dit : Ausurplus , Jìl'ontrouve qnelqu'inconvénient dans mapique-à-fsu , qu'011 se serve , j'y consens , d'unesimple pertiiifumie longue de huit pieds ,&c.
II reste encore une objection qu’on op-pose toujours , quoique généralementmauvaise, à toutes les nouvelles idéesmilitaires. Si le fusl-pique , dira-t-on ,est 1 s avantageux ,, nos ennemis s’en ser-tiront contre nous. Oui fans doute , ilspourront en venir là; mais en attendantnous aurons eu des succès. Lorsque nosennemis auront pris les mêmes armes,Bous nous trouverons au pair, & notreAvantage cessera. Rien, si l’on veut, n’estplus positif ; inais alors nous aurons faitJe pas le plus difficile: accoutumés à join-dre l’ennemi, à mépriser son Feu & à lecombattre avec toutes sortes d armes ,nous nous trouverons enfin dans cet étatde Force qui de tout íems a été bien pluscommun à notre nation qu’à touce autredc celles auxquelles elle a ordinairementaffaire, qui est singulièrement i’effet decette heureuse vivacité qui la caractéri-se , & le feu! propre q lui donner tou-jours sûrement & promptement raison deses ennemis. En un mot, si le fusil-piquepeut qiielque jour avoir donné lieu à cechangement fi Fort à désirer dans notreinfanterie , il aura été , nous t’osons di-re . d’nne utilité inappréciable à la Fran-ce, (sil. D, L, R,)
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Fusil de munition, Fabrique desarmes. L e fujìl est l'arme de l'infanterie& des dragons qui Fervent à pied: le fu-sil armé de Fa baïonnette, réunit le dou-ble avantage d’ètre en même teins arme àfeu & arme blanche ; il a même beaucoupplus de puissance qu’aucunc autre armeblancheactueilement en usage, íoitparla masse qui est plus grande, soit parcequ’on emploie la force des deux bras à lafois , pour s’en servir. Ce double avan-tage me paroît décider, en faveur de nosfufls , la question si souvent agitée snr lemérite des armes anciennes & nouvelles.Je doute d’ailleurs que Tare, l’arfcalete& la fronde portassent aussi loin & aussijuste que nos fufls, quoi qn’en aient ditle chevalier de Folard & le P. Daniel ,partisans,quelquefois outrés, des ancien-nes armes. Sans entrer ici dans cette dis-cussion, j’établirai comme une chose avé-rée , que la portée d u fusil de munition ,tiré à peu près horisontalement, est d’en-viron deux cents toises, & de sept à huitcents fous nu angle bien au-dessous de 4îdegrés: distance prodigieuse, après la-quelle la balle peut faire encore un très-grand mal. Ces faits font fondés fur l’ex-périence & fur des exemples dont nousavons été témoins, L qu'ancun militairequi a vu des sièges & des batailles nepourra révoquer en doute. II résulte en-core de la forme de nos fufls , qu’ils fontbien plus aisés à porter, à manier & àexécuter , que ne l’étoient les petites ar-mes de jet des anciens : tout l’art consisteà les bien charger, à appuyer la crosse àl’épaule , &à diriger le rayon visuel lelong du tonnerre, vers l'objet que l’onvise ; ìl ne faut point d’effortpour tendrele ressort, il se détend fans secousse , &la balle a déjà frappé le but.
L e fusil de munition , armé de fa baïon-nette , pese environ neuf livres & demie.Toutes les pieces dont il est composé con-sistent en un canon , une baguette, uneplaque de couche, une détente, une piecede détente, une sous-garde, deux gre-nadiers , un embouchoir , une capucine ,une contre-platíne ou porte-vis, & uneplatine. Toutes ces pieces, excepté le ca-non , la platine & la baguette, Rappel-lent la garniture du ftsil : elles doiventêtre bien jointes en bois, fabriquées aveede bon fer , bien polies & fans criques.1 L’embouchoir, la grenadière du milieu