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Tome XV. FORE - GENU
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pîns meurtrière dévastation. Garde luilivra une bataille, remporta fur lui unevictoire éclatante , le mit en Fuite & dé-livra ses sujets des hostilités des Maures.Ceux-ci firent dès saunée suivante lesp hisgrandseffortspour rétablir l’honneur& la gloire de leurs armes: mais Gardedéconcerta tous leurs projets; & quoiqueson armee fut de beaucoup inférieure àcelle de ses ennemis , il les contraignitencore de se retirer, après avoir souffertdes pertes très-confnlérables. Almanzor,qui. déja s’étoit rendu si redoutable auxchrétiens, entreprit de venger les infidè-les ; mais il n’eut que peu de succès , &Garcìe eut plus d’une fois la gloire derendre la victoire incertaine entre lui &ce Fameux général.Cette guerre dura plu-sieurs années, toujours avec la même in-certitude , mais à la fin la Fortune fe dé-clara pour le comte d.e Castille qui rem-porta divers avantages décisifs Fur lesMaures , qu’il battit complètement dansles plaines d’Osma. 11 mit le comble à sagloire, par lajusticequ’il rendit à la Fa-mille de Vêla, qn’il rappella en Castille,& qu’il remit en posieflion des biens queFerdinand lui avoit ravis. La guerre ter-minée , & ses états rendus auffi florissansqu’ils pouvoient le devenir, Garde eutle chagrin de voir son fils séduit par lesconseils de quelques lâches adulateurs ,se soulever contre lui & former des com-plots odieux. II fit tous ses efforts pourramener ce fils ingrat; mais le Votant dé-cidément terminé â la rébellion, il le

Î uévint, prit les armes, lui livra bataille,éprit Iui-même, L eut la générosité delui pardonner son crime. Cette guerre ci-vile étoit à peine éteinte, quei’arméednroi de G'ordoue se jeta sur les terres deCastille & y commit d’affreux ravages.Garde rassembla toutes ses troupes, mar-cha contre les infidèles, les rencontraentre Alcocer & Berlanga , leur livrabataille, Fut malheureux; & entraîné patfa valeur, s’engagea si avant dans les es-cadrons ennemis , qu’il fut enveloppéde toutes parts , couvert de blessu-res & fait prisonnier, tandis que sonarmée consternée de cet accident, s’a-bandonna à la terreur & prit la fuiteavec précipitation. Garde ne survécutque deux jours à sa défaite, & mourut deles blessures entre les mains des Mauresqui, malgré la violence de leur haineTome XV. Tante II.

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pour les chrétiens, ne purent s’empêeherd’admirer la fermetédu comte de Castil-le, captif& mourant,comme ilsavoientsi souvent redouté sa valeur an milieudes combats. (Z. C )

Garcìe II, comte de Castille, Hiíl.i'Fsf. Si ce jeune souverain eût vécuplus long-tems, disent les historiens Es-pagnols, il eíìt été fans doute le modelédes rois; car il n’eut ni défauts , ni foi-biqsses, ni vices; il n’eut que des vertus,des ta’.ens infiniment au-dessus de sonâge, & les qualités les plus propres â il-lustrer les princes. 11 avoit à peine qua-torze ans, lorsque don Fauche son perslui transmit, en mourant, la souveraine-té de Castille , en 1022 , sous la tutele dedoua Elvire fa mere, & fous la protec-tion de don Sanche, roi de Navarre , sononcle. On assure que malgré sa jeunesse,Garde II eût pu gouverner seul, &qu’alors même ses sujets, ainsi que lesnations voisines, a voient pour lui l’ad-miration la plus profonde & la plus mé-ritée. Cependant quelqu’éminentes queFussent les vertus, son élévation ne laissapas d’occasionner des troubles, par l’am-bitionde quelques factieux qui , mépri-sant la jeunesse de leur nouveau comte,entreprirent d’exciter des soulevemens ,& de se rendre indépendans. Le plus dan-gereux de ces rebelles étoit don Ferdi-nand Guttierez, qui s’empara du châteaude Monqon , .arma ses partisans contre lesouverain, & se ligua secrètement avecles infidèles. Le roi de Navarre informédeecs mouvemens, se rendit suivi del’élite deses troupes, auprès de son ne-veu qui, avec mi tel secours , marchacontre.le perfide Guttierez, le battit,dispersa les rebelles, & rendit le calme áî’état. Le jeune comte de Castille, au-qnel étoit promise en mariage la princes-se dona Sancha, dont il étoit éperdumentamoureux , après avoir fixé le jour defou mariage, informé de l’arrivée pro-chaine de cette princesse, mais trop em-pressé de la voir pour attendre qu’elle sefût rendue dans ses états, alla au devantd’elle, & entra dans le royaume de Léon.Les trois comtes de Vêla , anciens enne-mis de la maison de Garde, ne furentpasplutót instruits de ce voyage, qu’ilîallerent au-devant du comte, lui témoi-gnèrent rattachement le plus tendre, lszeleleplus vif & le plus respectueux.-Bbb