FUS
& ia capucine, suppléent les porte-ba-guettes, (ju’on a abandonnés avec raison,& qui leur sont bien préférables par lafacilité qu’elies procurent de démonteraisément le canon de dessus le bois , tou-tes iest foisqu'on veut le nettoyer & lelaver. Un antre avantage qui n’est pasmoins précieux , c’elt que, par le moyendes garnitures , il n'y a plus de goupillesau-devant du bois qui étoit exposé à sefendre lorsque le soldat démontoit sonarme; tout ce qui se trouvoit sous fa mainlui servant, en ce cas,de pousse-goupille.
Les bois des f fis de munition font denoyer; on observe de ne les employertjii’apròs trois ans de coupe. Le bois s’ap-pelleauih le fusil ou la monture àufujìl.II faut qu’il loi t de fil, sain , sans nœudsni gersurts ; car un n’y souffre ni colle nipiece. Les plus beaux bois font bruns &veinés , ce qui dépend de leur âge & de lanature du terrein où ils ont crû : les boisblancs de brin , & non de branches, lors-qu’ils iont de fil & fans nœuds, font auílìti’un excellent service ; la meilleure ma-niéré de les conserver est de les frotter detems en tems avec un morceau de sergeou de drap trempé dans shuile. Les ou-vriers chargés de monter les fusils , dansles manufactures d’armes , s’appciìentmonteurs : il yen a de deux especes,qu’ondistingue fous les dénominations de mon-teurs eu blanc & à'équipeurs monteurs.Les premiers préparent Sr coupent sim-plement les bois, creusent le canal où«loit se loger le canon, celui de la baguet-te , le gîte où doit se placer la platine,celui de la plaque de bouche , Uc. & l’é-quipeur ajuste toutes ces pièces fur lebois : l'équipeur-monteur coupe les bois& les équipe.
Le canal de la baguette exige beaucoupd’attention de la part du monteur: com-me il est couvert par le bois dans unegrande partie de fa longueur, l'ouvriertravaille à tâtons; si la meche cesse d’al-1er droit & s’écarte du côté de la platine ,la baguette , en la remettant à fa place,pourroit faire partir le fujtl St occasion-ner des aceidens.
Le gîte de la platine doit être coupé net& tans bavure, de maniéré que toutes ícspieces intérieures «'éprouvent aucunfrottement , fans quoi le jeu en seroitgêné & pourroit l’étre à tel point que lama dyne seroit sans effet.
FUS SC9
Quelque secs que soient les bois, ilstravaillent toujours : il faut avoir Lat-te n t ion de ne pas trop serrer les vis, sur-tout les deux grandes qui tiennent la pla-tine; autrement on trou vernit, aprèsquelques mois, les bois fendus, fur lesrâteliers des salles d’armes.
Pour mettre aisément \t fujtl en joue &bien ajuster l’objet que l’on vise , il Fantque la crosse ait une certaine courburequ’on appelle la pente: on a peut-êtresacrifié des avantages réels à la guerre,anx grâces &ati brillant îles exercices deparade; on vouloit les fitjils droits ou très-peu pentés, parce qn’ils se portent aisé-ment & font un meilleur effet sur ì’épau-le du soldat; mais étant ainsi montés, onne peut ni les mettre en joue ni ajuster:la question se réduit à déterminer sl l’ob-jet in fusil est d’être porté avec grâce dansdes exercices de parade , ou de faire leplus grand effet à la guerre. On a vouluaiiili qu’ils eussent une certaine rélon-nance , un cliquetis qui marquassent tousles tems de l’exercice : pour l’obtenir,on a râpé les bois fous les garnitures, asmqu’elies ballottassent : on a fait rougir ,& par conséquent détrempé les baguet-tes, pour qu’elles remuassent dans leurcanal, qu’on élargiffoit par ce moyen:on a noirci les bois avec des composi-tions corrosives qui les ont desséchés &castes : ou a poli les canons avec desbrunissoirs d’acier tranchans, & on lesa tellement diminués d’épaiiï'eur , qu’ilsiont devenus d'un dangereux service: oua sait enfin tout cé qu’on a pu pour gâter& rendre inutiles , des armes , à la fabri-cation desquelies on avoir apporté tousles foins que leur importance exige.Quel-ques années de guerre ramèneront lesvrais principes , remettront les chosesdans leur état naturel, & l’on sacrifierasans regret les prétendus agrémensà desavantages réels.
De toutes les pieces qui entrent dansla composition du fitfil, la plus impor-tante est le canon (voy. Canon): s’ilcrevé, il estropie, il tue l’infortuné quis’en servoit avec confiance, & les mal-heureux qui se trouvent à portée & dansla direction des éclats qui s’en détachent.On ne peut donc apporter trop de foin àla composition & à ia fabrication de lamaquette qui doit produire le canon. V-Maquette.