Band 
Tome XV. FORE - GENU
Seite
972
JPEG-Download
 

972 G E N

ries, présentent une partie de cette idée,mais souvent on n’y observe pas assez laprogression d’intérêt sur laquelle j’insiste;ouest trop sujet à ne choisir qnece qui pa-roítra plus riche & ce qui fournira plusd’objets, fans réfléchir que les scènes oùle théâtre est le plus rempli ,ne font pastoujours celles dont le spectateur retirelia plaisir plus grand. J’ajouterai encoreque ces efpeces de poèmes dramatiquespittoresques devroient toujours êtrechoisis tels que les places où ils font des-tinés le demandent ; il est tant de faitsconnus, d’hìstoires & de fables, de ca-ractères différais, que chaque apparte-ment pourroit être orné dans le genrequi convicndroit mieux à son usage, &cette especede convenance & d’unité nepourroit manquer de produire un specta-cle plus agréable que ces assortimens or-dinaires , qui n’ayant aucun rapport nidans les sujets , ni dans la maniéré deles traiter, offrent dans le même lieu lesaustères beautés de l’histoire confonduesavec les merveilles de la fable, L les rê-veries d’une imagination peu réglée ;mais passons aux autres genres. La pasto-rale héroïque est un genre commun à lapoésie & à la peinture , qui n’eft pas plusavoué de la nature dans l’un de ces arts,que dans l’autre. En effet , décrire unberger avec des mœurs efféminées, luiprêter des sentimens peu naturels, ou lepeindre avec des habits chargés de ru-bans, dans les attitudes étudiées, c’estcommettre fans contredit deux fautes devraisemblance égales ; & ces productionsde fart qui doivent si peu à la nature,ont besoin d'un art extrême pour être to-lérées. La pastorale naturelle, ce genredans lequel Théocrite &le Poussin ontréussi, tient de plus près à la vérité ; ilprête aussi plus de véritables ressourcesa la peinture. La nature > féconde & iné-puisable dans fa fécondité, le venge deî’affront que lui ont fait les sectateurs dugenre précédent , en prodiguant au pein-tre & au poète qui veulent Ta suivre, unesource intarissable de richesses & de beau-tés. L'idylle semblable au paysage, estun genre qui tient à celui dont nous ve-nons de parler (le Poussin'). Un artistereprésente un paysage charmant, on yvoitun tombeau; près de ce monumentun jeune homme & une jeune fille arrê-tés lisent l’inscription qui se présente à

G E N

eux, & cette inscription leur dit : je vi-<vois, ainsi que “voue , dans la délicieuseArcadie ; ne semble-t-il pas à celui quivoit cette peinture, qu’il lit l’idylle duruisseau de la naïve Deshoulieres? Dansl’une & dans l’autre de ces productionsles images agréables de la nature condui-sent à des pensées aussi justes & aussi phi-losophiques que la faqon dont elles ion tprésentées est agréable & vraie. Le nomde portrait est commun à la poésie com-me à la peinture. Ces deux genres peu-vent se comparer dans les deux arts jus-ques dans la maniéré dont on les traite ;car il enesttrès-peu de ressemblans. Lesdescriptions en vers des préfens de la na-ture font à la poésie ce qu’ont été à lapeinture les ouvrages dans lesquels Des-portes & Baptiste ont fi bien représentéles fleurs & les fruits : les peintres d’ani-mauxout pour associés les fabulistes. En-fin il n’est pas, jusqu’à la satyre & à l'é-pigramme , qui ne puissent être traitéesen peinture comme en poésie ; mais cesdeux talens non-senlement inutiles, maisnuisibles, font par conséquent trop peuestimables pour que je m’y arrête. J’enresterai même à cette énumération , queceux à qui elle plaira pourront étendreau gré de leur imagination & de leursconnoissanees. J’ajouterai feulement queles genres en peinture se font divisés &peuvent se subdiviser à f infini :1e pay-sage a prodnitles peintures de fabriques,d’architecture, ceux d’animaux, de ma-rine; il n’y a pas jusqu’aux vues de l’in-térieur d’une église, qui ont occupé toutle talent des Pieternefs & des Stenwíts.Article de M. Wntelet.

GENS, f. m. & f. Gretmm. fnmç.Voici un mot si bisarre dc notre langue,un mot qui lignifie tant de choses, unmot enfin d’une construction si difficile ,qu’on peut en permettre farticle dans cedictionnaire, en faveur des étrangers;& même plusieurs François le broientutilement.

Le mot gens tantôt signifie les person-nes , les hommes , tantôt les domesti-ques , tantôt les soldats, tantôt les offi-ciers de justice d’un prince, & tantôt lespersonnes qui font de même fuite & d’unmême parti. II est toujours masculin entoutes ces significations, excepté quandil veut dire personnes ; car alors il est fé-minin , fi l’adjectif le préeede, & mascu-