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Tome XV. FORE - GENU
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terne des pythagoriciens. Comme dénccette modulation, dit M. Burette, se te-nait d’abord très-serrée, lie parcourantque de petits intervalles. des intervallespresqu’insensibles , on la nommoit en-harmonique, comme qui diroit bien join-te, bien assemblée, probe coagmentata.

Outre ces genres principaux, il y enavoit d’autres qui résultaient tous des di-vers partages du tétracorde, ou des faqonsde l’accorder différentes de celles dont onvient de parler. Aristoxene subdivise legenre chromatique en mol, hémiéolien &tonique ; & le genre diatonique en synto-nique & diatonique mol, dont il donnetoutes les différences. Aristide-Quintilienfait mention de plusieurs autres genresparticuliers, & il en compte six qu’il don-ne pour très-anciens ; savoir, le lydien, ledorien, le phrygien , l’ionien, le mixoíy-dien & le syntonolydien. Ces six genresqu’il ne faut pas confondre avec les tonsou modes de même nom, différoient enétendue; les uns n’arrivoient pas à l’oe-tave, les autres la remplifsoient, les au-tres l’excédoient : on peut en voir le dé-tail dans le musicien grec.

Nous avons comme les anciens,le genrediatonique,le chromatique &l’enharmo-niquc,mais fans aucune subdivision ; &nous considérons ccsgcnresfous des idéesfort différentes de celles qu’ils en avoient.C’étoitpour eux autant de maniérés par-ticulières de conduire le chant fur cer-taines cordes prescrites ; pour nous cefont autant de maniérés de conduire lecorps entier de l’harmonie, qui forcentles parties à marcher par les intervallesprescrits par ces genres; de forte que legenre appartient encore plus à l’harmoniequi l’engendre, qu’à la mélodie qui le Faitsentir.

11 Faut encore remarquer que dans no-tre musique les genres font presque tou-jours mixtes ; c’cst-à-dire, que ìc diatoni-que entre pour beaucoup dans le chroma-tique , & que l’un & l’autre fontnécessai-rement mêlés à l’enhar mon ique.Tout celavient encore des réglés de l’harmonie ,qui ne ponrroieut souffrir une continuellesuccession enharmonique , ou chromati-que, & aussi de celles de la mélodie quiji’en fauroit tirer de beaux chants. II n’enétoit pas de même des germer des anciens.Comme les tétracordes étoient égalementcomplets, quoique divisés différemment

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dans chacun des trois systèmes, sinngw*re eût pu emprunter de l'autre d’autressons que ceux qui sc trouvoient nécessai-rement communs entr’CUx, le tétracordeauroiteu plus de quatre cordes, & toutesles règles de leur musique auroient étéconfondues. V. Diatonique, Chro-matique, Enharmonique. (S)

II est donc ailé de voir qu’il y avoitdans le système de musique des Grecs,des cordes communes à tous les genres,L d’autres qui changeoient d’un genre àl’autre; par exemple, dans le premiertétracorde, /r, re, mi , les cordes Ji &mi se trouvoient dans tons les germer, &les cordes ut & re changeoient.

Les communes à tous les systèmes s’ap-pelloient cordes stables & immobiles ; lesautres se nommoient cordes mobiles : desorte que si l’on traitoit séparément lestrois genres fur des instrumensà cordes ,il n’y avoit autre chose à Faire que dechanger le degré de tension de chaquecorde mobile ; au lieu que quand on exé-cutait sur le même instrument un air com-posé dans deux de ces genres à la fois oudans tous les trois, il falloit multiplierles cordes félonie besoin qu’on en avoitpour chaque genre. V. les Mémoires deM. Burette, dans le Recueil de Vacadé-mie des belles-lettres .,

II est possible de trouver la baffe Fon-damentale dans legem-e chromatique desGrecs; ainsi mi , fa,fa, diefe, la, a oupeut avoir pour baffe ut, fa, re, la. Maisil n’en est pas de même dans le genre en-harmonique; car ce chant, mi, mi diefeenharmonique, fa, n’a point de baffefondamentale naturelle , comme M. Ra-meau l’a remarqué. V. Enharmoni-que. Aussi cc grand musicien paroît re-jeter le système enharmonique des Grecs,comme le croyant contraire à ses princi-pes. Pour nous, il nous suffira d’obser-ver, 1 °. que ce genre n’étoit vraisembla-blement employé qu’à une expression ex-traordinaire &' détournée, & que cettesingularité d’exprefsion lni venoit sansdoute de ce qu’il n’avoit point de bassefondamentale naturelle ; cc qui paroîtappuyer le système de M. Rameau, bienloin de l’infirmer. î°. Qu’il n’eft guerepermis de douter, d’après les livres an-ciens qui nous restent, que les Grecsn’eussent en effet ce genre; peut-êtren’étoit-il pratiqué que par les instrumeiis