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Tome XV. FORE - GENU
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pre témoignage de son célébré défenseur.Eut-il fait ainsi chanter Armide ? eût-ilfait marcher la halle d’mie maniéré si pé-destre & fi triviale ? Qu’il compare ce Smonologue avec la scene du second acte ‘de Dardanus , & il sentira la différence.Les beautés de Lulli font à lui, ses fautesviennent de l’état d’enfance où la musi-que étoit de son tems ; excusons ses fau-tes, mais avouons-les.

La scette de Dardanus, que nous ve-nons de citer. Vient ici. d’autant plus à rpropos, qu’ellenonsfournitun exemple \du genre chromatique employé dans le |chant L dans la basse : nous voulons par- jjler de cet endroit. |

Et s'il étoit un cœur trop faible , trop fen- Sfible, . j

Dans de funestes nœuds malgré lui retenu , îFourriez-vous ì Slc. \

Léchant y procede en montant par fémi-ton , ce qui amene nécessairement ledemi-ton mineur dans la mélodie . L parconséquent le chromatique ; la basse fon-damentale, au premier vers, descend detierce mineure de la tonique fol sur ladominante tonique»»', & remonte à latonique la portant l’accord mineur, la-quelle devient ensuite dominante toni-que elle-même, c’est-à-dire, porte l’ac-cord majeur. V. DoMiNANTE.Cette do-minante tonique remdr.te à sa tonique re,qni dans le second vers descend de tiercemineure sur la dominante tonique F,pourremonter de là à la tonique mi. Or unemarehe de basse fondamentale dans la-quelle la tonique qui porte l’accord mi-neur, reste fur le méme degré pour de-venir dominante tonique, ou dans la-quelle la basse descend de tierce d’une to-nique surunedominante, produit néces-sairement le chromatique, par l’effet del’harmonie. F. Chromatique , &no$Elétnens de mitfique.

L e genre chromatique qui procede parsémi tons en montant,a été employé avec.d’autant plus de vérité dans ce morceau,qu’il nous paroît représenter parfaite-ment lestons de la nature. Un excellent ”acteur rendroit infailliblement le second& le troisième vers comme ils sont notés,en élevant fa voix par sémi-tons ; & nousremarquerons que si l’on chantoit cet en-droit comme on chante le récitatif ita-lien , fans appuyer fur Ire sons, fans les

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fixer, à-peu-près comme fi l'on parloit onon lisoit. en observant seulement d’en-tonner juste, on n’appercevroit point dedifférence entre le chant de ce mor-ceau & une belle déclamation théâtrale :voilà le madeled’un bon récitatif.

Je ne sais, pour le dire en passant,fi la méthode de chanter le récitatif àl’italienne, feroit impraticable fur notrethéâtre. Dans les récitatifs bien faits, ellen’a point paru choquante à d’excellensconnoiffeurs, devant lesquels i’en ai faitessai ; ils l’ont unanimement préférée à lalangueur insipide & insupportable de no-tre chant de l’opéra, qui devient tons lesjours plus traînant, plus froid , & d’unennui plus mortel. Ce que je crois pou-voir assurer, c’est que quand le récitatifest bon, cette maniéré de le chanter lefait ressembler beaucoup mieux à la dé-clamation. J’ajoute, par la même raison,que tout récitatif qui déplaira étant chan-té de cette sorte, sera infailliblementmauvais; ce fera une marque que l’artisten’aura pas suivi les tons dc la nature ,qu’il doit avoir toujours présens. Ainsiun musicien veut-íl voir si son récitatifest bon ? qu’il l’cssaie en le chantant àl’italienne; & s’illui déplaît en cet état,qu’il en fasse un autre. On peut remar-quer que les deux vers d» monologued’Armide, que M. Rousseau trouve lesmoins mal déclamés,

EJl-ce ainsi que je dois me venger aujour-d'hui t

Ma colere s'éteint quand j’approche de lui.

font en effet ceux qui ééant récités à l’i-talienne . auroient moins l’air de chant.Nous prions le lecteur de nous pardonnercette légeredigression, dont une partieentpeut-être été mieux placée à l 'articleRécitatif ; mais on ne sauroît trop sehâter de dire des vérités utiles & de pro-poser des vues qui peuvent contribueranx progrès de sart. (O)

Genre , Peint. Le mot genre adaptéà fart de la peinture , sert proprementà distinguer de la classe des peintres d’his-toire , ceux qui bornés à certains ohiets,se font une étude particulière de les pein-dre, & une espece de loi de ne représen-ter que ceux-là : ainsi l’artiste qui nechoisit ponr sujet de ses tableaux que desanimaux, des fruits, des fleurs ou despaysages, eft nommé peintre de genre