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fur lesquels il est évidemment pratica-ble, quoique très-difficile : auffi étoit-ilabandonné dès le tems de Plutarque. Cegenre pouvoit produire fur les Grecs, euégard à la sensibilité de leur oreille , plusd’effet qu’il n’en produiroit sur nous,qui tenons de nôtre climat des organesmoins délicats. M. Rameau, il est vrai,a prétendu depuis peu qu’une nation n’estpas plus Favorisée qu’une autre d u côtéde l’oreille; mais l'expérience ne prou-ve-t-elle pas le contraire? & fans sortirde notre pays, n’y a t-il pas une diffé-rence marquée à cet égard entre les Fran-çois des provinces méridionales, & ceuxqui font plus vers le nord ?
On a vu, au mot Enharmonique ,en quoi consiste ou peut consister ce genredans notre musique moderne. II y en aproprement ou il peut y en avoir de troisfortes : Y enharmonique simple , qui est■produit par le feu! renversement de l'ac-cord de septième diminuée dans les mo-des mineurs, & dans lequel, fans enten-dre le quart de ton, on sent son effet. Cegenrecft évidemment possible, soit ponrles ínstrumens, soit même pour les voix,puifqu’il existe fans qu’on soitobligé defaire les quarts de ton ; c’està l’oreille àjuger si son effet est agréable , ou dumoins assiez supportable pourn’ëtre pastout-à-Fait rejeté, quoiqu’il doive d’ail-leurs être employé rarement & sobre-ment. Le fécond genre est le diatonique-enharmonique, dans lequel le quart deton a lieu réellement, puisque tons lessémi- tons y sont majeurs ; & le troisièmeest le cbromatìque-enharmonique , danslequel le quart de ton a également lieu ,puisque tous les fémi-tons vsont mineurs.Ce dernier genre, possible ou non, n’ajamais été exécuté. M. Rameau assureque le diatonique - enharmonique peutl’étre, & même l'a été par de bons musi-ciens , mais M. le Vens. maître de musi-que de la métropole de Bordeaux, doutede ce fait dans un ouvrage publié en1743. „ II est vrai, dit-il , qu’une des jparties de symphonie frappe le la b dansle tems que la haute-contre frappe le soliiese, & ensuite fa avec mi diese. Si c’estlà en quoi consiste le genre enharmoni-que , il est très-aisé d’en donner ; & toutela musique le deviendra, fi l’on veut,puisque tout consistera dans la maniéréde la copier. On me dira peut-être que
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réellement il y a un qiwrt de ton de soldiese Ha b, Sc Aefak mi diese. J’y con-sens; mais qu'en résulte-t-il, si les deuxpartis disent la même chose , à la faveurdu tempérament qui a rapproché ces deuxnotes de si près , qu’elles ne font plusqu’1111 seul & même son ? & si l’întervalledu quart de ton existoít réellement, iln’y a point d’oreille assez forte ponr ré-sister au tiraillement qu’elle souffriroitdans cet instant. „ Qu’opposor à ce rai-sonnement? L’expérience contraire queM. Rameau assure avoir faite , & surlaquelle c’est aux eonnoisseurs à décider.
L’enharmonique du premier genre, oùle quartde ton n’a point lieu, & où il sefait pour ainsi dire sentir sans être enten-du , a été employé par M. Rameau avecsuccès dans le premier monologue duquatrième aéte de Dardantes ; & nouscroyons que le mélange de ce genre aveclé diatonique & le chromatique, aideroitbeaucoup à l’expression , sur-tout dansles morceaux où il faudroit peindre quel-que violente agitation de l’ame. Queleffet, par exemple, le genre enharmoni-que , sobrement ménagé & mêlé de chro-matique , n’eût-il pas produit dans le fa-meux monologue d’Armide, où le poèteest fi grand & le musicien si fossile; oùle cœur d’Armide fait tant de chemin,tandis que Lulli tourne froidement au-tour de la même modulation , fans s’écar-ter des routes les plus communes & lesplus élémentaires? Aussi ee monologueest-il tout-à-la-fois une très-bonne leçonde composition pour les commenqans, &un très-manvais modèle ponr les hom-mes de génie & de goût. M. Rameau,il est vrai, a entrepris de le défendrecontre les coups qui lui ont été portés :
. . . , ... Si Perguma dextra.
Defendi pojsent, etìam hàc defensafuissent.
Mais en changeant, comme il l’a fait,la bassede Lulli en divers endroits, ponrrépondre aux plus fortes objections deM. Rousseau , en supposant dans cettebasse mille choses sous-entendues qui nedevroientpas l’être , & auxquelles Lullin’a jamais pensé, il n’a fait que montrercombien les objections étoient solides.D’aî!teurs,en fe bornant à quelques chan-gemens dans la basse de Lulli, croit-ouavoir rechaussé ou pallié la froideur dumonologue ? Nous en appelions au pre-